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Sous-marins

Historique

Les différentes marines militaires ont vu dans le sous-marin un moyen privilégié d'attaquer les bâtiments de surface. C'est que ce type de bâtiment possédait la qualité absolument nouvelle de se rendre invisible aux veilleurs quelle que soit l'acuité de leur vue, et présentait de ce fait le caractère d'un danger imprévisible, semant le désarroi parmi les participants au combat naval. Après les tâtonnements du xixe siècle, les ingénieurs inventeurs, tels M. Laubeuf en France ou J. P. Holland aux États-Unis, disposant à la fin du xixe siècle et au début du xxe des éléments fondamentaux nécessaires (accumulateurs électriques, moteurs électriques, machines à vapeur alimentées au pétrole), pouvaient dessiner et faire construire de véritables sous-marins militaires dont l'arme, la torpille, était alors bien au point. L'évolution continue du sous-marin a ensuite été marquée soit par l'impulsion donnée par les deux guerres mondiales et la période de tension puis de dissuasion qui fit suite à la Seconde Guerre mondiale, soit par des évolutions technologiques, en particulier dans le domaine de la propulsion ; le moteur Diesel a d'abord supplanté la machine à vapeur dont l'arrêt au moment de la plongée était particulièrement long ; le schnorchel, qui évite le retour en surface pour la recharge des batteries, s'est ensuite imposé ; la propulsion nucléaire enfin, qui évite les retours en surface ou au voisinage de celle-ci, a permis de réaliser le rêve des anciens sous-mariniers : la plongée continue en utilisant un moteur unique.

Sous-marin Scorpène

Photographie : Sous-marin Scorpène

Le «Scorpène», sous-marin conventionnel (non nucléaire) français destiné à l'exportation, bénéficie des derniers développements en matière de systèmes de combat et de discrétion acoustique. 

Crédits : DCNS

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L'évolution technique le permettant, les enseignements des deux guerres mondiales et les nécessités de la non-guerre qu'engendre la dissuasion ont eu sur les mutations du sous-marin un poids prépondérant : c'est au cours de la Première Guerre mondiale que l'emploi de l'observateur aérien, porté par un avion ou un ballon captif, a montré que le sous-marin à faible immersion n'était pas invisible si l'eau était peu agitée et transparente. Les sous-marins en service, dont l'immersion maximale était alors de 35 mètres, pour leur permettre de passer périscope hissé sous les plus gros navires de ligne, ont vu leur immersion maximale portée à 50 mètres sans modifications. Entre les deux guerres, les sous-marins étaient généralement conçus pour une immersion maximale de l'ordre de la centaine de mètres.

De même, au cours de la Seconde Guerre mondiale, le développement de l'aviation de patrouille maritime a tout d'abord contraint les sous-marins à ne faire surface pour charger leur batterie qu'au cours de la nuit. Ensuite, le développement de radars aéroportés décimétriques puis centimétriques a rendu impossible la vie du sous-marin chargeant de nuit en surface, d'autant que, par leurs émissions secondaires dues à des défauts de conception, certains détecteurs de radar utilisés pour déceler la présence d'avions hostiles manifestaient de manière sûre la présence du sous-marin ! Nul doute que cette situation dramatique a été le facteur puissant qui a poussé les Allemands au développement d'un système permettant de faire fonctionner les moteurs Diesel à faible immersion en plongée, connu maintenant sous le nom de « schnorchel ». Ce système avait été inventé aux Pays-Bas avant la Seconde Guerre mondiale, mais son développement avait été interrompu par la guerre.

Avec le recul, on constate que toutes les évolutions du sous-marin ont eu pour conséquence essentielle de maintenir la qualité militaire primordiale que constitue pour ce type de bâtiment la discrétion.

Caractéristiques générales

Le fait de naviguer en plongée impose au sous-marin des sujétions particulières qui sont examinées plus loin. Comme pour tout navire, l'équilibre du sous-marin est régi par le principe selon lequel la poussée d'Archimède doit être égale au poids. Mais, pour un corps complètement immergé, donc en l'absence d'une surface de flottaison, la poussée d'Archimède est invariable. Pour maintenir l'équilibre du sous-marin en plongée, il est donc nécessaire, au stade du projet, de prévoir la répartition du volume et des poids avec une grande précision et, en service, de pouvoir ajuster cet équilibre, ce qui est réalisé à l'aide de ballasts.

Le sous-marin doit pouvoir se déplacer dans un plan vertical, d'où la présence de barres de plongée. Son appareil propulsif doit pouvoir fonctionner sans apport d'oxyg [...]

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Pour citer l’article

Régis BEAUGRAND, André BERNARDINI, Jean LE TALLEC, Marc MENEZ, Jean TOUFFAIT, « NAVIRES - Navires de guerre », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/navires-navires-de-guerre/