NEUROSCIENCES SOCIALES

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Conclusions

Tous les phénomènes psychologiques et sociaux sont sous-tendus par des mécanismes neurobiologiques et moléculaires qui sont, dès la naissance, réciproquement influencés par l’environnement physique et social dans lequel les organismes interagissent. Les neurosciences sociales considèrent que les relations entre les domaines biologiques et sociaux sont bidirectionnelles et réciproques : les événements neurochimiques influencent les processus sociaux, et les processus sociaux influencent la neurochimie de l’individu. L’articulation des niveaux d’analyse biologiques, cognitifs et sociaux favorise une explication plus complète et intégrée du fonctionnement de l’esprit humain et des comportements sociaux. Les humains sont des systèmes biosociologiques complexes, qui ne peuvent pas être compris par une simple extrapolation des propriétés de leurs composants élémentaires. Le meilleur indice prédictif des comportements sociaux est une combinaison complexe de facteurs situationnels, sociaux et de personnalité, qui eux-mêmes incluent des aspects génétiques, développementaux et physiologiques. Les interactions réciproques entre un organisme et son milieu sont orchestrées à de multiples niveaux afin de maintenir un équilibre au sein de cet organisme. Les neurosciences sociales constituent un domaine de recherche passionnant et en pleine croissance qui a potentiellement de nombreuses applications dans divers aspects de notre vie quotidienne bien au-delà du monde universitaire ; par exemple, dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la justice et des politiques publiques. Il est donc essentiel que cette approche articule différents niveaux d’analyse pour fournir une compréhension plus globale tenant compte de la complexité inhérente aux processus sociaux. Sans cette approche multidisciplinaire, l’analyse conduit à une vue partielle et naïve de la façon dont les phénomènes sociaux et les mécanismes biologiques sont reliés.

Enfin, il est important de souligner que la compréhension et l’articulation des lois qui relient les différents niveaux d’analyse ne conduisent pas à réduire ou éliminer les niveaux plus élevés de ces analyses. Les constructions intellectuelles et les études des économistes comportementaux ou des psychologues sociaux sont précieuses à côté de celles offertes par la biologie et l’écologie. Elles peuvent et doivent cependant être informées et affinées par l’intégration de théories et méthodes issues des neurosciences sociales. En comblant le fossé entre les études animales et humaines, les neurosciences sociales contribuent à une meilleure compréhension des mécanismes par lesquels l’environnement social influe sur notre bien-être (facteurs de stress, support social, durée de vie, etc.). Le transfert des connaissances doit être fait en étant attentif aux différences entre les espèces, basées sur les adaptations évolutives spécifiques.

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Écrit par :

  • : professeur de psychiatrie et de psychologie à l'université de Chicago, Illinois (États-Unis)

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Pour citer l’article

Jean DECETY, « NEUROSCIENCES SOCIALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/neurosciences-sociales/