ŒUVRES POÉTIQUES, François de Malherbe Fiche de lecture

Le premier des classiques

Ainsi, du fait même de la publication tardive, comme dans la présentation de ses poésies, Malherbe se donne d'abord comme le poète de la cour et des Grands. L'écrivain autonome n'est pas encore né, et Malherbe se veut d'abord au service de l'ordre monarchique et de l'ordre aristocratique. Il s'agit de donner, par la langue, l'image d'une paix recouvrée et d'un pouvoir ferme. Clarté, ordre, minimum d'effets : le premier classicisme est né. Dans le même temps, cet éloquent poète-rhéteur réforme la langue poétique – comme, dans ses Lettres, il réformera la prose – en la rendant « épurée », « simple », « ordonnée », et en rompant avec le maniérisme italien de Marino (le Cavalier Marin) et les figures baroques. Et très vite Malherbe fut considéré comme un modèle, un maître marquant la naissance d'une nouvelle ère pour la langue et la littérature françaises. Boileau put lancer son célèbre « Enfin Malherbe vint... » moins de cinquante années plus tard, alors que l'auteur de Consolation à M. Du Périer était déjà devenu un « classique », une référence nécessaire.

— Christian BIET

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • Christian BIET : professeur d'histoire et d'esthétique du théâtre à l'université de Paris-X-Nanterre

Classification

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Voir aussi