ORATEURS ET HISTORIENS, Antiquité gréco-romaine

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

« Parce que nous [les humains] avons reçu le pouvoir de nous convaincre mutuellement et de faire apparaître clairement à nous-mêmes l'objet de nos décisions, non seulement nous nous sommes débarrassés de la vie sauvage, mais nous nous sommes réunis pour fonder des cités ; nous avons établi des lois ; nous avons découvert des arts [technai] » (Nicoclès, 6). Ainsi débute cet éloge du langage (logos), tout à la fois comme capacité à parler et à bien parler, dû à Isocrate, le maître de l'éloquence athénienne. Le même éloge se retrouvera dans De l'orateur de Cicéron, maître de l'éloquence latine, qui le met dans la bouche de l'orateur Crassus. Propre de l'homme, le logos, comme capacité de parler et de se parler, de convaincre et de se convaincre, est donc au fondement de la vie civilisée, c'est-à-dire de la vie en cité : le citoyen sera donc orateur, et le meilleur citoyen sera le meilleur orateur.

D'Isocrate à Cicéron, ce même éloge sonne tout à la fois juste (dans la mesure où il exprime un trait essentiel et de très longue durée de la civilisation antique) et faux (car il est décalé par rapport aux réalités des ive et ier siècles av. J.-C.). Dans la guerre du Péloponnèse, Athènes a failli disparaître et, bientôt, Philippe de Macédoine l'emportera sur Démosthène et toute son éloquence. À Rome, la République se meurt et, contrairement aux thèses cicéroniennes, les généraux pèsent plus que l'orateur : la toge cède aux armes. Crassus, Pompée, César se partagent le pouvoir. Proscrit, Cicéron finira assassiné en 43.


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages


Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales

Classification


Autres références

«  ORATEURS ET HISTORIENS, Antiquité gréco-romaine  » est également traité dans :

DE L'ORATEUR, Cicéron - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 732 mots

Tribun et magistrat romain, Cicéron (106-43 av. J.-C.) s'est fait le théoricien de l'éloquence, principalement dans le De Oratore (55 av. J.-C.), somme de l'art oratoire en trois livres, reçue depuis la Renaissance comme le meilleur témoin de l'humanisme antique. Sur le même sujet, il a composé principalement deux autres traités, dont en 46 l' Orator , traduit en français simplement par L'orateu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/de-l-orateur/#i_30970

SUBLIME, littérature

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 1 351 mots

« Sublime » est d'abord un terme technique, emprunté par la théorie littéraire à la rhétorique, décalque du latin sublimis , qui traduit le grec hupsos  : « élevé », « en hauteur ». Il qualifie donc le « style élevé », celui de la grande éloquence, qui vise à provoquer l'admiration de l'auditeur, et à le transporter. Mais le propre de cette notion est que, dès l'Antiquité, elle paraît problémati […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sublime-litterature/#i_30970

ÉLOQUENCE, Grèce antique

  • Écrit par 
  • Dominique RICHARD
  •  • 1 197 mots

L'éloquence comme genre littéraire apparaît en Grèce tardivement (fin ~ v e et surtout ~ iv e  s.). Les plus grands orateurs sont contemporains de Philippe de Macédoine. Avant cela, les hommes politiques ne publient pas leurs discours. Le premier traité sur l'art de la parole est un manuel à l'usage des plaideurs : La Rhétorique , de deux rhéteurs siciliens, Corax et Tisias. Les sophistes dévelop […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eloquence-grece-antique/#i_30970

Voir aussi

Pour citer l’article

François HARTOG, « ORATEURS ET HISTORIENS, Antiquité gréco-romaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/orateurs-et-historiens-antiquite-greco-romaine/