CAVE NICK (1957- )

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Nick Cave et ses mauvaises graines

Né le 22 septembre 1957 à Wangaratta dans l’État de Victoria en Australie, Nicholas Edward Cave est le troisième d’une famille de quatre enfants. Son père, professeur de littérature anglaise, et sa mère, bibliothécaire, lui inculquent une éducation anglicane stricte et le font entrer dans le chœur de l’église de la ville. Renvoyé de l’école, il est mis en pension à Melbourne puis il entame brièvement des études de peinture. En 1973, il fait la connaissance de Mick Harvey, musicien multi-instrumentiste, avec qui il monte un groupe de punk-rock, The Boys Next Door, qui donne de nombreux concerts locaux et publie l’album Door, Door en 1979. Le groupe change plusieurs fois de nom, devient The Birthday Party et, en 1980, se fixe à Londres où règne déjà la culture « gothique ». La compagne de Cave, la chanteuse Anita Lane, et le guitariste Rowland S. Howard font partie du groupe. De 1980 à 1983, cette collaboration artistique est féconde – en témoigne la parution de cinq albums –, mais l’abus de drogues et d’alcool ainsi que l’affrontement des ego entraînent la dissolution du groupe en 1983.

À l’instar de David Bowie ou Lou Reed quelques années plus tôt, Nick Cave s’installe à Berlin, alors considéré comme un haut lieu de la contre-culture. Il y restera trois ans au cours desquels il fonde avec Mick Harvey (alors à la batterie) le groupe Nick Cave and the Bad Seeds, dont le nom exprime clairement le statut de leader qu’occupe désormais le chanteur. Y figurent à l’origine l’Allemand Blixa Bargeld (également chanteur du groupe Einstürzende Neubauten) et l’Australien Hugo Race aux guitares, ainsi que le Britannique Barry Adamson à la basse. Dès les premiers albums du groupe, From Her to Eternity (1984) ou encore Your FuneralMy Trial et Kicking against the pricks (1986), Nick Cave se plaît à incarner différents personnages au gré de ses humeurs et des histoires mises en scène dans un style fortement narratif. De plus, l’évolution de son univers musical influence considérablement les compositions du groupe. Son arrestation pour usage de stupéfiants en 1988 et la cure de désintoxication qui s’ensuit l’engagent à quitter l’Europe pour São Paulo au Brésil où il compose, toujours avec les Bad Seeds, The Good Son (1990), un album dans lequel il délaisse pour un temps sa voix rageuse et explosive pour des modulations de crooner. Durant ces années, le chanteur connaît différentes femmes et devient père à plusieurs reprises. Avec Henry’s Dream (1992), il surprend encore : cette fois, loin de l’après-punk, l’univers musical est celui du gospel et du folk. En 1993, Nick Cave retourne vivre en Angleterre, à Brighton, avec son épouse, l’actrice et mannequin Susie Brick.

S’il effectue des tournées en solo à partir de 1990, s’il est amené à fonder avec certains membres des Bad Seeds un nouveau groupe, Grinderman, au son blues-rock brut et rageur, s’il doit assumer le départ de Mick Harvey, il n’abandonne pas pour autant les Bad Seeds : Let Love In paraît en 1994, Murder Ballads en 1996, No more shall we part en 2001 et Abattoir Blues/The lyre of Orpheus en 2004.

La production musicale de Nick Cave manifeste fortement son admiration pour d’autres artistes : John Lee Hooker, Blind Lemon Jefferson et surtout Elvis Presley. Il s’approprie avec brio de nombreux titres: The Singer de Johnny Cash, Let it be et Here comes the sun des Beatles, Avalanche de Leonard Cohen, I’m so lonesome I could cry de Hank Williams et même What a wonderful world de Louis Armstrong. Il collabore le temps d’un duo avec la chanteuse pop Kylie Minogue sur le titre Where The Wild Roses Grow et enregistre une nouvelle version d’Henry Lee avec la Britannique PJ Harvey. Nick Cave ajoute à sa carrière musicale une activité littéraire et cinématographique. Très jeune, il avait écouté son père lui lire Shakespeare, Dostoïevski ou Nabokov. Lui-même lit des textes de Blaise Pascal sur l’album All pretty little horses (2004) du groupe Current 93 et rédige une préface de l’Évangile selon Marc pour une édition de poche de la Bible. En 1988, King ink réunit divers textes et chansons ainsi que des pièces de théâtre. Parmi ses romans, on retiendra Et l’âne vit [...]

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Michel P. SCHMITT, « CAVE NICK (1957- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nick-cave/