O.G.D., SMITH (Jimmy)

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Avec Charlie Christian, dont il est un des héritiers, Wes Montgomery (John Leslie Montgomery, 1925-1968) est l'un des musiciens qui a le plus marqué l'histoire de la guitare jazz. Cet autodidacte appartient à l'orchestre de Lionel Hampton de 1948 à 1950; puis il monte un combo avec deux de ses frères, le vibraphoniste Charles F. «Buddy» Montgomery et le bassiste William Howard «Monk» Montgomery. Cannonball Adderley l'introduit auprès du label Riverside, pour lequel il enregistre une série de disques de 1959 à 1963. En 1960, l'album The Incredible Jazz Guitar of Wes Montgomery lui ouvre la voie de la notoriété dans le monde du jazz. La période où il enregistre pour Verve comprend des arrangements orchestraux et, surtout, des titres beaucoup plus accessibles qu'auparavant. C'est à cette époque qu'il collabore avec l'organiste Jimmy Smith. À partir de 1967, il «commet» trois albums avec arrangements orchestraux, très grand public, qui lui vaudront nombre de critiques de la part des puristes. Il meurt le 15 juin 1968 à Indianapolis.

Jimmy Smith (James Oscar Smith, 1925 ou 1928-2005) joue d'abord du piano. En 1951, il commence à pratiquer l'orgue Hammond et acquiert une notoriété qui lui permet de se produire au Newport Jazz Festival en 1957. Ses enregistrements pour Blue Note incluent des sessions avec le guitariste Kenny Burrell et le batteur Art Blakey, notamment. De 1963 à 1972, il enregistre pour Verve, donnant en particulier une reprise étonnante de Walk on the Wild Side (écrit par Lou Reed), en 1962, et, en 1966, Further Adventures of Jimmy and Wes, fruit de sa collaboration avec Wes Montgomery. Malheureusement, à la fin des années 1960, son éditeur phonographique altère son image en sortant des disques aux pochettes un peu trop «rock». Il ouvre ensuite un club à Los Angeles, et revient chez Blue Note en 1985. En 1987, il apparaît pour une courte intervention dans le titre Bad de Michael Jackson.

Further Adventures of Jimmy and Wes a été enregistré pour le label Verve par Rudy Van Gelder, le plus célèbre ingénieur du son spécialisé dans le jazz, associé au producteur Creed Taylor, un ancien du label Impulse! (où il a notamment produit Out of the Cool, de Gil Evans, en 1960). Dans les années 1960, la bossa-nova a le vent en poupe, surtout depuis que Stan Getz et Charlie Byrd l'ont fait sortir du Brésil et mélangé au jazz, ce que les musiciens du cru n'ont pas toujours apprécié.

La rythmique d'O.G.D. est composée de la batterie de Grady Tate – un brillant accompagnateur de Stan Getz, Sarah Vaughan ou Roland Kirk –, de congas jouées par Ray Barretto – un grand percussionniste de latin jazz et de salsa –, et par du pédalier de basse de Jimmy Smith pendant le chorus de Wes Montgomery. Le guitariste jouait sans plectre, juste avec l'ongle du pouce. Il utilise une autre technique de jeu qui le rend reconnaissable, celle des doubles notes à l'octave que lui empruntera George Benson. Le guitariste est parfaitement à son aise sur ce tempo décontracté, où il fait preuve, comme à son habitude, d'une grande précision rythmique. Jimmy Smith, quant à lui, est surtout connu pour son jeu soul, voire funky où le langage du blues est vu sous un jour nouveau. Il sait alterner les figures classiques du genre avec blue notes et traits rapides, clin d'œil au hard bop.

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Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « O.G.D., SMITH (Jimmy) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/o-g-d-smith-jimmy/