NATHAN LE SAGE, Gotthold Ephraim LessingFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les trois monothéismes

L'action se déroule à Jérusalem durant la troisième croisade, à la fin du xiie siècle. Rentrant de voyage, le juif Nathan apprend que sa fille Recha aurait péri dans l'incendie qui a ravagé sa maison sans l'intervention d'un jeune Templier, amené comme prisonnier à Jérusalem et gracié par le sultan Saladin en raison de sa ressemblance avec Assad, frère disparu du sultan. Recha ignore qu'elle n'est pas la véritable fille de Nathan, mais une chrétienne qu'il a recueillie après que sa femme et ses sept fils eurent été assassinés par les chrétiens. Nathan veut remercier le jeune Templier. Mais, manifestement, celui-ci ne souhaite pas se rendre à l'invitation d'un juif. Pourtant Nathan parvient à le rencontrer. Par ses propos ouverts et tolérants qui impressionnent le Templier, il le décide à rendre visite à Recha : « Méprisez mon peuple autant qu'il vous plaira. Ni vous ni moi n'avons choisi notre peuple. Sommes-nous notre peuple ? Qu'est-ce que cela veut dire, peuple ? Le chrétien et le juif sont-ils chrétien et juif avant d'être homme ? »

Une seconde action vient se greffer sur celle-ci. Saladin, ruiné par ses largesses, a besoin d'argent. Il décide de solliciter Nathan et, sur les conseils de sa sœur Sittah, tente de lui tendre un piège : il lui demande quelle est pour lui, du christianisme, du judaïsme et de l'islam, la vraie religion, pensant ainsi mettre sa sagesse à l'épreuve et le contraindre à parler contre l'islam ou à se renier. Mais Nathan répond par la parabole des trois anneaux empruntée au Décaméron de Boccace : ne pouvant décider auquel de ses trois fils il remettra l'anneau qui lui donnera la préséance sur les deux autres, un père, avant de mourir, fait confectionner trois anneaux identiques. Après sa mort, les fils se disputent, chacun étant convaincu de son bon droit, et font appel à un juge. Celui-ci se déclare incapable de prononcer une sentence : les trois fils sont égaux devant Dieu. À chacun d'eux d'imiter «  [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

  • : professeur au département des arts du spectacle à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-la Défense, traducteur, dramaturge

Classification

Autres références

«  NATHAN LE SAGE, Gotthold Ephraim Lessing  » est également traité dans :

LESSING GOTTHOLD EPHRAIM (1729-1781)

  • Écrit par 
  • Pierre GRAPPIN
  •  • 1 377 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Pour un théâtre allemand »  : […] La famille Lessing était établie à Kamenz, en Lusace (Saxe) : c'est là que naquit Gotthold Ephraim Lessing . Son père, pasteur luthérien, lui fit donner une excellente formation grecque, latine et française avant de l'envoyer étudier la théologie à Leipzig. Un an plus tard, après un violent conflit avec lui, Lessing abandonnait les études de théologie, passait pour peu de mois à la médecine et, fi […] Lire la suite

MARLEAU DENIS (1954- )

  • Écrit par 
  • Raymonde TEMKINE
  •  • 1 304 mots

Né à Québec en 1954, directeur depuis 1982 de la Compagnie Ubu qu'il a fondée et avec laquelle il a créé vingt spectacles, Denis Marleau pratique aussi bien le montage de textes que l'adaptation d'écrits non théâtraux et la mise en scène d'œuvres dramatiques. Les montages sont réalisés surtout dans les années 1980. Le jeune metteur en scène se sent alors très proche des dadaïstes, Tzara ( Cœur à g […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean-Louis BESSON, « NATHAN LE SAGE, Gotthold Ephraim Lessing - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nathan-le-sage/