NOUVELLE ÉCONOMIE POLITIQUE, analyse économique du vote

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La théorie économique de la politique

La compétition électorale downsienne

Pour établir le lien entre la notion de choix majoritaire et les institutions politiques réelles, il faut une théorie de la démocratie. Celle qui est classiquement utilisée par les économistes est associée au nom d'Anthony Downs (An Economic Theory of Democracy, 1957). Il s'agit d'une représentation idéalisée de la compétition électorale fondée sur les hypothèses suivantes :

1. Il y a deux partis politiques (et deux seulement).

2. L'unique objectif des partis est de gagner les élections.

3. Pour ce faire, chaque parti propose une politique, et toute politique peut être proposée.

4. Les politiques proposées par les partis sont évaluées par les électeurs, qui jugent les partis sur la seule base de ces propositions.

5. Les partis connaissent les préférences des électeurs.

6. Chaque électeur vote pour le parti qui a fait la proposition la meilleure pour lui. S'il est indifférent entre les deux propositions, il tire au sort.

7. Est élu le parti qui recueille le plus de suffrages.

8. Le parti élu tient sa promesse.

L'ensemble de ces hypothèses forment un modèle : la compétition downsienne pure. Avant de revenir sur ces diverses hypothèses, précisons ce que la théorie downsienne pure implique au niveau du choix collectif. Il est à noter, tout d'abord, que les seuls véritables acteurs de la compétition pure sont les deux partis. En effet, les hypothèses 4, 5 et 6 spécifient exactement le comportement de chaque électeur en fonction des actions choisies par les partis. Les électeurs sont ici seulement réactifs, et leurs réactions sont prévues. Il n'en va pas de même pour les partis, car une proposition faite par un parti peut être gagnante ou perdante, suivant celle qui est faite par l'autre parti. Par conséquent, le modèle de la compétition downsienne pure ne détermine pas directement les actions de chaque parti. Ce modèle est une situation de jeu à deux joueurs et un concept d'équilibre est nécessaire à sa résolution.

Plus exactement, le modèle formel de la compétition downsienne pure est un jeu à deux joueur [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  NOUVELLE ÉCONOMIE POLITIQUE, analyse économique du vote  » est également traité dans :

LE CALCUL DU CONSENTEMENT, FONDATIONS LOGIQUES DE LA DÉMOCRATIE CONSTITUTIONNELLE, James Buchanan et Gordon Tullock - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Samuel FEREY
  •  • 1 022 mots

Rendre compte économiquement du politique. Tel est le projet de The Calculus of Consent. Logical Foundations of Constitutionnal Democracy (Le Calcul du consentement. Fondations logiques de la démocratie constitutionnelle), un ouvrage de James Buchanan (né en 1919) et de Gordon Tullock (né en 1922) publié en 1962. The Calculus participe ainsi au dévelop […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-calcul-du-consentement-fondations-logiques-de-la-democratie-constitutionnelle/#i_36568

CHOIX PUBLICS ÉCOLE DES ou PUBLIC CHOICE SCHOOL, économie

  • Écrit par 
  • Samuel FEREY
  •  • 1 115 mots

Dans le chapitre « Une analyse économique de la politique »  : […] En développant l'analogie entre comportements politiques et comportements économiques, l'école des choix publics a orienté ses recherches dans trois directions. La première a trait au processus de décision démocratique. Si un électeur rationnel peut classer, selon ses préférences, les propositions politiques, il votera pour celle qu'il préfère. Cependant, à la différence des choix effectués sur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/choix-publics-public-choice-school/#i_36568

ÉLECTIONS - Sociologie électorale

  • Écrit par 
  • Patrick LEHINGUE
  •  • 5 417 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Un parti pris a-sociologique : les théories du choix rationnel »  : […] Académiquement attesté même s'il est scientifiquement contestable, le déclin des modèles présociologiques (Columbia) ou psychosociologiques (Michigan) a favorisé la montée en force d'analyses électorales dérivées de la théorie des choix rationnels. À de rares exceptions près (Michael Delli Carpini, Scott Keeter), la domination qu'exercent à compter des années 1980 en sciences politiques des schèm […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/elections-sociologie-electorale/#i_36568

MICROÉCONOMIE - Incitations et contrats

  • Écrit par 
  • Bernard SALANIÉ
  •  • 6 238 mots

Dans le chapitre « Le cas des préférences unimodales »  : […] La solution la plus courante à cette difficulté consiste précisément à exclure a priori certaines configurations politiques. On peut ainsi supposer, en première hypothèse, que les préférences des électeurs ne sont pas parfaitement quelconques, mais qu'elles sont par exemple unimodales. On entend par là que les candidats peuvent être situés sans ambiguïté sur un axe allant d'un extrême à l'autre d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/microeconomie-incitations-et-contrats/#i_36568

Voir aussi

ANTHONY DOWNS    MINIMAX    MODES DE SCRUTIN    VOTE

Pour citer l’article

Jean-François LASLIER, « NOUVELLE ÉCONOMIE POLITIQUE, analyse économique du vote », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nouvelle-economie-politique/