NATURE MORTE

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L'Antiquité classique : trompe-l'œil et « Carpe diem »

La nature morte en tant que genre pictural à part entière trouve son origine en Grèce, au début de la période hellénistique, quand apparaît, à côté de la peinture monumentale (mégalographie) ou sur panneau d'inspiration mythologique et historique, un art tourné vers la nature et la vie quotidienne, privilégiant la description de victuailles, de fleurs et de menus objets (rhopographie). De cette production ne nous sont parvenus, hélas, que des copies et des dérivés tardifs : mosaïques et fresques romaines du ier siècle avant J.-C. au ive siècle, découvertes notamment en Campanie (Pompéi, Herculanum) et sur certains sites d'Afrique du Nord.

Nature morte avec des œufs et une cruche de lait

Nature morte avec des œufs et une cruche de lait

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Nature morte avec des œufs et une cruche de lait, peinture murale romaine, Ier siècle. Villa di Giulia Felice, Pompéi, Italie. 

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Selon le témoignage de Pline l'Ancien (Histoire naturelle), le plus illustre adepte du genre aurait été un certain Piraeicos (ive-iiie siècle ?), auteur de tableaux (tabellae) représentant des artisans au travail, des animaux ou des « provisions de bouche et autres denrées du même type » (obsonia ac similia), qui font penser aux xenia, ces présents de vivres que les Grecs fortunés mettaient à la disposition de leurs hôtes. Le fait que Piraeicos ait été surnommé rhyparographos (« peintre de choses sordides ») est à mettre au compte d'une hiérarchie des valeurs esthétiques, d'inspiration littéraire, qui préfigure celle en vigueur en France au xviie siècle, mais dissimule mal le succès d'un genre prisé avant tout pour ses effets illusionnistes : depuis Apollodore, inventeur de la « skiagraphie » (jeu des ombres et des lumières) et le naturaliste Zeuxis (env. 464 avant J.-C.-env. 398 avant J.-C.), l'esthétique du trompe-l'œil prévaut dans la peinture} grecque, inspirant entre autres chefs-d'œuvre la mosaïque dite asarotos oïkos (« la chambre mal balayée ») de Sosos de Pergame (iiie siècle avant J.-C. ; perdue, mais connue par une copie du iie siècle apr. J.-C.). En marge du domaine proprement pictural, on peut mentionner ég [...]


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Nature morte avec des œufs et une cruche de lait

Nature morte avec des œufs et une cruche de lait
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Nature morte à la tourte, au citron et au pain, P. Claesz

Nature morte à la tourte, au citron et au pain, P. Claesz
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Vanité ou Allégorie de la vie humaine, P. de Champaigne

Vanité ou Allégorie de la vie humaine, P. de Champaigne
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Nature morte avec lièvre, fruit et perroquet, J. Fyt

Nature morte avec lièvre, fruit et perroquet, J. Fyt
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Pour citer l’article

Robert FOHR, « NATURE MORTE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nature-morte/