SAINT PHALLE NIKI DE (1930-2002)

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Les « Tirs »

Développer l'imaginaire à partir de la vie, en autodidacte, parfois à des fins quasi thérapeutiques, c'est ce que fait d'emblée Niki de Saint Phalle dans ses premières toiles des années 1950, hautes pâtes brutes à la manière d'un Dubuffet, monde de l'enfance, de la fête ou de la peur où les châteaux se détachent toujours sur un fond noir de violence rentrée. Découvert lors d'un séjour en France, le concept de cathédrale, en tant qu'« idéal collectif », impressionne Niki de Saint Phalle et deviendra plus tard un aspect important de son œuvre. En 1955, elle visite à Barcelone le parc Güell de Gaudí qui la marque durablement : elle aussi créera un « jardin de joie pour les gens ». La même année, elle visite à Hauterives le Palais idéal du facteur Cheval et fait la connaissance de Jean Tinguely (1925-1991) et de sa femme Eva Aeppli.

À partir de 1959, sous l'influence de l'art de Pollock, de De Kooning et des néo-dadaïstes américains Johns et Rauschenberg, elle réalise des tableaux-assemblages. En 1961, l'un d'eux, Portrait of my Lover, composé d'une chemise surmontée d'une cible, sur laquelle les spectateurs étaient invités à jeter des fléchettes, est à l'origine des tableaux-tirs. Dès lors, l'artiste, qui vit désormais avec Tinguely, est sur le devant de la scène artistique. Pontus Hulten, le directeur du Moderna Museet de Stockholm et futur directeur du Musée national d'art moderne à Paris, va encourager sa carrière.

Niki partage très tôt avec Jean Tinguely, qu'elle épouse en 1971 une conception de l'œuvre d'art comme « attentat ». Les « Tirs », effectués de 1961 à 1963, marquent en un sens la démolition de la peinture et font écho aux machines destructrices de Tinguely telles qu'Hommage à New York (1960). Dans un geste qui n'est pas sans similitude avec la technique du dripping de l'action-painting de Jackson Pollock, dans les « tableaux-surprise », le spectateur armé d’une carabine envoie les projectiles dans des poches de plastique contenant de la peinture qui coule sur [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université de Paris-X-Nanterre

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Pour citer l’article

Thierry DUFRÊNE, « SAINT PHALLE NIKI DE - (1930-2002) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/niki-de-saint-phalle/