NOVALIS (1772-1801)

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Un singulier mystique

La Thuringe, pays où manquent les fleuves, « ces yeux du paysage », comme le regrettera Heinrich von Ofterdingen, et un esprit profondément religieux, ce sont là deux héritages que lèguent à Novalis son enfance et son éducation. Dans la famille où naît Friedrich von Hardenberg, à Wiederstedt, les lectures bibliques, le culte quotidien de cette petite communauté piétiste dessinent déjà la voie de contemplation qui sera la sienne. Ce sont ensuite les études de droit à Iéna, puis à Leipzig. Mais rien de plus classique que l'admiration qu'il porte à Goethe et à Schiller, rien qui annonce les Hymnes ou le roman dans le drame que le jeune homme esquisse dès 1790, Kunz von Stauffungen. Quelques années passeront avant que Novalis voie dans Iéna la ville des cénacles romantiques – comme Weimar avait été celle du classicisme. En 1795, il se fiance avec Sophie von Kühn, âgée de treize ans, et son existence semble devoir être celle d'un fonctionnaire plutôt que d'un poète romantique, puisqu'il se consacre à l'administration des Salines. Une vie tranquille, sans histoire ni vécue ni racontée. Mais, après l'heureux été de 1795 – n'avons-nous pas dans les premières effusions de Heinrich et de Mathilde un souvenir de cette félicité fugitive ? – Sophie tombe gravement malade, et meurt, âgée de quinze ans à peine. « Un quart d'heure m'a déterminé », dira plus tard Novalis à son frère.

« Christ et Sophie » : ces trois mots notés dans le Journal intime que tiendra Novalis très précisément du trentième au cent-dixième jour après la mort de Sophie soulignent la résolution qu'il avait prise. Décidé tout d'abord à ne pas survivre à sa bien-aimée, il entend faire de sa vie une préparation à ces épousailles que sera la mort et une lente métamorphose de l'amour en religion, de la religion en mythe. « Mon amour s'est transformé en flamme, et cette flamme consume peu à peu ce qui est terrestre en moi. » « Je le sens, écrit-il à Schlegel, elle était à mon insu la pierre angulaire de m [...]


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Pour citer l’article

Catherine KOENIG, « NOVALIS (1772-1801) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/novalis/