OCÉANOGRAPHIE

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Une océanographie française

Préparée par Jean Zay – ministre de l’Éducation nationale du Front populaire (poste qu’il conserve jusqu’à sa démission en septembre 1939 pour rejoindre l’armée française au combat) – et Jean Perrin – prix Nobel de physique en 1926 et sous-secrétaire d’État à la recherche –, la fondation du CNRS est effective le 19 octobre 1939. Après une période de sommeil durant l’occupation, il est réorganisé sous une forme plus démocratique par Henri Wallon, du gouvernement provisoire de la République (ordonnance du 2 novembre 1945). Cet organisme va jouer un rôle important dans le développement des études sur les océans. En collaboration avec la faculté des sciences de Paris, il dirige les stations marines et, en 1966, pour permettre le développement d’une recherche océanographique française de haut niveau, une section d’océanographie est créée, qui recrute chercheurs, ingénieurs et techniciens. À partir de 1985, l’INSU regroupe la recherche sur les océans et l’atmosphère du CNRS et les universités. Il possède également une flotte côtière et hauturière de navires océanographiques.

En 1967, pour gérer les moyens lourds de l’océanographie française, le Centre national pour l’exploitation des océans (Cnexo) est fondé. Il fusionnera en 1984 avec l’ISTPM pour former l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). C’est aussi dans les années 1960 que la France se dote d’une flotte océanographique de haute mer avec le chalutier océanographique Thalassa (1962) et le Jean-Charcot (1966), premiers grands navires d’une flotte qui ne cessera de se développer. En 1968 et 1969, le Jean-Charcot mène deux campagnes d’études consacrées à la formation des eaux de la Méditerranée occidentale puis, également en 1969, l’expédition Noratlante, trois mois dans l'Atlantique nord, points de départ de longues séries de campagnes océanographiques dédiées aux grandes profondeurs.

En ce qui concerne l’enseignement de l’océanographie, Pierre Drach (1906-1988) et Jean-Marie Pérès (1915-1988), respectivement professeurs à la faculté des sciences de Paris et à celle de Marseille, créent à la fin des années 1950 des formations de troisième cycle d’océanographie biologique, complétées à Paris par des troisièmes cycles d’océanographie physique et chimique, ou de géophysique et géologie marines. D’autres universités suivront (Lille, Brest, Nantes, Bordeaux). Les sciences humaines et sociales participent également à cette connaissance du milieu marin. Ainsi, Aliette Geistdoerfer (1943-2015) fonde, dès le début des années 1970, au CNRS, l’anthropologie maritime, qui étudie les spécificités techniques, sociales et culturelles des sociétés exploitant la mer.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Marine nationale française, à l’instar des marines de guerre des autres nations maritimes, consciente de l’importance de l’océanographie pour les opérations navales, en particulier la lutte sous la mer, développe des services océanographiques et exploite des bâtiments de recherche. En 1971, le Service hydrographique de la marine devient le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM).

La France s’est intéressée tôt à la pénétration de l’homme sous la mer. Grâce à ses travaux durant les années 1920-1930, le capitaine de corvette Yves Le Prieur (1885-1963) réalise un scaphandre autonome avec des bouteilles d’air permettant d’atteindre quelques dizaines de mètres de profondeur. La Marine nationale adopte officiellement cet équipement en 1935. Ce scaphandre est par la suite amélioré par le capitaine de corvette Philippe Tailliez (1905-2002), l’ingénieur Émile Gagnan (1900-1979) et le lieutenant de vaisseau Jean-Yves Cousteau (1910-1997). En 1945, la Marine nationale – à l’instigation de Tailliez, Gagnan et Frédéric Dumas (1913-1991) –, crée à Toulon le Groupe de recherche sous-marine et en confie le commandement à Tailliez.

Dans les années 1950, l’homme pénètre dans les grandes profondeurs océaniques à bord de sous-marins habités. Ces premiers véhicules d'exploration sous-marine, appelés bathyscaphes, seront remplacés dans les années 1970 par des submersibles plus légers et plus maniables, auxquels succéderont peu à peu les remotely operated vehicle (ROV), engins inhabités télécommandés à partir de leur navire support. Le premier [...]

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Patrick GEISTDOERFER, « OCÉANOGRAPHIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/oceanographie/