e siècle" />

OÏRAT

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les tentatives d'hégémonie des steppes chez les Mongols occidentaux

Le premier empire oirat

La puissance des Oirat, qui s'était rapidement étendue après l'expulsion, en 1368, de la dynastie mongole de Chine, les Yuan (cf. chine et mongolie - Histoire), atteint une première apogée sous le règne d'Esen-taiǰi, de 1439 à 1455. Les princes des Mongols occidentaux n'appartenant pas à la lignée gengiskhanide, au contraire des princes des Mongols orientaux, ne pouvaient prétendre au titre suprême de grand-khan. Mais, pour asseoir son prestige, Esen-taiǰi joua habilement tantôt d'unions matrimoniales avec la maison du grand-khan, tantôt d'une reconnaissance directe de la suzeraineté chinoise pour s'émanciper de la tutelle théorique des Gengiskhanides, tantôt encore de la force des armes. Il annexe ainsi toute la partie occidentale et centrale de la Mongolie propre, jusqu'à Qaraqorum, lieu prestigieux entre tous ; il menace les frontières de la Chine, tout comme à l'ouest les oasis du Turkestan, capture un souverain Ming, Yingzong (en 1449), s'avance jusqu'à Pékin, mais il échoue dans le siège des places fortes.

Les grandes migrations

À compter des dernières décennies du xve siècle, les Mongols orientaux reprenant force sous le long règne de Dayan-khan (cf. mongolie-Histoire), les Mongols occidentaux sont peu à peu rejetés vers l'ouest, où ils accentuent leur pression sur leurs voisins turcs – nomades des steppes (Kirghiz-Qazaq) et sédentaires des oasis (Uigur ou Ouigours du Tarim) –, et ils vont bientôt entamer, à partir de leur habitat principal, la Djoungarie (à l'ouest de l'Altai, dans la région de l'Irtyš noir, du Tarbagatai, du lac Balkhaš, de l'Ili et de Kulǰa), ces longs glissements caractéristiques de leur histoire durant deux siècles.

Ils s'appellent alors globalement les « Quatre Oirat » (Dörben-Oirat), en raison, semble-t-il, de leur partage entre quatre sous-ethnies qui, à cette époque, ont nom : Čoros (d'où sort la maison souveraine des Oirat), Dörbet, Torgūt (les descendants des fameux Ker [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S. et à la Fondation nationale des sciences politiques (C.E.R.I)

Classification


Autres références

«  OÏRAT  » est également traité dans :

CHINE - Histoire jusqu'en 1949

  • Écrit par 
  • Jean CHESNEAUX, 
  • Jacques GERNET
  •  • 44 675 mots
  •  • 50 médias

Dans le chapitre « Expansion et apogée »  : […] L'expansion des Qing dans l'intérieur de l'Asie est liée à la question mongole où interviennent des facteurs à la fois militaires, diplomatiques et religieux. Elle a pour origine le conflit entre les Mongols orientaux ralliés aux Mandchous et les Mongols occidentaux (Oirats), maîtres du Xinjiang oriental, du Qinghai et du Tibet, où ils apparaissent comme les protecteurs du dalaï-lama aux yeux des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chine-histoire-jusqu-en-1949/#i_21874

DZOUNGARIE

  • Écrit par 
  • Françoise AUBIN
  •  • 303 mots
  •  • 1 média

Nom que les Européens ont donné au second khānat fondé au xvii e siècle en Asie centrale par les Mongols occidentaux ou Oirat, dénommés à cette époque les Jüngar (ou, en transcription vulgaire, Djoungar, ou encore Dzoungar) . La Dzoungarie (ou Jüngarie) est située dans la région du Tarbagatai et de l'Ili (à l'est du lac Balkhach). Après s'être ét […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dzoungarie/#i_21874

ELEUTH

  • Écrit par 
  • Françoise AUBIN
  •  • 169 mots

Nom sous lequel les Mongols occidentaux ou Oïrat ont été connus dans l'Europe des Lumières, par déformation du nom original « Ölöt ». La popularisation du nom d'Eleuth doit être attribuée au père Amiot (1718-1793), un jésuite missionnaire qui demeura en Chine de 1750 à sa mort. Intime de l'empereur mandchou Qianlong, il fut l'un des principaux collaborateurs des Mémoires par lesquels les jésuites […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eleuth/#i_21874

KALMOUKS

  • Écrit par 
  • Françoise AUBIN
  •  • 1 485 mots

Dans le chapitre « Le khānat des Kalmouks de la Volga »  : […] C'est une partie de la tribu des Oirat ou Mongols occidentaux, dénommée Torgūt, qui vers 1616 quitte le Tarbagatai – entre lac Manas, lac Zaisan, Irtyš noir. Sous la direction de son chef Khō-Örlög, elle se dirige vers l'ouest, à la recherche des pâturages libres qui lui font défaut au cœur de la Haute Asie. Elle se fraie un chemin au prix de difficultés inouïes, parmi des tribus turques vindicat […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kalmouks/#i_21874

KAZAKHSTAN

  • Écrit par 
  • Isabelle OHAYON, 
  • Arnaud RUFFIER, 
  • Denis SINOR, 
  • Julien THOREZ
  • , Universalis
  •  • 8 815 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La maîtrise des steppes »  : […] La taille immense et les paysages variés du Kazakhstan écartent la possibilité d'une culture préhistorique unifiée couvrant l'ensemble de la zone. La culture d'Andronovo de l'âge du bronze ( ii e  millénaire avant notre ère) s'étendait sur une grande partie du pays actuel ; elle fut suivie d'une période de domination de peuples nomades, producteur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kazakhstan/#i_21874

MONGOLIE, histoire

  • Écrit par 
  • Françoise AUBIN, 
  • Vadime ELISSEEFF
  •  • 17 559 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « Les rivalités, du XIVe siècleà la fin du XVIe siècle »  : […] Les dissensions entre ethnies et les violentes rivalités qui opposent Gengiskhanides et non-Gengiskhanides sont dominées par la nécessité de trouver à l'économie nomade des débouchés et par la pression de la politique chinoise, qui attise les antagonismes afin de prévenir le danger d'une renaissance mongole. Dans une première phase, alors que le jeune État Ming est encore fort et que, chez les Mo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mongolie-histoire/#i_21874

SIBÉRIE

  • Écrit par 
  • Vadime ELISSEEFF, 
  • Pascal MARCHAND, 
  • Guy MENNESSIER
  •  • 14 138 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « La Sibérie gengiskhanide »  : […] Alors que la Sibérie centrale et orientale suit la destinée des Gengiskhanides, un sort particulier revient à la Sibérie occidentale ; là, le territoire, appelé Sibir, faisait partie de l' oulous de Djûchî, fils de Gengis khan, puis passa à sa mort, en 1227, à son fils Batou ; celui-ci porta ce khanat à sa plus grande dimension, vassalisant même des principautés russes. La fr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/siberie/#i_21874

Voir aussi

Pour citer l’article

Françoise AUBIN, « OÏRAT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/oirat/