OCCUPATION (France)

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La catastrophe (été de 1940)

La défaite militaire et l'invasion allemande provoquent la désintégration du pays entre mai et juin 1940. L'exode met des millions de Français sur les routes. Paris est déclarée « ville ouverte » le 14 juin. Les Allemands déferlent jusqu'en Gironde et au-delà de Lyon. Cette catastrophe relativise la conduite des soldats qui ont fait front (85 000 tués) et qui, par exemple, ont contenu sur les Alpes les Italiens, entrés en guerre le 10 juin. L'effondrement est aggravé par l'annonce de la demande d'armistice le 17. Négocié à Rethondes, dans le wagon qui a servi en 1918, signé le 22 avec les Allemands et le 24 avec les Italiens, l'armistice prend effet le 25 à 0 h 30.

Paris occupé

Photographie : Paris occupé

Les troupes allemandes sont entrées dans Paris le 14 juin 1940. Derrière les cavaliers, on aperçoit l'Arc de triomphe de la place de l'Étoile. 

Crédits : Henry Guttmann/ Hulton Archive/ Getty Images

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Ses clauses, calquées sur ce qui avait été imposé aux Allemands en 1918, sont sévères (limitation du potentiel militaire, occupation partielle, etc.), mais on craignait pis. Hitler cherche à neutraliser la France. Il veut avoir les mains libres pour contraindre le Royaume-Uni à cesser le combat, puis engager la guerre contre l'U.R.S.S. Le maintien d'un gouvernement « souverain », contrôlant l'Empire colonial et dirigé par un personnage aussi respecté que Philippe Pétain, lui est utile. C'est pourquoi la dramatique attaque de la flotte de guerre française par les Britanniques à Mers-El-Kébir (Oran), le 3 juillet, pour éviter que les Allemands n'en prennent le contrôle, puis la tentative anglo-gaulliste de s'emparer de Dakar et de l'Afrique-Occidentale française le conduisent à laisser au gouvernement de Vichy la disposition des bâtiments qui lui restaient. Cette inflexion, intervenant alors que la bataille d'Angleterre se solde par un échec (juillet-octobre 1940), donne quelques illusions à Laval et au Maréchal et contribue à leur choix de la collaboration d'État. Celle-ci vise à desserrer l'étau financier et économique qui asphyxie la France (entretien des troupes d'occupation, mark surévalué de 50 p. 100, achats à bon compte de biens et d'entreprises) et à la positionner dans la perspective de la paix à venir. Elle restera un choix constant des divers gouvernements de Vichy jusqu'en 1944. Mais l'occupant dispose de moyens de pression efficaces sur eux. Les principaux sont le million et demi de prisonniers de guerre, transférés dans le Reich durant l'été, et la ligne de démarcation. Courant de la Suisse à l'Espagne sur 1 200 kilomètres, elle coupe la France en deux. Plus ou moins ouverte selon les exigences du vainqueur, elle place la zone non occupée (Z.N.O.) en situation de dépendance. Quant à la zone occupée (Z.O.), qui recouvre les 45 p. 100 les plus économiquement utiles du pays, elle est soumise, selon l'armistice, aux droits de la puissance occupante. Contrôlant l'administration française, les Allemands en sont les maîtres. Vichy entérine souvent, voire anticipe, leurs décisions, y compris les pires, dans le but de préserver sa souveraineté, ainsi l'instauration par les occupants de la législation raciste nazie en Z.O. (décret du 27 septembre 1940) encourage le régime à se lancer dans une « course poursuite à qui serait le plus antisémite » (H. Michel). La Z.O. est elle-même divisée en territoires aux statuts divers, zone « interdite » (au retour des réfugiés), Nord-Pas-de-Calais rattaché au commandement militaire de Bruxelles, zone « réservée » de Lorraine où les occupants installent des colons, Alsace-Moselle soumises dès juillet 1940 à la germanisation et à la nazification. La réalité de l'État français est donc réduite à des degrés divers en Z.O., jusqu'à rien en Alsace. La plupart de ses institutions propres sont interdites en Z.O. (la Légion française des combattants, les Chantiers de jeunesse, et même la Milice à ses débuts, en 1943). Le Maréchal n'aura l'autorisation de s'y rendre qu'au printemps de 1944. Cette parcellisation du pays est une réalité fondamentale.

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Paris occupé

Paris occupé
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Appel à la résistance, juin 1940

Appel à la résistance, juin 1940
Crédits : D.R.

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Le Comité national français à Londres, 1941

Le Comité national français à Londres, 1941
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La voix de la France

La voix de la France
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Pour citer l’article

Jean-Marie GUILLON, « OCCUPATION (France) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/occupation-france/