NOTATION MUSICALE

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La notation musicale occidentale

Les prémices

Chironomie et notations alphabétiques

À l'origine de toute civilisation musicale, le langage se transmet oralement. Mais il se complique assez vite et la transmission orale devient insuffisante. On voit alors apparaître des palliatifs comme la chironomie, procédé qui permet aux chefs de chœur d'indiquer aux choristes le sens de la ligne mélodique grâce à des gestes précis. La gestique des prêtres du clergé catholique est représentative de ce procédé. La chironomie se généralise en Grèce avant d'être supplantée par la notation alphabétique : seize lettres représentent deux octaves et un ton (gamme éolienne) qui correspondent à peu près aux touches blanches du piano. Pour élever la note d'un demi-ton, on place la lettre correspondante la tête en bas et, pour l'élever d'un quart de ton, on la couche sur le côté. Le rythme est déterminé par le texte chanté inscrit sous les lettres (il s'agit toujours de musique vocale).

Par la suite, les Grecs ont adopté un système plus élaboré, fondé sur vingt-quatre lettres. Les Romains ont repris le même principe mais ont substitué bientôt les lettres latines aux lettres éoliennes, créant une confusion totale propice au retour de la transmission orale. À la même époque apparaît la musique religieuse de la chrétienté qui ne pourra pas se transmettre par écrit tant que le christianisme ne sera pas reconnu.

Pendant près de dix siècles, la transmission orale redevient donc la règle. La chironomie supplée aux défaillances de mémoire et il faut attendre le ixe siècle pour que le besoin d'une notation se fasse à nouveau sentir.

Les neumes

Les neumes constituent une sorte de sténographie musicale dérivée de la chironomie : la virga (virgule) indique que le son monte, le punctum (point) que le son descend. Pour compléter ces deux signes, dont on devine les limites (intervalles et rythme ne sont pas précisés...), la ligature va permettre d'associer plusieurs neumes simples en un neume composé (clivis, pes ou podatus, torculus, porrectus

Neumes

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Les neumes. 

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Neumes

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Neumes et notation carrée

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Notation mesurée

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Notation musicale : prolations de Philippe de Vitry

Notation musicale : prolations de Philippe de Vitry
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Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., chargée de mission au musée des Arts asiatiques-Guimet
  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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Pour citer l’article

Mireille HELFFER, Alain PÂRIS, « NOTATION MUSICALE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/notation-musicale/