NERVEUX (SYSTÈME)Le tissu nerveux

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Morphologie et structure du neurone

Taille

La taille des neurones est très variable, à la fois pour le péricaryon et les prolongements. Le corps cellulaire des grains du cervelet ne dépasse pas 5 μm de diamètre ; il est donc plus petit qu'un globule rouge. Celui des motoneurones de la moelle épinière des Mammifères atteint 50 μm. Chez les Vertébrés, le record de taille semble être détenu par la cellule de Mauthner du bulbe rachidien des Poissons, qui atteint 500 μm de long sur 30 de large au maximum. Dans ce cas, d'ailleurs, la limite entre dendrites et péricaryon est imprécise. Le record absolu de taille du péricaryon appartient sans doute aux neurones géants de certains ganglions de l'aplysie, Mollusque gastéropode marin, qui peuvent atteindre jusqu'à un millimètre de diamètre.

Neurone du cervelet

Photographie : Neurone du cervelet

Un neurone du cervelet : le panache dendritique développe son arborescence au-dessus du corps cellulaire conique d'où prend naissance, à l'opposé, un axone fin et peu ramifié. 

Crédits : David Becker/ Getty Images

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La longueur des prolongements, et tout spécialement de l'axone, est également très variable. De l'ordre de un mètre pour certains motoneurones spinaux chez l'Homme, elle n'excède pas quelques centaines de micromètres pour de nombreuses cellules d'association. Dans les cas extrêmes comme celui des motoneurones, le volume de l'axone peut représenter plusieurs milliers de fois celui du corps cellulaire.

Types morphologiques

Les types morphologiques sont extrêmement variés, et on n'en donnera ici que quelques exemples, regroupés selon la classification adoptées par Ramón y Cajal, qui a pris pour base le nombre des prolongements (fig. 2).

Types de neurones

Dessin : Types de neurones

Types morphologiques de neurones (d'après Cajal). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Neurones multipolaires

a) Neurones à cylindraxe long (type I de Golgi) :

– de forme étoilée : tels motoneurones spinaux, neurones ganglionnaires rétiniens, sympathiques ;

– à dendrites polarisées : cellules pyramidales du cortex cérébral (fig. 2a), de la corne d'Ammon, cellules mitrales du bulbe olfactif ;

– à panache dendritique monopolaire : cellules de Purkinje du cervelet, grains de la fascia dentata, par exemple.

b) Neurones à cylindraxe court (type II de Golgi) :

– cellules de type II de Golgi du cervelet et du cortex ;

– cellules à corbeilles du cervelet.

c) Neurones sans cylindraxe reconnaissable : cellules amacrines de la rétine (fig. 2b).

Neurones bipolaires

– Cellules neurosensorielles des Invertébrés et de l'épithélium olfactif des Vertébrés (fig. 2c).

– Neurones bipolaires de la rétine.

Neurones unipolaires

– Neurones ganglionnaires des Invertébrés (fig. 2d).

– Neurones des ganglions rachidiens (2e).

Cytologie

On n'insistera ici que sur ce qui est particulier au neurone, qui contient tous les organites habituels d'une cellule standard.

La figure 3 représente un motoneurone spinal multipolaire dont l'axone, très long, est protégé par une gaine de myéline. (cf. Les prolongements du neurone).

Membrane

Morphologiquement, la membrane apparaît d'une parfaite banalité (membrane à trois feuillets, de 7,5 nm d'épaisseur). Cela signifie simplement que, sans l'aide de la biologie moléculaire, la seule morphologie est incapable de mettre en évidence des différences ni avec les autres cellules ni entre les diverses régions de la membrane d'un même neurone, dont on sait cependant bien, par la physiologie, que les récepteurs et les propriétés de perméabilité ionique sont différents.

Noyau

Les neurones possèdent généralement un noyau volumineux, peu colorable, contenant un gros nucléole. Les pores nucléaires sont généralement nombreux et très apparents.

Corps de Nissl

Les neurones ont la propriété très générale de fixer dans leur cytoplasme les colorants basiques, propriété due à leur richesse en acide ribonucléique (ARN). Cette basophilie peut être diffuse, mais peut aussi se concentrer sur des sortes de grumeaux, les corps de Nissl, du nom de l'auteur qui les a décrits (1889, 1894) sous le nom de substance tigroïde (ou substance chromidiale). La microscopie électronique a établi que la basophilie est liée à la présence de ribosomes. Ceux-ci peuvent être dispersés dans le cytoplasme, mais ils peuvent également être associés à des saccules de réticulum endoplasmique formant des amas ordonnés, qui sont les corps de Nissl.

La présence de ribosomes est limitée au péricaryon et aux dendrites, surtout dans leur partie proximale. Sauf dans son segment initial, l'axone en est très généralement dépourvu.

Neurofibrilles, neurofilaments, microtubules

Les neurofibrilles sont des filaments dont la finesse peut aller jusqu'aux limites d [...]

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Neurone

Neurone
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Motoneurone

Motoneurone
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Neurone du cervelet

Neurone du cervelet
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Types de neurones

Types de neurones
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Écrit par :

  • : professeur honoraire à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

Jacques TAXI, « NERVEUX (SYSTÈME) - Le tissu nerveux », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nerveux-systeme-le-tissu-nerveux/