MYXOMYCÈTES

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Les Myxomycètes sensu stricto

Cératiomyxales

Les Cératiomyxales comprennent un seul genre, Ceratiomyxa, constitué de trois espèces se développant sur les bois pourris : C. fruticulosa largement répandue et cosmopolite, les deux autres plus rares et tropicales. Le cycle est celui des Myxogastrales dont elles ne diffèrent que par le sporocarpe nu et la formation externe des spores.

Myxogastrales

Ordre numériquement beaucoup plus important que les précédents, les Myxogastrales sont riches d'environ quatre cent vingt espèces pour cinquante genres et dix familles. Toutes sont saprophytes, surtout lignicoles, et la plupart cosmopolites.

Le cycle de développement est relativement uniforme dans tout l'ordre.

Myxomycètes : cycle de développement

Dessin : Myxomycètes : cycle de développement

Cycle de développement des Myxomycètes, sensu stricto (d'après Engler's, 1954, Smith, 1955, et Gray et Alexopoulos, 1969) 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La spore, issue du sporocarpe, est pourvue d'une membrane et d'un noyau haploïde. Elle germe en donnant un myxoflagellé (myxamibe flagellée) de structure complexe, possédant à un des pôles deux flagelles inégaux avec centrosphères, à l'opposé une vésicule contractile, et en outre un noyau et des vacuoles digestives. Immédiatement ou après une période variable et un certain nombre de bipartitions, les myxoflagellés s'unissent avec plasmogamie, puis perdent leurs flagelles, et la caryogamie survient, menant à un myxozygote diploïde. Par agrégation de myxozygotes et surtout par bipartition de ceux-ci, il y a constitution d'un plasmode diploïde multinucléé. Après une période d'activité plus ou moins longue, il s'immobilise et se transforme en sporocarpe qui forme des spores, après méiose rétablissant des noyaux haploïdes.

Dans le cycle de développement des Myxogastrales, deux états offrent un intérêt tout spécial, le plasmode et le sporocarpe.

Plasmode

Le type primitif, ou protoplasmode, se réduit à une lame semi-fluide minuscule, amiboïde, à courants cytoplasmiques faibles. Le type le plus évolué, ou phanéroplasmode, a une structure beaucoup plus diversifiée, comportant un réseau de veines anastomosées, fortement ramifiées surtout vers la périphérie où les arbusculations terminales se fondent en une mince lame cytoplasmique plaquée sur le support, tout l'ensemble étant couvert de pseudopodes. La taille peut être considérable et, chez Fuligo septica (champignon de la tannée), atteindre couramment plusieurs décimètres carrés. Le cytoplasme, sans paroi propre, comporte un endoplasme très fluide, entouré d'un ectoplasme plus dense et incluant des noyaux soumis à des divisions synchrones, des mitochondries, des pigments figurés, des corpuscules calcaires ; on y observe aussi des vacuoles digestives et, parfois, périphériquement, des vacuoles pulsatiles. Les déplacements résultent de pulsations internes de l'endoplasme qui, s'inversant périodiquement sous l'influence de tropismes, se traduisent par une reptation sur le support. La nutrition se fait essentiellement par phagocytose, mais aussi par absorption de corps dissous dans l'eau. Les plasmodes des Myxomycètes ont souvent été cultivés, soit purs, soit associés à des bactéries leur servant de proies, et ils ont donné lieu à de multiples études en raison de leur taille, de leur absence de paroi, et des facilités d'observation qui en découlent.

Sporocarpe

Le pied, parfois absent, comporte une paroi membranacée résistante, souvent pigmentée, entourant un axe formé d'une masse d'aspect celluleux, et il peut se prolonger par une columelle dans la tête fertile. Celle-ci, de forme et de couleur variées, est entourée d'un péridium pourvu ou non de nodules ou de cristaux calcaires. L'intérieur est constitué de spores et, très souvent, de filaments stériles de forme variable, garnis ou non de masses calcaires, constituant le capillitium. Les spores, toujours unicellulaires, rondes ou elliptiques, à paroi lisse ou ornée, de couleurs diverses, sont libérées par déhiscence ou simple destruction du péridium ; leur nombre chromosomique, haploïde, oscille entre quatre et environ quatre-vingt-dix.

Les sporocarpes peuvent être sessiles ou pédicellés, isolés ou, au contraire, grégaires ou même plus ou moins fusionnés, formant alors des plasmodiocarpes si la fusion est totale, des aethalium et pseudo-aethalium si, moins complète, elle laisse subsister des restes de paroi initiale constituant un pseudocapillitium.

Ce sont essentiellement les caractères du sporocarpe, du capillitium et des spores qui définissent les genres et les espèces.

Systématique

Les monographies classiques de Lister (1925) et de Macbride (1934) ont été relayées p [...]

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Plasmodiophora brassicae : développement

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Dictyostelium sp. : développement

Dictyostelium sp. : développement
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Myxomycètes : cycle de développement

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Écrit par :

  • : directeur adjoint du laboratoire de mycologie et de phytopathologie tropicale à l'École pratique des hautes études

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Dans le chapitre « Les archéthalles »  : […] Formées de cellules nues et amiboïdes, les structures archéthalliennes caractérisent l'appareil végétatif des Myxomycètes. Les archéthalles unicellulaires sont des amibes isolées et uninucléées susceptibles de se transformer en amibes géantes et plurinucléées qualifiées de plasmodes. Les archéthalles pluricellulaires appelés pseudoplasmodes sont des agrégats d'amibes uninucléées. Ces deux types d […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Louis FAUREL, « MYXOMYCÈTES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/myxomycetes/