OCÉANOGRAPHIE

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Vers une connaissance scientifique de l’océan mondial

Les avancées dans le domaine de l’océanographie sont non seulement corrélées à celles de l’ensemble des sciences, mais aussi aux progrès apportés aux navires et à la navigation. Au xiiie siècle, l’utilisation de la boussole, du gouvernail d’étambot et de la voile carrée ouvre le domaine de la haute mer aux navigations européennes. C’est l’époque des grandes découvertes et des premières cartes marines, les portulans, qui viennent bouleverser la vision du monde. Puis le passage de la voile à la vapeur, au milieu du xixe siècle, sera déterminant pour la découverte des grands fonds océaniques.

Dès l’Antiquité, un phénomène aussi complexe que la marée océanique fut, sinon réellement compris, du moins décrit, et ses variations périodiques associées aux phases de la Lune par divers auteurs – tel Pline l’Ancien (23-79) – et navigateurs – en particulier le grec Pythéas qui, au ive siècle avant notre ère, navigua au large des côtes européennes atlantiques jusqu’aux îles Shetland. Rapidement aussi, le lien entre souffle des vents et courants marins est assez bien compris et utilisé par les navigateurs arabes qui, dès le Moyen Âge, voyagent vers l’Extrême-Orient en utilisant la renverse (changement de sens) des vents est-ouest de mousson et des courants, ce que feront également plus tard les vaisseaux de la Compagnie des Indes au xviiie siècle. Au xviie siècle, la pensée scientifique s’oppose à la religion : c’est l’époque de Galilée et des premières sociétés savantes – Royal Society, créée à Londres en 1660 ; Académie royale des sciences, fondée à Paris en 1666. Isaac Newton, en établissant les lois de l’attraction universelle, pose en 1687 les bases de la théorie de la marée. Au siècle suivant, dit siècle des Lumières, esprit critique et rationalisme s’imposent et favorisent l’ensemble des sciences. Ce sont les prémices d’une connaissance scientifique des mers et de nombreux articles leur sont consacrés dans L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772) de Denis Diderot. L’inventaire des espèces marines se développe. En 1720, le Dépôt général des cartes et plans, journaux et mémoires concernant la navigation – qui deviendra en 1886 le Service hydrographique de la marine – est créé, fournissant aux navigateurs l’information nautique qui leur est nécessaire. C’est en son sein que l’ingénieur hydrographe Charles-François Beautemps-Beaupré (1766-1854) établit les bases de l’hydrographie moderne. En 1752, à Brest, des officiers et ingénieurs de marine fondent l’Académie de marine, société de pensée créée dans l’esprit des Lumières et qui se propose de développer le savoir scientifique dans le domaine de la navigation (de nos jours Établissement public du ministère des Armées, qui traite de l’ensemble des questions maritimes). Luigi Ferdinando Marsigli (ou Marsili, 1658-1730), précurseur de ce que sera l’océanographie, publie en 1725 son Histoire physique de la mer, ouvrage consacré à la Méditerranée dans lequel il décrit les caractéristiques physiques et biologiques de cette mer, ses courants, la température de ses eaux, ses plateaux continentaux…

Le 14 juin 1793, la Convention, soucieuse de développer les sciences et l’instruction publique, transforme le jardin du roi à Paris en Muséum national d’histoire naturelle, établissement où Lamarck (1744-1829) conçoit la première théorie de l’évolution, le transformisme, qu’il présente dans Philosophie zoologique (1809) et Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (1815-1822). Il publie également le premier annuaire météorologique – terme qu’il crée –, l’Annuaire météorologique pour l’an VIII de l’ère de la République française. À l’instar de la Grande-Bretagne, avec l’Observatoire royal de Greenwich (1675), la Convention fonde en 1795 le Bureau des longitudes pour l’application des connaissances scientifiques à la navigation, l’astronomie en particulier, bureau qui existe toujours. Cette même année, la nomenclature définitive du systèm [...]

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HMS Challenger, corvette britannique

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Patrick GEISTDOERFER, « OCÉANOGRAPHIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/oceanographie/