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Chantiers navals : généralités

Le chantier naval est le point de convergence de tout un réseau de fournisseurs de produits et de services. C'est là que, après l'étude du projet, sont assemblées les tôles qui constitueront la structure du bâtiment, là où seront embarqués tous les équipements nécessaires à la propulsion, à la navigation, au chargement et au déchargement de la cargaison du navire, là où ce dernier prendra sa forme définitive, où il sera mis à l'eau et probablement « baptisé ». Il est d'ailleurs symbolique que le terme même de « chantier » figure dans la dénomination sociale de nombreuses entreprises de construction de navires.

Montage de la coque et mise à l'eau

Le montage de la coque et sa mise à l'eau sont exécutés de plusieurs façons possibles.

Longtemps, les navires ont été construits sur des aires inclinées, d'une pente de 4 à 7 p. 100, appelées cales. La coque en cours de montage, son arrière dirigé vers la côte dans la quasi-totalité des cas, repose sur la cale par l'intermédiaire de supports, appelés tins, d'une hauteur suffisante pour permettre le soudage des fonds. La mise à l'eau du bateau, appelée lancement, consiste, après l'avoir libéré de ses attaches, à le faire glisser sur les tins dont la surface supérieure, en bois, aura été préalablement graissée. Le frottement de chaînes sur le sol permet, si besoin est, de freiner le navire dans sa course et de l'arrêter.

Si le chantier est situé au bord d'une rivière, et surtout si celle-ci est étroite, un lancement du navire par le côté est parfois réalisé, la coque étant alors évidemment montée parallèlement à cette rivière.

Les grands chantiers navals possèdent généralement, depuis le milieu du xxe siècle, des « cales sèches », encore appelées « formes », qui sont isolées de la mer par des portes étanches. La construction du navire est alors effectuée sur un plan horizontal (et non plus incliné) et sa mise à l'eau se fait simplement par remplissage de la forme. Le navire est construit par blocs qui sont soulevés à l'aide de portiques dont la capacité de levage peut dépasser 1 000 tonnes. Le passage aux cales sèches s'est opéré, dans l'ensemble, après 1950, parallèlement au développement de la soudure pour l'assemblage des éléments en remplacement du rivetage. L'inconvénient majeur des cales sèches réside dans leur coût d'investissement. Aussi certaines solutions alternatives ont-elles été adoptées depuis quelques années, par exemple lorsque la place vient à manquer sur certains chantiers dont la production s'est beaucoup développée. La coque est alors construite à plat sur une dalle en béton, soit complètement, soit en plusieurs tranches. La coque ou ses éléments sont ensuite transférés sur un dock flottant, puis assemblés avant la mise à l'eau. Le passage de la coque, en un seul bloc ou en éléments, de la terre ferme au dock flottant est une opération délicate compte tenu de la nécessité de réaliser à chaque instant un équilibre du dock.

D'autres solutions originales de mise à l'eau sont parfois mises en œuvre, par exemple si la construction a lieu dans un atelier couvert (cas des sous-marins à Cherbourg par exemple).

Chantiers navals de Saint-Nazaire

Photographie : Chantiers navals de Saint-Nazaire

Vue de la forme de construction des chantiers navals de Saint-Nazaire (autrefois appelés Chantiers de l'Atlantique puis Aker Yards et, depuis novembre 2008, STX Europe), l'une des plus grandes au monde. D'une longueur de 900 mètres et équipée d'un portique d'une capacité de levage de... 

Crédits : B. Biger/ Aker Yards

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Armement du navire et délais de construction

Les travaux d'armement comprennent le montage des emménagements (lieux de vie,...), de l'appareil propulsif, des auxiliaires et des divers équipements nécessaires aux opérations de manutention et d'arrimage de la cargaison, à la navigation, aux communications, à la sécurité et à la vie de l'équipage.

Longtemps, la phase d'armement a été disjointe de la phase de construction de la coque et exécutée alors que le navire était déjà à flot, amarré à un quai dit d'armement. Cela pesait évidemment beaucoup sur les délais de livraison. Progressivement, l'armement a été de plus en plus intégré à la construction de la coque. De nos jours, il commence dès la fabrication des panneaux de quelques dizaines de tonnes (panneaux dits pré-armés), se poursuit lors du montage des « blocs » de quelques centaines de tonnes, pour se terminer au quai d'armement. Il en est résulté un gain de temps très important. Aujourd'hui, la construction d'immenses paquebots de 100 000 tonnes brutes demande moins de deux ans, temps qu'il fallait il y a cinquante ans pour réaliser un simple cargo de 10 000 tonnes de port en lourd.

Le personnel du chantier

La main-d'œuvre d'un chantier naval comporte normalement [...]

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Chantiers navals de Saint-Nazaire

Chantiers navals de Saint-Nazaire
Crédits : B. Biger/ Aker Yards

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Chantier naval au Japon

Chantier naval au Japon
Crédits : Express/ Hulton Archive/ Getty Images

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Navires : évolution des commandes mondiales

Navires : évolution des commandes mondiales
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Navires : constructeurs

Navires : constructeurs
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Écrit par :

  • : conseiller technique à la chambre syndicale des chantiers navals, Paris

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Pour citer l’article

Boris FEDOROVSKY, « NAVIRES - Construction navale », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/navires-construction-navale/