NÉO-LAMARCKISME

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Groupe de girafes

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Statue de Lamarck, Jardin des Plantes (Paris)

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Schéma théorique des différentes formes du néo-lamarckisme

Schéma théorique des différentes formes du néo-lamarckisme
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« Néo-lamarckisme », ambiguïté d'un terme

L'histoire des sciences n'est pas avare de situations ironiques. Les tribulations des termes « lamarckisme » et « néo-lamarckisme » en sont un bel exemple. Ces termes ont en effet popularisé le nom de Lamarck relativement à des concepts qui tenaient une place mineure chez le naturaliste français. Dès la fin du xixe siècle, ils ont été employés pour désigner des théories de l'évolution qui voyaient dans l'hérédité des caractères acquis le mécanisme majeur de la transformation du vivant. À ce moment, le néo-lamarckisme s'est constitué comme une réponse aux thèses néo-darwiniennes. Pour bien comprendre ce que fut le néo-lamarckisme, il est donc nécessaire de rappeler ce que fut le néo-darwinisme.

Charles Darwin (1809-1882), comme la grande majorité des naturalistes avant lui, pensait que les modifications acquises par un organisme au cours de sa vie pouvaient être transmises, au moins partiellement, à sa descendance. Il était en cela partisan de ce que l'on appela, à partir du milieu du xixe siècle, « l'hérédité des caractères acquis ». Le cas exemplaire de ce type de transformation fut d'abord celui que proposa Lamarck lui-même, en 1809, à propos de l'allongement du cou de la girafe : l'effort produit par une girafe au cours de son existence individuelle pour brouter les feuilles les plus hautes aboutit à l'agrandissement de son cou, caractère nouvellement acquis, qui sera ensuite transmis à sa descendance par hérédité.

Groupe de girafes

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Dans sa Philosophie zoologique (1809), Lamarck consacre un chapitre à « l'influence des circonstances sur les actions et les habitudes des Animaux ». Il y donne en exemple la girafe, dont le long cou et les jambes de devant plus longues que celles de derrière résultent, selon lui, de... 

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Si Darwin estimait que la sélection naturelle était le mécanisme majeur de l'évolution des espèces, il n'imaginait pas qu'il s'agissait du seul moteur de la transformation du vivant. Sa conception de l'évolution était pluraliste, et, à côté de la sélection naturelle, Darwin envisageait que d'autres facteurs – comme l'hérédité des caractères acquis – puissent jouer un rôle. Darwin, bien plus que Lamarck lui-même, était intéressé par les mécanismes éventuels qui pourraient permettre une hérédité des caractères acquis. Quelques [...]


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Écrit par :

  • : docteur en épistémologie et histoire des sciences, chargé de recherche au CNRS, professeur agrégé de sciences de la vie et de la Terre

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  • Écrit par 
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Dans le chapitre « Hérédité épigénétique et lamarckisme »  : […] Ces deux questions, celle de la nécessité de modifier la théorie synthétique et celle d’un retour du lamarckisme, sont souvent largement entremêlées. Il est pourtant indispensable de bien les distinguer, car elles ne s’impliquent pas mutuellement : il est possible qu’il faille amender la théorie synthétique de l’évolution sans pour autant que l’explication lamarckienne (re)devienne elle-même perti […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epigenetique-et-theorie-de-l-evolution/#i_47561

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Dans le chapitre « Impact et difficultés de la théorie darwinienne  »  : […] Quoique 1859 marque le début d'une diffusion rapide des idées de Darwin dans les milieux scientifiques, de nombreuses résistances se manifestèrent bientôt chez ceux qui en redoutaient les suites, et particulièrement la possibilité de rendre compte de la diversité du vivant sans recourir à quelque principe téléologique que ce soit (et donc, sans Dieu). Les rapports entre doctrine transformiste et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/evolution/#i_47561

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Pour citer l’article

Laurent LOISON, « NÉO-LAMARCKISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/neo-lamarckisme/