OCÉANOGRAPHIE

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Un océan profond, des plaques en mouvement

Pris dans son ensemble, l’océan est profond : 3 800 mètres en moyenne. Les profondeurs inférieures à 200 mètres représentent 7,6 p. 100 de sa surface ; celles de 200 à 7 000 mètres 92,3 p. 100 ; et celles supérieures à 7 000 mètres 0,1 p. 100. Le plateau continental, granitique, prolongement du continent, a une pente faible, de l’ordre de 0,4 p. 100, et s’étend de quelques centaines de mètres à plusieurs centaines de kilomètres de la côte jusqu’à une profondeur moyenne de 200 mètres, qui correspond à une rupture de pente. Entre 200 mètres et une profondeur de 2 000 à 3 000 mètres, le talus continental a une pente forte, de 3 à 6 p.100. C’est une zone accidentée présentant des canyons sous-marins. À sa base, de 2 000 à 3 000 mètres jusqu’à 4 000 à 5 000 mètres, s’accumulent des matériaux ayant glissé le long de la pente et provenant pour l’essentiel des continents. Les fonds compris entre 4 000 et 6 000 mètres de profondeur forment les plaines abyssales, basaltiques, très plates (pente inférieure à 0,1 p. 100) et recouvertes de sédiments. Les fosses océaniques, situées en bordure des océans, forment d’étroits et profonds sillons aux flancs abrupts, longs de plusieurs centaines de kilomètres. Elles correspondent aux profondeurs supérieures à 6 000 mètres. La fosse des Mariannes (Pacifique occidental), avec ses quelque 11 000 mètres, est la plus grande profondeur océanique connue.

Au niveau des plaines abyssales se dresse, à plus de 3 000 mètres de hauteur, une chaîne de montagnes volcaniques escarpées, continue à travers l’océan mondial : les dorsales océaniques. Longues d’environ 60 000 kilomètres, elles séparent chaque océan en plusieurs bassins. L'axe des dorsales est souvent marqué par un fossé aux parois verticales de profondeur variable, souvent plusieurs centaines de mètres – le rift.

Sauf s’ils sont trop abrupts, les fonds marins sont toujours recouverts par des sédiments. Ces derniers, organiques ou non, proviennent de l’érosion des continents (sédimentation dite détritique) ou de l’accumulation sur le fond des squelettes calcaires et siliceux d’organismes marins (sédimentation dite biologique). Ils couvrent environ 50 p. 100 de la superficie des fonds océaniques. La sédimentation d’origine chimique découle de la précipitation de certaines substances contenues dans l’eau de mer.

À la fin des années 1950, l’Américain Bruce Charles Heezen (1924-1977) met en évidence l’existence, dans l’axe de la dorsale médio-atlantique, d’un fossé de 1 000 à 1 500 mètres de profondeur, qu’il baptise « rift ». Ses travaux sont à l’origine de la théorie de l’expansion des fonds océaniques formulée au début des années 1960 par son compatriote Harry Hess (1906-1969). Cette nouvelle théorie fournit une explication de la formation des océans et de l’ensemble de la surface du globe terrestre. Elle constitue un bouleversement total de notre conception de l'histoire des océans, de leur formation et de leur évolution au cours des temps géologiques, et donc de l’histoire de la Terre et de la vie marine et terrestre. Il y a 280 millions d’années, un continent unique, la Pangée, s’est fragmenté au niveau de zones de volcanisme, les futures dorsales. La surface du globe est composée d’une douzaine de grandes plaques tectoniques principales rigides (constituées par la lithosphère, c’est-à-dire la croûte terrestre – océanique ou continentale – et la partie superficielle du manteau supérieur sous-jacent) glissant sur l’autre partie du manteau supérieur (appelée asthénosphère) beaucoup plus déformable, et de nombreuses plaques secondaires. Ces plaques sont en mouvement les unes par rapport aux autres. La croûte continentale est composée de roches granitiques légères et rigides, tandis que la croûte océanique est constituée de roches basaltiques plus lourdes. Au niveau des dorsales océaniques, qui sont des zones d’accrétion de la croûte océanique, les plaques s’écartent et s’accroissent car il y a dans l’axe de la dorsale une remontée de laves volcaniques, matériels profonds en fusion issus du manteau terrestre. Se refroidissant au contact de l’eau de mer, ces laves se répandent de part et d’autre de l’axe de la dorsale, repoussant les coulées basaltiques plus anciennes. C’est ainsi que l’océan Atlantique nord s’ouvre depuis 200 millions d’années, à la vitesse [...]

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Patrick GEISTDOERFER, « OCÉANOGRAPHIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/oceanographie/