MYTHEL'interprétation philosophique

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le langage du mythe

Si le mythe est avant tout une forme de discours, c'est dans le cadre des sciences sémiologiques qu'il faut d'abord le placer. Ces sciences, dont la linguistique est le fer de lance, fournissent en effet toutes les sciences humaines en modèles d'une grande efficacité. Mais il y a deux manières de situer le mythe dans le prolongement de la linguistique, deux manières qui, d'une certaine façon, répètent au plan sémiologique l'antinomie dont on vient de dire qu'elle domine l'ensemble des rapports entre logos et muthos : c'est ainsi qu'on appliquera au mythe successivement le modèle structural, issu de la phonologie et de la sémantique structurale, qui conduit à accentuer la texture syntaxique du mythe, puis le modèle du procès métaphorique, qui conduit à mettre en valeur le jeu interne des contenus sémantiques eux-mêmes. On s'efforcera de montrer que ces deux modèles, loin de s'exclure mutuellement, se complètent ; et l'on mettra l'accent sur les modalités du passage de l'un à l'autre.

Le modèle structural

Pour Claude Lévi-Strauss, le représentant le plus important de cette école en France, la mythologie doit être considérée comme une « mytho-logique », c'est-à-dire comme la mise en œuvre d'une sorte de logique qui ne peut être entendue que si l'on recourt aux présuppositions principales d'un modèle structural de langage.

Selon ce modèle, élaboré par F. de Saussure, L. T. Hjelmslev, les structuralistes de l'école de Prague et les formalistes russes, la linguistique ne doit prendre en compte que les règles du jeu, non les événements du langage ; en outre, dans la langue ainsi opposée à la parole, une théorie structurale ne considère que les états de système à un moment donné, autrement dit la constitution synchronique de ce système, et no [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 20 pages

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-X, professeur à l'université de Chicago

Classification

Autres références

«  MYTHE  » est également traité dans :

MYTHE - Approche ethnosociologique

  • Écrit par 
  • Pierre SMITH
  •  • 3 708 mots

L'existence des mythes est attestée dans toutes les sociétés étudiées ou même simplement abordées par les ethnologues, qu'il s'agisse des sociétés les moins évoluées sur le plan technologique ou des civilisations les plus complexes.À quoi reconnaît-on un mythe ? C'est d'abord un type particulier de récit dont le modèle a été donné par les histoires des dieux d […] Lire la suite

MYTHE - Mythos et logos

  • Écrit par 
  • Clémence RAMNOUX
  •  • 3 293 mots
  •  • 1 média

Avant l'âge classique de la Grèce, à l'âge qu'on appelle « archaïque », le mythos et le logos qualifié de hiéros ne s'opposent pas. L'un et l'autre semblent avoir désigné un « récit sacré » concernant les dieux et les héros. Les sanctuaires officiels et secrets possèdent chacun sa collection, transmis […] Lire la suite

MYTHE - Épistémologie des mythes

  • Écrit par 
  • Marcel DETIENNE
  •  • 8 612 mots
  •  • 1 média

Après la grande marée structuraliste, sans doute faut-il interroger le statut ambigu de ce que nous appelons « mythologie », d'un mot où, dans notre usage linguistique, s'entrecroisent deux discours dont le second parle du premier et relève de l'interprétation. Car, […] Lire la suite

ABORIGÈNES AUSTRALIENS

  • Écrit par 
  • Barbara GLOWCZEWSKI
  •  • 7 130 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre «  Le cas des Warlpiri »  : […] Chasseurs-cueilleurs semi-nomades du désert Tanami (Territoire-du-Nord), les Warlpiri ont été sédentarisés de force dans les années 1950, obligés de vivre dans quatre réserves à la lisière du désert. Pour garder la mémoire des terres où ils n'avaient pas le droit de retourner, ils ont continué à raconter et célébrer par leurs récits les habitudes migratoires des animaux, les rythmes saisonniers de […] Lire la suite

ADORNO THEODOR WIESENGRUND (1903-1969)

  • Écrit par 
  • Miguel ABENSOUR
  •  • 7 892 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Mythe et raison »  : […] Ainsi s'énonce la question inaugurale qui commande l'enquête critique qui sous-tend l'ouvrage : pourquoi l'humanité, au lieu de s'engager dans des conditions vraiment humaines, a-t-elle sombré dans une nouvelle forme de barbarie ? Ou encore, pourquoi la raison, à vocation émancipatrice, s'est-elle inversée en son contraire, donnant naissance à des formes inédites de domination ? Il s'agit donc bi […] Lire la suite

ÂGE ET PÉRIODE

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DEMOULE
  •  • 1 958 mots

Dans le chapitre « Premières mises en ordre »  : […] Parmi les sociétés traditionnelles, l'Inde a produit, par exemple, une théorie des « âges du monde », fondée à la fois sur la notion de décadence et sur celle de cycle. En Grèce, Hésiode narre dans sa Théogonie ( viii e - vii e  s. av. J.-C.) le récit des cinq « races » successives – d'or, d'argent, de bronze, des héros et de fer –, une tradition reprise ensuite par Platon, Virgile ou encore Ovid […] Lire la suite

AMÉRIQUE (Histoire) - Découverte

  • Écrit par 
  • Marianne MAHN-LOT
  •  • 4 812 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La recherche des îles »  : […] À partir du xv e  siècle, on ne se contente plus de rêver à ces îles : on part pour « aller les découvrir » : ainsi s'expriment généralement les contrats passés par les navigateurs avec le roi du Portugal. C'est l'époque où la navigation hauturière a fait son apparition, grâce à l'emploi, au lieu des lourdes naves méditerranéennes, de légères caravelles, petits voiliers à trois mâts combinant aux […] Lire la suite

ANTHROPOLOGIE

  • Écrit par 
  • Élisabeth COPET-ROUGIER, 
  • Christian GHASARIAN
  •  • 16 099 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'apport de Lévi-Strauss »  : […] Il n'y a pas d'antinomie entre l'anthropologie structurale et l'anthropologie sociale. La première fut d'abord une méthode qui en vint à développer de telles implications théoriques qu'elle visa à rassembler les sciences humaines dans une science globale de la communication, dans une sémiologie où l'analyse structurale de la parenté et des mythes s'intégrerait en un de ses lieux, l'anthropologie […] Lire la suite

ANTHROPOLOGIE POLITIQUE

  • Écrit par 
  • Georges BALANDIER
  •  • 5 804 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Religion et pouvoir »  : […] Le pouvoir est sacralisé parce que toute société affirme sa volonté d'éternité et redoute le retour au chaos comme réalisation de sa propre mort. Dans les sociétés qui sont moins tournées vers la nature pour la dominer que liées à elle (y trouvant, à la fois, leur prolongement et leur reflet), la parenté du sacré et du politique s'impose avec force. Les principes qui règlent l'ordre du cosmos et […] Lire la suite

ARCHAÏQUE MENTALITÉ

  • Écrit par 
  • Jean CAZENEUVE
  •  • 7 026 mots

Dans le chapitre « La mentalité primitive selon Lévy-Bruhl »  : […] C'est contre la conception, commune à l'animisme et au rationalisme sociologique durkheimien, d'une homogénéité fondamentale de toutes les mentalités que Lévy-Bruhl a soutenu la spécificité de la mentalité qu'il nommait primitive et que nous appellerions plus volontiers aujourd'hui archaïque. Tandis que, pour l'animiste, les primitifs ont le même appareil intellectuel que nous, mais s'en servent […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul RICŒUR, « MYTHE - L'interprétation philosophique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mythe-l-interpretation-philosophique/