HARNONCOURT NIKOLAUS (1929-2016)

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Après avoir dirigé The Rake's Progress d'Igor Stravinski au Theater an der Wien de Vienne à la fin de 2008, Nikolaus Harnoncourt enregistrait en 2009 Porgy and Bess de George Gershwin. Bien qu'il ait grandi dans le cadre d'un système de valeurs profondément enraciné dans le passé, Harnoncourt n'en reste pas moins un homme et un artiste dont le regard est toujours resté tourné vers l'avenir. Comme Don Quichotte, son héros préféré, il se demandait sans cesse : « Où se trouve la prochaine aventure ? »

Les années d'apprentissage à Vienne

Johann Nikolaus, Graf (comte) de la Fontaine und d'Harnoncourt-Unverzagt, naît le 6 décembre 1929 à Berlin, dans une famille de l'aristocratie autrichienne. En 1931, celle-ci quitte la capitale allemande pour regagner le palais familial Meran, à Graz, ville dont elle est originaire (son père Eberhard, comte de la Fontaine und d'Harnoncourt-Unverzagt, ayant perdu sa première femme en 1926, s'était remarié en 1928 avec Ladislaja, comtesse de Meran). Le père, ingénieur des travaux publics, est passionné de musique et de littérature ; pianiste confirmé et compositeur, il veille à ce que ses enfants commencent dès leur plus jeune âge à apprendre plusieurs instruments, et forme bientôt un quatuor familial avec ses trois fils : Renatus et Philipp aux violons, Nikolaus au violoncelle et lui-même au piano. En 1938, après l'Anschluss, la famille Harnoncourt est chassée par les nazis du palais Meran, qui est vendu par exécution forcée. Opposée au régime nazi, elle est cependant contrainte d'envoyer les enfants au Deutsches Jungvolk, section des Jeunesses hitlériennes dans laquelle sont incorporés tous les enfants atteignant l'âge de dix ans. À treize ans, Nikolaus Harnoncourt découvre l'ouvrage Kulturgeschichte der Neuzeit (« Histoire culturelle des temps nouveaux ») de Egon Friedell, philosophe, historien et journaliste viennois dont le scepticisme exercera une influence durable [...]

Nikolaus Harnoncourt

Nikolaus Harnoncourt

Photographie

Bach bien sûr, mais aussi Monteverdi, Mozart, Beethoven, Bruckner... Harnoncourt a profondément renouvelé l'interprétation des « phares » de la musique classique. On le voit ici lors d'une répétition de La Flûte enchantée de Mozart, au festival de Salzbourg 2012. 

Crédits : B. Gindl/ epa/ Corbis

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Écrit par :

  • : musicologue, analyste, chef de chœur diplômée du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, chargée de cours à Columbia University, New York (États-Unis)

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Pour citer l’article

Juliette GARRIGUES, « HARNONCOURT NIKOLAUS - (1929-2016) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nikolaus-harnoncourt/