NATURE WRITING, littérature

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Oiseau Anhinga-Anhinga, J. J. Audubon

Oiseau Anhinga-Anhinga, J. J. Audubon
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Le Cours de l’Empire. Désolation, T. Cole

Le Cours de l’Empire. Désolation, T. Cole
Crédits : The New York Historical Society/ Getty Images

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A Storm in the Rocky Mountains. Mt. Rosalie (Orage dans les montagnes Rocheuses), A. Bierstadt

A Storm in the Rocky Mountains. Mt. Rosalie (Orage dans les montagnes Rocheuses), A. Bierstadt
Crédits : Geoffrey Clements/ Corbis Historical/ VCG via Getty Images

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Écologie de surface et écologie profonde

Ce faisant, les écrivains de la nature souscrivent implicitement à la distinction établie par Arne Naess, l’un des fondateurs du courant philosophique contemporain de l’éthique environnementale, entre « écologie de surface » et « écologie profonde ». Alors que l’écologie « de surface » propose des solutions techniques à la crise environnementale, l’écologie profonde préconise un changement de paradigme culturel, voire un nouveau modèle de civilisation. Elle invite à passer de la vision anthropocentrée qui a animé la modernité occidentale, faisant de l’homme le « maître et possesseur de la nature » (Descartes), à une vision biocentrée, fondée sur un principe d’égalitarisme, traduisant en termes idéologiques et moraux le principe écologique de l’interdépendance de toutes les formes du vivant. La distinction entre ces deux visions est au cœur de l’éthique environnementale telle que la pratiquent les philosophes John Baird Callicott ou Paul Taylor. Et c’est bien cette approche biocentrée que les écrivains de la nature traduisent en termes poétiques – certains écriront poéthiques – dans leur écriture. La vogue actuelle du genre peut parfois conduire les éditeurs à présenter comme « écrivains de la nature » des auteurs à qui elle sert de simple cadre à une intrigue centrée sur l’humain. Mais les véritables « écrivains d’environnement », pour reprendre l’expression et la définition de Lawrence Buell, l’un des fondateurs de l’écocritique avec The Environmental Imagination (1995), font de la relation entre l’homme et la nature leur objet principal tout en suggérant que l’intérêt de l’homme n’est pas le seul intérêt légitime. Notons également que de nombreux auteurs amérindiens, notamment Scott Momaday, Leslie Marmon Silko, James Welch, ou mieux encore Linda Hogan, qui puisent dans l’héritage culturel des peuples premiers une vision syncrétique des formes du vivant, sont rarement identifiés comme écrivains de la nature mais devraient l’être à part entiè [...]


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Yves-Charles GRANDJEAT, « NATURE WRITING, littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nature-writing-litterature/