NABIS

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Les bases nouvelles de la peinture

De Bretagne, Sérusier avait rapporté un petit tableau Paysage du bois d'Amour, peint à Pont-Aven « sous la dictée de Gauguin ». « Paysage informe, écrit Maurice Denis, à force d'être synthétiquement formulé en violet, vermillon, vert Véronèse et autres couleurs pures telles qu'elles sortent du tube, presque sans mélange de blanc. « Comment voyez-vous cet arbre ? avait dit Gauguin : Il est bien vert ? Mettez donc du vert, le plus beau vert de votre palette ; et cette ombre, plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. » Ainsi nous fut présenté pour la première fois, sous une forme paradoxale inoubliable, le fertile concept de la « surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». Ainsi nous connûmes que toute œuvre d'art était une transposition, l'équivalent passionné d'une sensation reçue. » Cette petite peinture, montrée d'abord en grand secret, lors de la rentrée de 1888, à ses amis de l'académie Julian – Denis, Ibels, Ranson et Bonnard –, et bientôt à Roussel, René Piot et Vuillard, devint le témoin, le talisman de la doctrine nouvelle, et Sérusier devait l'offrir à Maurice Denis « comme une relique ».

Le Talisman, ou Paysage du bois d'Amour, P. Sérusier

Photographie : Le Talisman, ou Paysage du bois d'Amour, P. Sérusier

Paul SÉRUSIER, Le Talisman, ou Paysage du bois d'Amour, 1888, huile sur bois, 27 cm X 22 cm. Musée d'Orsay, Paris. Mention autographe au verso: "fait en octobre 88 sous la direction de Gauguin, par Paul Sérusier à Pont Aven". 

Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

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Quelques mois plus tard, en juin 1889, s'ouvrait au café Volpini, dans l'enceinte de l'Exposition universelle, « à l'ombre de la tour Eiffel toute neuve », l'exposition du groupe « impressionniste et synthétiste », c'est-à-dire des peintres réunis autour de Gauguin à Pont-Aven, et parmi eux Charles Laval, Louis Anquetin, Émile Bernard surtout, jeune artiste à qui Gauguin lui-même devait beaucoup pour l'évolution de son art vers la simplification ; à ce moment-là, dira Jan Verkade, « l'un était pour l'autre élève et maître ». Les œuvres exposées devaient confirmer en eux d'une façon décisive l'impression produite déjà par le petit paysage du bois d'Amour.

« Au lieu de fenêtres ouvertes sur la nature, comme les tableaux des impressionnistes, c'étaient des surfaces lourdement décoratives, puissamment coloriées et cernées d'un trait brutal, clo [...]

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Femme en rouge, P. Ranson

Femme en rouge, P. Ranson
Crédits : Bridgeman Images

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Le Ballon, F. Vallotton

Le Ballon, F. Vallotton
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Le Talisman, ou Paysage du bois d'Amour, P. Sérusier

Le Talisman, ou Paysage du bois d'Amour, P. Sérusier
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Félix Fénéon à la Revue blanche, F. Vallotton

Félix Fénéon à la Revue blanche, F. Vallotton
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Pour citer l’article

Antoine TERRASSE, « NABIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nabis/