REDON ODILON (1840-1916)

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Fleurs dans un vase à long col, O. Redon

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Le Cyclope, O. Redon

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Sacré-Cœur, O. Redon

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Dans la solitude de Peyrelebade

Bien qu'Odilon Redon fût né à Bordeaux, son père avait mené la plus grande partie de son existence à La Nouvelle-Orléans et y avait acquis, comme « colon », quelque fortune. Confié aux soins d'un oncle, Redon passe son enfance dans le domaine isolé et hanté de Peyrelebade, dans les Landes, tout entouré de forêts sauvages et d'étangs marécageux. À l'âge de vingt ans, il se rend à Paris, mais il ne trouve guère de satisfaction dans l'étude de l'architecture, pas plus que dans l'enseignement du peintre académique Jean-Léon Gérome. Dix ans plus tard, il prend part à la guerre entre la France et la Prusse. À quarante ans, il épouse une jeune fille créole, Camille Falte ; il manifeste dès lors plus d'assurance dans sa production, où il est encouragé par un autre artiste isolé, Rodolphe Bresdin. Ses séries de lithographies, éditées à vingt-cinq ou cinquante exemplaires, trouvent progressivement leur place dans la communauté des connaisseurs avertis. Les principaux titres sont Dans le rêve, À Edgar Poe, Les Origines, Hommage à Goya, La Nuit, Songes, La Maison hantée ; la dernière série est constituée par des évocations de La Tentation de saint Antoine de Flaubert, et de l'Apocalypse.

Ce « créateur de monstres » mena une vie étonnamment calme et uniforme. Il passait ses étés à Peyrelebade, au domaine où il avait connu, pendant son enfance, l'angoisse et l'inquiétude, et qui, après la mort de son père, était devenu, en partie au moins, sa propriété. Il y travaillait à ses fusains, qu'il appelait « mes peintures noires » ; l'hiver, il regagnait Paris et reprenait ses travaux de l'été ; laissant libre cours à son imagination visuelle, il les affinait pour aboutir à ces lithographies qui firent sa renommée. Joris-Karl Huysmans, dans À rebours, a signalé ces réalisations comme le produit le plus achevé de la décadence. Pour Redon, Peyrelebade était donc la base de son inspiration, de son chagrin et de sa productivité. Au cours des années 1890, il perdit sa propriété, mais, à ce moment, il avait déjà [...]

Le Cyclope, O. Redon

Le Cyclope, O. Redon

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Odilon Redon (1840-1916), Le Cyclope,1898. Rijksmuseum Kroller-Muller, Otterlo, Pays-Bas. 

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Écrit par :

  • : docteur ès lettres, University distinguished professor of art history, emeritus, University of Kansas, États-Unis

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Pour citer l’article

Klaus BERGER, « REDON ODILON - (1840-1916) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/odilon-redon/