NABATÉENS

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La langue et l’écriture

Le nabatéen fait partie de la famille de langues dite du sémitique du Nord-Ouest, qui comprend également le phénicien, l’hébreu et les différentes catégories d’araméen. Le nabatéen, comme le palmyrénien utilisé dans l’oasis syrienne de Palmyre ou le hatréen utilisé dans l’oasis de Hatra, au nord de l’Irak, est une variante dialectale de l’araméen. Ce dernier était devenu, à l’époque perse achéménide (550-330 av. J.-C.), une langue de communication entre des populations qui parlaient d’autres langues. Après la conquête de l’Empire perse par Alexandre le Grand, l’araméen a continué d’être utilisé pour communiquer par les sujets des monarchies séleucide et ptolémaïque. Mais, en l’absence de standardisation par l’administration impériale perse, des formes différentes d’araméen se sont développées. Le nabatéen est l’un des héritiers de cette diversification de l’araméen d’Empire.

L’alphabet nabatéen, qui comporte vingt-deux lettres, a été déchiffré par le savant allemand Eduard Beer en 1840 et la première grammaire a été publiée par le linguiste français Jean Cantineau en 1930. La très grande majorité des 7 000 inscriptions connues – et ce nombre ne cesse d’augmenter – est composée de graffiti dont le contenu se limite à une formule de souhait, généralement « Que soit sain et sauf », suivie du nom d’un individu et de celui d’un ou plusieurs de ses ascendants masculins. Ces graffiti ont été écrits le long de pistes caravanières, à proximité des sanctuaires ou des salles de banquet où se réunissaient les confréries religieuses. Une petite proportion de textes, guère plus de 10 p. 100, sont des épitaphes, des dédicaces religieuses ou des textes juridiques. On en trouve dans toutes les régions de Nabatène et même au-delà puisque quelques inscriptions nabatéennes ont été relevées à Pouzzoles et Rome (Italie), Milet, Cos et Délos (Grèce). L’inscription la plus ancienne est datée du début du ier siècle av. J.-C. et provient de Pétra tandis que l’inscription la plus récente est datée de 356 apr. J.-C. et vient de Hégra.

Aux milliers d’inscriptions s’ajoute une petite dizaine de documents juridiques privés écrits en nabatéen sur des papyri découverts dans les grottes de Nahal Hever dans le désert de Judée, datés de la fin du ier et du début du iie siècle apr. J.-C. Le nabatéen n’a cependant livré ni textes littéraires, ni annales royales, ni documents d’archives.

Le nabatéen, comme l’arabe et l’hébreu, se compose de droite à gauche. Seules sont écrites les consonnes et, dans certaines positions, les voyelles longues notées à l’aide de consonnes qui sont donc utilisées alternativement comme voyelles et comme consonnes. Un mot nabatéen apparaît donc comme une suite de consonnes auxquelles on ajoute, en le lisant, les voyelles correspondant au schème verbal ou nominal auquel il appartient, dérivé d’une racine de trois lettres. Par exemple, le schème correspondant au participe passif contient les voyelles e et î. Appliqué à la racine de trois lettres Q-T-L (tuer), QeTîL veut dire « tué », tandis que DeKîR (D-K-R) signifie « commémoré » et KeTîB (K-T-B) « écrit ».

Le nabatéen n’a pas disparu brutalement. Des recherches menées dans la péninsule Arabique depuis le début des années 2000 ont ainsi révélé l’existence d’une nouvelle catégorie de textes, appelés « nabatéo-arabes » car ils sont écrits dans des caractères transitoires entre le nabatéen et l’arabe. Ils sont datés entre la fin du iiie et le ve siècle apr. J.-C. On en connaît environ 170, provenant majoritairement du Hijâz, dans le nord-ouest de l’Arabie, qui est donc certainement un des foyers de naissance de l’écriture arabe. Vingt-cinq d’entre eux, relativement proches de l’arabe et datés pour partie au moins du ve siècle, ont été découverts en 2014 dans la région de Najrân, dans le sud de l’Arabie Saoudite.

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Le royaume nabatéen

Le royaume nabatéen
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Deux bétyles en relief posés dans une niche à édicule, Hégra (Arabie Saoudite)

Deux bétyles en relief posés dans une niche à édicule, Hégra (Arabie Saoudite)
Crédits : Laila Nehmé

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Intérieur d’un tombeau, Hégra (Arabie Saoudite)

Intérieur d’un tombeau, Hégra (Arabie Saoudite)
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Khaznah, Pétra (Jordanie)

Khaznah, Pétra (Jordanie)
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Laïla NEHMÉ, « NABATÉENS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nabateens/