NĀLANDĀ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un centre d'études mahāyāniques

À l'origine de l'histoire de Nālandā se rattache sans doute le village où Faxian – qui parcourut l'Inde au début du ve siècle – signala la présence d'un monument élevé, peut-être, sur les cendres de Śāriputra, fils spirituel du Buddha. La fondation d'un couvent, premier noyau de l'Université, doit être postérieure à la pérégrination du Chinois ; on l'attribue communément à l'empereur Kumāragupta Ier (414-455), en tenant compte notamment d'indications fournies par le récit que Xuanzang, le plus grand d'entre les moines pèlerins, laissa de son voyage en Inde à l'époque de Harṣa. Ce religieux éminent séjourna plusieurs fois à Nālandā ; le lecteur du xxe siècle lit avec intérêt le tableau qu'il en a brossé et que complètent les descriptions minutieuses des lieux, de la discipline monastique et des méthodes d'enseignement tracées quelque trente ans plus tard par son compatriote Yijing.

On estime à environ cinq mille le nombre de moines et de novices résidant alors à Nālandā et subsistant grâce aux revenus de plusieurs centaines de villages (donations royales). Ils pratiquaient la tolérance puisqu'une dizaine de sectes s'y trouvaient représentées. Les étudiants faisaient l'objet d'une sévère sélection : 20 à 30 p. 100 seulement des postulants étaient admis dans la communauté à la suite d'un examen de passage. Un enseignement très complet leur était dispensé, qui comprenait, outre les multiples branches du bouddhisme, les disciplines les plus variées ; à un stade avancé de leur formation, les étudiants prenaient part à des « séminaires » débattant de questions précises, et les plus doués se livraient à des joutes doctrinales parfois mémorables.

Les docteurs de Nālandā se réclamaient de la lignée spirituelle de Nāgārjuna (iie s.), auteur présumé des textes sur lesquels s'appuyèrent les théories sur la vacuité exposées par la secte des Mādhyamika et qui marquèrent l'essor de la dialectique bouddhique. Nālandā, centre du bouddhisme savant et scolastique, s'illustra dans la formation des spéculations propres au Mahāyāna (le « Grand Moyen de Progr [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages


Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

Classification


Autres références

«  NALANDA  » est également traité dans :

BOUDDHISME (Les grandes traditions) - Bouddhisme indien

  • Écrit par 
  • Jean FILLIOZAT, 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT
  •  • 10 625 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Des Gupta au XIIe siècle »  : […] La transformation la plus importante du bouddhisme est la formation d'une nouvelle branche qui n'a pas fait disparaître les anciennes écoles, mais a donné une nouvelle histoire à la religion. Il n'y a pas de date de schisme qui en marque la naissance. Il y a constitution progressive de nouvelles orientations, le plus souvent dues à de fortes personnalités. Elle se sont donné le nom de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bouddhisme-les-grandes-traditions-bouddhisme-indien/#i_23486

INDE (Arts et culture) - L'art

  • Écrit par 
  • Raïssa BRÉGEAT, 
  • Marie-Thérèse de MALLMANN, 
  • Rita RÉGNIER
  •  • 49 132 mots
  •  • 62 médias

Dans le chapitre « La sculpture »  : […] Le Buddha de style Gupta (env. iv e - v e  s. et vi e  s.) transfigure les types créés antérieurement. Se détachant sur un grand nimbe délicatement ouvragé, la face aux yeux mi-clos rayonne d'une sérénité recueillie. Les effigies sorties de l'atel […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/inde-arts-et-culture-l-art/#i_23486

Pour citer l’article

Rita RÉGNIER, « NĀLANDĀ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nalanda/