ORAGES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les orages et leurs conséquences

Les orages de pluie, de neige, de grêle

Les orages de pluie peuvent être d'une intensité peu commune. Selon qu'ils éclatent à la campagne, sur la ville ou bien sur un camping, leurs conséquences peuvent être très différentes. Les uns passeront inaperçus, alors que les autres seront à l'origine de sérieux dégâts, voire de catastrophes. Les pluies les plus fortes recueillies à la surface de la planète ont toujours un caractère orageux très marqué. C'est à l'occasion d'un cyclone que les nuages d'orages ont donné des pluies diluviennes sur la Réunion, 1 870 millimètres en vingt-quatre heures à Cilaos, un record.

Seuls les cumulo-nimbus sont à l'origine des orages de grêle. Cette propriété résulte des courants ascendants très puissants qui existent à l'intérieur du nuage et de la forte concentration en gouttelettes surfondues. À l'origine, les cristaux de glace et de très nombreuses gouttelettes surfondues se mêlent au sein du nuage. La tension maximale de la vapeur d'eau au-dessus de ces gouttelettes est supérieure à celle qui existe au-dessus de la glace. Les gouttelettes distillent au profit des cristaux qui prennent peu à peu du poids et du volume. Ils commencent à tomber et captent de très nombreuses gouttelettes surfondues au cours de leur chute. Une pellicule d'eau en voie de congélation entoure la glace et provoque la formation de granules de glace transparents ou translucides, qui n'ont pas le temps de fondre avant d'atteindre le sol.

Les grêlons peuvent atteindre des tailles pluricentimétriques et provoquer d'importants dégâts : récoltes détruites et vignobles saccagés, toitures et serres endommagées, etc. En 1986, dans le centre de la Chine, des orages de grêle tuèrent 100 personnes et détruisirent 80 000 habitations.

En France, le plus gros grêlon connu est tombé dans la région de Strasbourg le 11 août 1958, il pesait 972 grammes. Dans le monde, c'est apparemment le Kazakhstan qui détient le record avec un grêlon de 1,9 kg au cours de l'année 1959.

Les orages de neige donnent une neige lourde gorgée d'eau, dite « collante », qui s'agglomère sur les fils électriques, les arbres... et qui finit par tenir au sol. Les flocons sont très gros, la couche augmente de minute en minute. Les branches d'arbre plient et cassent sous le poids de la neige. Quand elles tombent sur les fils électriques, des lignes coupées provoquent de sévères pannes électriques.

Les trombes ou tornades

Soudaines, peu durables, les tornades sont animées de mécanismes qui ne sont pas tous connus. Selon la définition donnée par l'Organisation météorologique mondiale, il s'agit d'un « phénomène qui consiste en un tourbillon de vent, souvent intense, dont la présence se manifeste par une colonne nuageuse ou un cône nuageux accolé à la base d'un cumulo-nimbus, et par un „buisson“ constitué par des poussières, du sable ou des débris divers, soulevés du sol ». Les trombes sont l'équivalent des tornades au-dessus d'une étendue d'eau, la colonne étant alors constituée de gouttelettes d'eau. L'analyse des dégâts causés par certaines tornades a permis d'estimer la vitesse maximale des vents au sein de la tornade à près de 500 km/h.

Une tornade est provoquée par la concentration, dans un volume restreint, d'une partie de l'énergie colossale que développe un orage. L'air est aspiré par une forte dépression au cœur du nuage. De petits mouvements tourbillonnants se forment à la base du nuage, l'air aspiré se met à tourner. Tout fonctionne comme une turbine en forme d'entonnoir dans lequel l'air est obligé de s'engouffrer par le bas, c'est-à-dire par l'orifice le plus étroit. Ce rétrécissement provoque une augmentation des vitesses d'admission. Arrive alors un moment où la vitesse est si forte que l'entonnoir lui-même se déforme, s'étire et parvient à se rapprocher du sol. Pendant ce temps, l'air continue à s'engouffrer à des vitesses prodigieuses par l'entrée la plus étroite. Tout ce qui se trouve à proximité de cet orifice peut être aspiré. C'est alors que l'on peut voir se former un nuage de poussière, de grains de sable, de débris de toute sorte aspirés vers le haut. Quand l'aspiration devient vraiment très forte, le toit d'une maison, une voiture peuvent être emportés, déplacés de plusieurs centaines de mètres. Des arbres peuvent être arrachés. On a vu des mares, des cours d'eau complètement asséchés après le passage d'une trombe, celle-ci déposant plus loin poissons ou batraciens sous forme d'extraordinaires pluies d'animaux.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Médias de l’article

