NAVIRESNavires de plaisance

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Historique

On ne sait pas vraiment à quelle époque remontent les premiers usages d'un navire pour le plaisir et la distraction. Les premiers plaisanciers naviguaient à la voile et, sans doute aussi, à la rame. Dès l'Antiquité, certaines galères furent utilisées pour des cérémonies, des fêtes, ou même des courses... La navigation à la voile s'est aussi développée sur les rives du Nil et en Méditerranée, dans les civilisations assyrienne, phénicienne, égyptienne... Cependant, la plupart des traités historiques datent l'origine de la plaisance beaucoup plus récemment, vers la fin du xvie siècle, aux Pays-Bas et en Angleterre.

Le mot anglais yacht, qui est couramment utilisé en français aujourd'hui pour désigner un navire de plaisance à moteurs, mais aussi souvent un voilier, a pour origine les mots néerlandais jaght schip, apparus vers la fin du xvie siècle. Le verbe jaghen, signifie chasser, poursuivre, et schip veut dire navire. Cette étymologie souligne que le navire de course est à la base et au centre du développement de la plaisance dès ses débuts.

La noblesse à la barre

Étant équipés de dérives (appendice de coque relevable permettant de faire varier le tirant d'eau), les premiers yachts néerlandais du xviie siècle étaient adaptés à une navigation par petits fonds le long des côtes et estuaires des Pays-Bas. Leur transposition en Angleterre donna des navires plus profonds, étroits et sans dérive. Les premières courses voyaient s'affronter les différents membres des familles royales d'Europe, et particulièrement d'Angleterre. Le roi Charles II et son entourage régataient ainsi sur les bords de la Tamise vers les années 1670. La navigation de plaisance était alors une activité exclusivement réservée à la noblesse. La plupart des yachts étaient inscrits sur les registres des marines de guerre officielles. Leur nombre était restreint, par exemple quelques dizaines en Angleterre vers la fin du xviie siècle.

Le rassemblement des équipages de ces yachts, ainsi que l'organisation de rencontres ou de courses sont à l'origine de la création des fameux yachts clubs (on dirait aujourd'hui clubs ou sociétés nautiques), hauts lieux de l'aristocratie et de la noblesse. Les premiers d'entre eux semblent être le Water Club de Cork, apparu en Irlande du sud vers 1720, puis la Cumberland Sailing Society, créée en 1775 et devenue en 1823 le Royal Thames Yacht Club, et le Yacht Club, fondé en 1815 à Londres et devenu en 1833 le Royal Yacht Squadron. Ce dernier, installé à Cowes, va contribuer à faire de cette ville et du Solent (un bras de mer entre l'île de Wight et la côte) le lieu de communion de la plaisance britannique. Ces trois précurseurs font école puisque des structures se développent sur leur modèle dans la première moitié du xixe siècle en Angleterre, comme ailleurs.

Le premier club français date de 1838, prenant en 1842 le nom de Société des régates du Havre. Il organise, en juillet 1840, les premières régates françaises à la voile. Le New York Yacht Club est quant à lui créé en 1844.

La plaisance se montre déjà comme un moteur d'évolution et d'innovation dans l'architecture navale, la recherche de la vitesse et de la manœuvrabilité forçant le progrès. La confrontation de navires de guerre et de yachts peut tourner à l'avantage de ces derniers, à l'image de la brigantine (voilier à deux mâts et voiles rectangulaires) Waterwitch, propriété de lord Belfast, qui s'impose devant celles de la Royal Navy vers 1840.

Cependant, la révolution industrielle du xixe siècle va précipiter la fin de la navigation commerciale à la voile et, paradoxalement, ouvrir une ère nouvelle pour la plaisance.

Les plus beaux voiliers de commerce de cette époque, les grands clippers, s'affrontaient dans des courses océaniques, ancêtres des courses actuelles autour du monde, comme la course du Thé. L'une des plus célèbres fut celle de 1866. Les clippers Ariel et Taeping, partis de Chine, arrivent dans l'estuaire de la Tamise avec 10 minutes d'écart à l'issue de 99 jours de navigation. Ces exploits, qui rappellent certaines arrivées de courses océaniques contemporaines, n'empêchent pas l'avènement de la navigation à vapeur, avec des navires à roues à aubes, puis à hélices, qui vont emprunter le canal de Suez, ouvert depuis 1869, plutôt que le Pacifique et le cap Horn.

L'évolution de la société et le développement du yachting a [...]

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Écrit par :

  • : ingénieur de l'armement (génie maritime), architecte naval, président du bureau d'architecture André Mauric

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Pour citer l’article

Jean-Charles NAHON, « NAVIRES - Navires de plaisance », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/navires-navires-de-plaisance/