NOUVELLE ÉCONOMIE POLITIQUE, analyse économique du vote

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le théorème de l'électeur médian

Le cadre unidimensionnel

Le résultat théorique sur lequel s'appuie une bonne partie des analyses de la nouvelle économie politique est connu sous le nom de théorème de l'électeur médian (Black, 1958). On s'intéresse aux situations dans lesquelles il est pertinent de représenter les politiques possibles sur un axe unique, par exemple les positions idéologiques sur l'axe gauche-droite ou les valeurs possibles d'un taux de taxe sur l'axe numérique. Les choix politiques sont ainsi supposés s'effectuer dans un cadre unidimensionnel.

Plus précisément, on suppose tout d'abord que l'ensemble des politiques possibles est totalement ordonné par un ordre « naturel » noté à l'aide du symbole usuel <. Si x et y sont deux politiques possibles, alors x < y se lit : « x est à gauche de y ». La société est composée d'un certain nombre d'individus, nombre que nous supposerons pour simplifier fini et impair. Chaque individu est pourvu d'une relation de préférence sur l'ensemble des politiques possibles. Cela signifie que, entre deux politiques distinctes x et y, chaque individu i soit préfère strictement x à y (ce qui sera noté x Pi y), soit préfère y à x, soit est indifférent entre x et y. On suppose alors les préférences individuelles unimodales par rapport à l'ordre naturel. Cela signifie qu'il existe pour chaque individu i une politique possible m(i) telle que :

si x < ym (i) alors y Pi x et si m(i) ≤ x < y alors x Pi y.

Le point m(i) est appelé le mode de la préférence Pi, ou encore le point idéal de l'individu i. L'hypothèse d'unimodalité est souvent naturelle, elle est l'expression la plus simple de l'idée selon laquelle chaque individu a une politique préférée et souhaite que la politique choisie soit la plus proche possible de cet idéal. En particulier, la préférence de l'individu sera unimodale de mode m(i) si elle peut être représentée par une fonction d'utilité strictement croissante à gauche de m(i) et strictement décroissante à droite de m(i) [cf. figure].

Électeur médian

Électeur médian

Dessin

Chaque point m(i) désigne le point idéal de l'individu i, qui, sous l'hypothèse d'unimodalité de sa préférence, maximise sa fonction d'utilité. Parmi les points idéaux des 7 individus considérés, m* désigne le point idéal médian, celui de l'électeur médian situé au centre de la... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Les points idéaux des différents individu [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages






Écrit par :

Classification


Autres références

«  NOUVELLE ÉCONOMIE POLITIQUE, analyse économique du vote  » est également traité dans :

LE CALCUL DU CONSENTEMENT, FONDATIONS LOGIQUES DE LA DÉMOCRATIE CONSTITUTIONNELLE, James Buchanan et Gordon Tullock - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Samuel FEREY
  •  • 1 022 mots

Rendre compte économiquement du politique. Tel est le projet de The Calculus of Consent. Logical Foundations of Constitutionnal Democracy (Le Calcul du consentement. Fondations logiques de la démocratie constitutionnelle), un ouvrage de James Buchanan (né en 1919) et de Gordon Tullock (né en 1922) publié en 1962. The Calculus participe ainsi au développement d'un nouveau champ d'analyse, le « ch […] Lire la suite

CHOIX PUBLICS ÉCOLE DES ou PUBLIC CHOICE SCHOOL, économie

  • Écrit par 
  • Samuel FEREY
  •  • 1 115 mots

Dans le chapitre « Une analyse économique de la politique »  : […] En développant l'analogie entre comportements politiques et comportements économiques, l'école des choix publics a orienté ses recherches dans trois directions. La première a trait au processus de décision démocratique. Si un électeur rationnel peut classer, selon ses préférences, les propositions politiques, il votera pour celle qu'il préfère. Cependant, à la différence des choix effectués sur […] Lire la suite

ÉLECTIONS - Sociologie électorale

  • Écrit par 
  • Patrick LEHINGUE
  •  • 5 417 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Un parti pris a-sociologique : les théories du choix rationnel »  : […] Académiquement attesté même s'il est scientifiquement contestable, le déclin des modèles présociologiques (Columbia) ou psychosociologiques (Michigan) a favorisé la montée en force d'analyses électorales dérivées de la théorie des choix rationnels. À de rares exceptions près (Michael Delli Carpini, Scott Keeter), la domination qu'exercent à compter des années 1980 en sciences politiques des schèm […] Lire la suite

MICROÉCONOMIE - Incitations et contrats

  • Écrit par 
  • Bernard SALANIÉ
  •  • 6 238 mots

Dans le chapitre « Le cas des préférences unimodales »  : […] La solution la plus courante à cette difficulté consiste précisément à exclure a priori certaines configurations politiques. On peut ainsi supposer, en première hypothèse, que les préférences des électeurs ne sont pas parfaitement quelconques, mais qu'elles sont par exemple unimodales. On entend par là que les candidats peuvent être situés sans ambiguïté sur un axe allant d'un extrême à l'autre d […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-François LASLIER, « NOUVELLE ÉCONOMIE POLITIQUE, analyse économique du vote », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nouvelle-economie-politique/