Cumulo-nimbus

Cumulo-nimbus
Crédits : DarrylTorckler/ The Image Bank/ Getty Images

photographie

Cumulo-nimbus d'orage

Cumulo-nimbus d'orage
Crédits : Thomas Del Brase, Getty Images

photographie

Formation des éclairs

Formation des éclairs
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  ORAGES  » est également traité dans :

ASCENDANCE, météorologie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHALON
  •  • 4 803 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « L’organisation des systèmes convectifs développés »  : […] Dans les systèmes convectifs développés, l’élément de base est la cellule, région active composée d’une forte ascendance et d’un courant descendant accompagnant les précipitations. Ils sont composés d’une ou de plusieurs cellules indépendantes ou regroupées de manière organisée. Les cellules ordinaires ne dépassent pas quelques kilomètres de diamètre et durent rarement plus de 30 ou 40 minutes. P […] Lire la suite

ATMOSPHÈRE - Thermodynamique

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHALON
  •  • 7 724 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Les systèmes convectifs organisés : orages et cyclones »  : […] Les orages et les systèmes nuageux les plus violents prennent ainsi naissance et se développent dans une atmosphère où existe un fort déséquilibre énergétique entre les couches d’air chaud et humide voisines de la surface terrestre et les couches d’air plus froid et plus sec situées dans la moyenne troposphère (entre 3 et 6 km d'altitude). Avec un gradient vertical de température proche de 0  0 C […] Lire la suite

DÉPRESSION, météorologie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHALON
  •  • 3 417 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les dépressions thermiques »  : […] Les dépressions thermiques se développent généralement dans les régions bénéficiant d’un meilleur ensoleillement ou d’une meilleure capacité à absorber le rayonnement solaire que les régions voisines. Moins dense que son environnement, l’air réchauffé au contact de la surface monte sous l’effet de la poussée d’Archimède, ce qui réduit la pression exercée à cet endroit. Un tel processus est renfo […] Lire la suite

ÉPISODE CÉVENOL, météorologie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHALON
  •  • 1 432 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Des orages persistants »  : […] Plus que l’intensité des précipitations , c’est leur durée qui fait généralement la dangerosité des épisodes cévenols. Alors que, dans la plupart des cas, les cellules orageuses se déplacent rapidement et ne fournissent localement que de courtes averses, la présence de reliefs orientés perpendiculairement aux flux d’air chaud et humide bloque les cellules orageuses et favorise la formation continu […] Lire la suite

GRÊLE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHALON
  •  • 2 681 mots
  •  • 3 médias

La grêle est un fléau particulièrement redouté qui a des effets catastrophiques non seulement sur les cultures, mais aussi sur l’ensemble des infrastructures, en particulier les avions, les voitures et les équipements extérieurs. Bien que les grêlons qui la composent soient généralement petits et relativement inoffensifs, les plus gros d’entre eux peuvent atteindre, voire dépasser, la taille d’un […] Lire la suite

HYDROLOGIE URBAINE

  • Écrit par 
  • Michel DESBORDES
  •  • 2 603 mots
  •  • 2 médias

3 octobre 1988 : les écrans de télévision montrent Nîmes ravagée par les eaux. Une ville meurtrie, des dégâts considérables à la suite d'un violent orage. Des images que l'on dirait venir d'une autre région du monde. Le moment de stupeur passé, on invoque le caractère « exceptionnel » des précipitations. On parle de « catastrophe naturelle ». En réalité, si l'orage qui s'est abattu sur Nîmes et sa […] Lire la suite

