ONTOLOGIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Métaphysique et ontologie

Jusqu'à Kant, l'histoire de l'être, c'est l'histoire de la métaphysique. Et pourtant la question de l'être ne s'y épuise pas ; c'est même parce que la question est plus grande que la réponse de la métaphysique qu'elle ne cesse de renaître sous des formes nouvelles.

On se bornera, dans ce paragraphe, à rapporter la position du problème dans la philosophie grecque, en se limitant même à Parménide, Platon et Aristote, chez qui se discernent le noyau de tous les problèmes et l'origine de toutes les apories. Non pas qu'on ait l'illusion de croire qu'il ne s'est rien passé après Aristote. Le néo-platonisme, la philosophie scolastique, le cartésianisme – sans oublier Malebranche, Spinoza et Leibniz – constituent une série de continents philosophiques qui ont chacun leur configuration propre. Mais, avec Platon et Aristote, toutes les décisions sont prises qui commandent le destin de la métaphysique ; avec eux est déjà atteint quelque chose comme la fin du commencement.

L'être de Parménide

Si l'on fait ici une place à Parménide, alors qu'on sacrifie tant de grands auteurs dont on a gardé autre chose que des fragments, c'est que le Poème de Parménide permet de ressaisir l'affirmation ontologique en deçà de la métaphysique. « Il est », dit le Poème de Parménide ; ce disant, le penseur ne donne pas de sujet au verbe être ; il le laisse être dans sa nudité et sa globalité. Voilà l'ontologie avant la métaphysique ; toutes les fois que l'interrogation humaine revient à « il est » et se demande ce que cela veut dire, elle reprend contact avec le sol ontologique de la pensée. Mais Parménide dit aussi : « Penser et être sont le même. » Par cette formul [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 24 pages

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-X, professeur à l'université de Chicago

Classification

Autres références

«  ONTOLOGIE  » est également traité dans :

ANTHROPOLOGIE ET ONTOLOGIE

  • Écrit par 
  • Frédéric KECK
  •  • 1 251 mots

Si l’anthropologie s’est définie contre la métaphysique classique en remplaçant un discours sur Dieu comme fondement de toutes choses par un discours sur l’homme comme sujet et objet de connaissance (Foucault, 1966), elle a renoué depuis les années 1980 avec l’ontologie, […] Lire la suite

ABSOLU

  • Écrit par 
  • Claude BRUAIRE
  •  • 4 206 mots

Dans le chapitre « Sens et existence »  : […] Lorsqu'on tente d'analyser l'absolu, pour énumérer les attributs qui lui conviennent, on le considère comme un objet d'investigation dont on ferait le tour pour reconnaître ses contours et sa manière d'être propre. En termes théologiques, il s'agit de dresser la liste des attributs divins en s'efforçant d'opérer leur conciliation. La pensée erre d'un attribut à l'autre, comme s'ils faisaient cerc […] Lire la suite

ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA
  • , Universalis
  •  • 10 454 mots

Dans le chapitre « La tradition antique et médiévale »  : […] L'histoire du concept philosophique d'analogie, dont la théorie de l'« analogie de l'être » est un moment essentiel mais non exclusif, peut être aujourd'hui retracée indépendamment des deux modèles de description qui ont longtemps prévalu dans la tradition historiographique de l'«  aristotélisme médiéval » : l'interprétation strictement « aristotélicienne » et l'interprétation « aristotélico- thom […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 833 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Être quelconque et être suprême »  : […] Cette dualité est déjà saisissable dans le célèbre Proœmium (Prologue) de la Métaphysique (A, 1 et 2), où Aristote analyse l'idée traditionnelle de la philosophie. S'il est clair que la philosophie est un savoir de type scientifique qui s'élève au-dessus de la sensation par l'intermédiaire de l'imagination, de la mémoire et de cette première forme de généralisation qu'est l'expérience, s'il est c […] Lire la suite

ARISTOTÉLISME MÉDIÉVAL

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 4 994 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'« aristotélisme commun » et la représentation de la nature »  : […] Restent les données de fond de l'aristotélisme, ce qu'on pourrait appeler l'« aristotélisme commun », la multitude des emprunts et des garanties que la science et les sciences aristotéliciennes fournissent au savoir médiéval. La matière est ici inépuisable. L'idée même de science et des critères de la scientificité est, durant toute la période scolastique, proprement aristotélicienne : le De ortu […] Lire la suite

ASÉITÉ

  • Écrit par 
  • Marie-Odile MÉTRAL-STIKER
  •  • 830 mots

Appartenant strictement à la langue philosophique, le terme « aséité », qui évoque inévitablement la causa sui de Spinoza, désigne la propriété de ce qui a sa propre raison d'être en soi-même et n'est pas relatif à un autre pour ce qui est de son existence. Sur ce sens général, Aristote, Descartes et Spinoza sont d'accord. Mais les conceptions de l'aséité sont relativement éloignées dès lors qu'o […] Lire la suite

BADIOU ALAIN (1937- )

  • Écrit par 
  • Elie DURING
  •  • 2 610 mots

Dans le chapitre « Le multiple pur »  : […] La philosophie d'Alain Badiou se présente donc comme une nouvelle doctrine de la vérité, étayée sur une théorie générale de l'événement. Mais cette pensée de l'exception, de la césure, est aussi une pensée de l'immanence radicale. En effet, les vérités (elles-mêmes multiples et non totalisables) ne sont nullement séparées du multiple, bien qu'elles ne se confondent pas avec lui. Elles coïncident a […] Lire la suite

CASSIN BARBARA (1947- )

  • Écrit par 
  • Jean-Baptiste GOURINAT
  •  • 997 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L’aventure de la traduction »  : […] Née le 24 octobre 1947 à Boulogne-Billancourt, elle est d’abord l’élève des philosophes Michel Deguy et Jean Beaufret, qui ont grandement contribué à l’introduction de la pensée de Martin Heidegger en France. Grâce à Jean Beaufret, elle participe au mythique séminaire du Thor, près de L’Isle-sur-la-Sorgue, qui se tint chez René Char en 1969, en présence de Heidegger. L’empreinte de la pensée de c […] Lire la suite

CATÉGORIES

  • Écrit par 
  • Fernando GIL
  •  • 6 074 mots

Dans le chapitre « Plans de la pensée catégoriale »  : […] La pensée grecque fournit des éléments suffisants pour situer la pensée catégoriale dans la connaissance. a)  Rien dans la philosophie grecque classique ne saurait être dit correspondre à la distinction entre ontologie matérielle et ontologie formelle. Il est vrai que l'Un, corrélat de l'Être selon Aristote ( Métaphysique , 1003  b sqq.), amène à un entendement particulier de l'Être, car, en tant […] Lire la suite

CONCEPTUALISME, philosophie

  • Écrit par 
  • Joseph VIDAL-ROSSET
  •  • 1 327 mots

Le terme « conceptualisme » s'emploie en deux sens qui ne sont pas compatibles. Dans l'acception la plus largement répandue, on entend par conceptualisme l'ensemble des systèmes philosophiques qui considèrent les Idées (ou Formes) comme immanentes aux choses sensibles, alors que le réalisme platonicien les affirme transcendantes à celles-ci. Appelons cette forme de conceptualisme « conceptualisme […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul RICŒUR, « ONTOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ontologie/