LINK O. WINSTON (1914-2001)

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Le photographe américain Ogle Winston Link est le né le 16 décembre 1914 à Brooklyn, dans l'État de New York. Son enfance se déroule avec la complicité d'un père jovial, professeur de travaux manuels. Albert Link développe chez son fils le goût du bricolage, de la réparation, de l'invention, celui des bonnes histoires et des jeux de mots. Dans ces multiples activités partagées entre père et fils, la photographie a sa place. Winston dispose à loisir de l'appareil grand format de son père et construit lui-même un agrandisseur. Ses premières photos sont celles des bateaux observés aux cours des nombreuses virées en compagnie de son père au port de New York. Il fera aussi des images des bidonvilles de Hoover City à Brooklyn, non loin du quartier bourgeois de Park Slope habité par les Link. Avec d'autres camarades comme lui passionnés de trains, Winston fait souvent le trajet vers les grandes gares de triage de la rive ouest de l'Hudson River. Il photographie ainsi la locomotive du train Blue Comet, isolée à l'arrêt dans la gare de triage Jersey City sur fond des buildings de Manhattan.

Après des études primaires complétées par une formation technique, Winston Link est admis en 1933 à l'Institut polytechnique de Brooklyn. L'étudiant est brillant, il sait aussi être drôle, on l'apprécie. Élu président de sa classe, il participe à toutes les activités de „Brooklyn Poly“, et en particulier au journal de l'école où paraissent ses photographies. Winston Link n'exercera jamais la profession d'ingénieur. En 1937, George Hammond, cadre de la société de relations publiques Carl Byoir & Associates, propose au nouveau diplômé de faire un essai comme photographe. Ce qui se présente comme un travail d'été apparaît bientôt comme un défi. On attend de Link des photos riches d'information mais assez originales pour intéresser les journaux qui assureront la promotion gratuite des firmes clientes de la Byoir.

Déclaré inapte au service militaire pour des problèmes d'audition, Winston Link doit à ses études d'ingénieur et à sa réputation de photographe d'être affecté en 1942 au laboratoire Airborne Instruments établi à Mineola par l'université Columbia pour le compte de l'armée. Il y réalise des photographies d'avion, de nuit, à courte distance et en grand format 20 × 25 cm. À la fin de la guerre, Link décide de travailler à son compte. Il installe son studio, en 1949, dans un vieil immeuble de la 34e Rue, sur le côté est de Manhattan. Avec un ou deux assistants embauchés selon les besoins, Link mène l'activité qui lui plaît, détachée de toute contingence publicitaire. Nullement tenté par le petit format et la photographie spontanée, il reste fidèle à la photographie sur plaques, aux repérages réfléchis, à la mise en scène des personnages. Les trains de son enfance occupent la plus grande part de son inspiration. Ses photographies trouvent une clientèle suffisante pour couvrir les frais techniques et assurer sa subsistance. Ses publications dans les revues ferroviaires ou de modélisme lui valent une certaine notoriété et, en janvier 1955, le début d'une féconde collaboration avec la Norfolk & Western Railway. Les quelque 2 400 négatifs réalisés de 1955 à 1960 constituent l'essentiel de l'œuvre de Link, où le train omniprésent intègre des compositions spectaculaires, souvent drôles, parfois surréalistes. Dans une séance de cinéma drive in, où les spectateurs peuvent voir de leur voiture un avion sur l'écran alors qu'un rapide passe à leur côté. Ou encore, une famille se baigne la nuit dans la rivière de Hawkskill, en Virginie, au moment où un train file sur le viaduc qui la traverse. Les photographies nocturnes, savamment préparées de jour pour une prise toujours unique, d'abord à l'aide d'une batterie d'ampoules flash, puis de torches sur accus, sont une constante de la production de Link à cette période. Son style reste sobre, avec une profondeur de champ qui garantit la netteté de tous les plans. Ses photos composées, ses paysages et ses portraits d'employés des chemins de fer répondent tous à ses critères esthétiques d'une perfection qui s'accorde à l'idée de la sécurité et de la ponctualité. Attaché au noir et blanc qu'il maîtrise parfaitement, Link a fait une brève incursion dans la couleur, par des photos prises dans le verdoyant État du Tennessee. La disparition des locomotives à vapeur, vers 1960, met un terme à sa production. En 1990, il réalise un film documentaire, Trains that Passed in the Night, à partir de ses photographies, et d [...]

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Hervé LE GOFF, « LINK O. WINSTON - (1914-2001) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/o-winston-link/