INONDATIONS

  • Écrit par 
  • Yves GAUTIER
  •  • 4 244 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les crues subites »  : […] Ce type d'inondation est caractérisé par des arrivées massives et soudaines d'eau qui dévalent les pentes vers les zones les plus basses, comme à Nîmes en 1988 (10 morts, 4 millions de francs de dégâts), à Dronka et dans la vallée du Nil environnante en novembre 1994 (plus de 300 morts), à Karachi au Pakistan en juin 2007 (250 morts), etc. Phénomène très rapide, ces inondations dues aux orages ré […] Lire la suite

MÉTÉORES

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CHALON
  •  • 6 616 mots
  •  • 18 médias

Dans le chapitre « L’orage »  : […] L’orage est une perturbation atmosphérique violente, caractérisée par une ou plusieurs décharges brusques d'électricité atmosphérique se manifestant par une lueur brève et intense (éclair), et par un bruit sec ou un roulement sourd (tonnerre). Les orages sont associés aux nuages de convection, de type  cumulonimbus, dits pour cette raison « nuage d'orage », et sont, le plus souvent, accompagnés d […] Lire la suite

PARATONNERRE

  • Écrit par 
  • Danielle FAUQUE
  •  • 190 mots

En 1745 est découverte la bouteille de Leyde, premier « condensateur électrique », qui emmagasinerait ce que l'on nomme le « fluide électrique ». Benjamin Franklin (1706-1790) propose l'expression de « charge électrique » pour interpréter le phénomène. Il pense alors que l'électricité n'est pas créée par frottement (seul moyen de l'obtenir à cette époque) mais recueillie, diffusée ou attirée par d […] Lire la suite

SYLPHES ROUGES

  • Écrit par 
  • Yves GAUTIER
  •  • 519 mots

Le phénomène des éclairs que nous observons depuis le sol est relativement bien connu. Il prend naissance dans les cumulonimbus, au sein de ces gros nuages d'orage, qui culminent jusqu'à la tropopause (environ 10 km d'altitude), entre deux nuages ou, plus visiblement, avec le sol. Les sylphes rouges sont aussi des éclairs, mais d'un autre type et d'une ampleur bien plus grande. Ils ne sont connus […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

8-9 septembre 2002 France. Inondations meurtrières dans le Sud-Est

orages d'une violence exceptionnelle qui s'abattent sur le Sud-Est, principalement sur le Gard, l'Hérault et le Vaucluse, provoquent de graves inondations et entraînent la mort de vingt-trois personnes. Le niveau des précipitations dans la région fait de cet épisode pluvieux « le plus important jamais enregistré depuis l'ouverture des stations météo […] Lire la suite

3-7 octobre 1988 France. Inondations à Nîmes

orages s'abattent sur Nîmes et sa région, déversant en quelques heures 228 litres d'eau au mètre carré. Les eaux pluviales, qui généralement s'écoulent sans dommage, se transforment en un torrent boueux de près de 2 mètres de hauteur qui submerge la ville en quelques instants, arrachant tout sur son passage. Le plan Orsec est aussitôt déclenché. Le […] Lire la suite

14-22 juillet 1987 France. Catastrophe dans un camping au Grand-Bornand

orages, sont transformées en torrent de boue d'un mètre de hauteur, qui emporte en très peu de temps un camping installé sur ses rives, faisant 23 victimes. Le 16, Jacques Chirac, venu sur les lieux, exclut toute responsabilité de la commune, mais ordonne une enquête. Le lendemain, Renaud Vié Le Sage, délégué aux risques majeurs, reprochant au gouvernement […] Lire la suite

Pour citer l’article

René CHABOUD, « ORAGES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/orages/