NÉO-PLATONISME

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Genèse du néo-platonisme

Les néo-platoniciens sont essentiellement tournés vers Platon, non comme vers un moment historique, mais comme vers un enseignement éternellement actuel et capable d'éclairer les problèmes les plus nouveaux. Ils appartiennent à l'ère des commentateurs et se veulent uniquement tels. Mais peut-être en vertu de ce projet même et à leur insu sont-ils créateurs.

Proclos, par exemple, a commenté de nombreux dialogues platoniciens. Plusieurs de ces commentaires ont péri, mais on possède ceux de l'Alcibiade, du Timée, du Parménide, de La République, et des notes sur le Cratyle. En outre, les ouvrages plus systématiques du même auteur tels les Éléments de théologie et la Théologie platonicienne se présentent, non sans imprudence, comme des traités platoniciens. Plus élémentaire, un petit manuel néo-platonicien qui est anonyme doit sortir des milieux alexandrins du vie siècle, les Prolégomènes à la philosophie de Platon.

Près de sept siècles séparent de Platon le premier néo-platonicien. On pourrait croire qu'un si long intervalle, avec toutes les mutations qu'il implique, interdit de retrouver vivante la veine platonicienne. Mais Platon n'a jamais cessé d'être étudié, surtout dans les cercles pythagoriciens. Et aux premiers siècles de notre ère jaillissent des repousses des grandes doctrines antiques. Le stoïcisme connaît un nouveau souffle avec Sénèque, Épictète, Marc Aurèle. L'aristotélisme est déjà entré dans l'enseignement des écoles, où sa physique et surtout sa logique servent souvent d'introduction à la philosophie, même platonicienne. Les « moyens platoniciens » prétendent accorder Platon et Aristote même en métaphysique. Tentative q [...]


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Jean TROUILLARD, « NÉO-PLATONISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/neo-platonisme/