MYCÈNES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'habitat

Sur le site, on distingue nettement deux zones habitées : la « ville basse » et l'acropole. Dans l'un et l'autre cas, les constructions datant du Néolithique récent (env. 4000-3000 av. J.-C.) et des premières phases de l'âge du Bronze, dénommées Helladique ancien (env. 3000-2000) et Helladique moyen (env. 2000-1550), n'ont laissé que des traces fugaces.

Acropole de Mycènes

Dessin : Acropole de Mycènes

L'acropole de Mycènes (d'après Sp. E. lakovidis, « Mycènes-Épidaure », guide Ekdotikè, pp. 24-25, Athènes 1978). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

En ce qui concerne la « ville basse », on admet généralement que l'extension des nécropoles correspond à celle de l'habitat de l'époque mycénienne. Or quatorze édifices seulement ont été fouillés, dans un périmètre relativement restreint ; ils datent presque tous du xiiie siècle, c'est-à-dire des dernières phases de la période. Ces vestiges ne permettent ni de décrire la situation antérieure, ni de se représenter l'ensemble du site.

Un premier quartier (a) a été fouillé à l'ouest de la route moderne et à 50 mètres au nord du trésor d'Atrée (tholos no 8), dont il est contemporain. Un mur de soutènement retient les terres du versant et protège trois édifices. Le matériel découvert autorise à y voir des maisons ordinaires.

Deux cents mètres plus au nord, quatre édifices portent des noms consacrés : maisons du marchand d'huile, des sphinx, des boucliers, et ouest (b). Le premier édifice tire son nom des nombreuses jarres de stockage et de transport d'huile qu'il contenait, les maisons des sphinx et des boucliers de la forme ou du décor des fragments d'ivoire qui y furent trouvés. Ces édifices se distinguent par des dimensions rarement atteintes à l'époque mycénienne : entre 22 et 35 mètres de longueur. Il est désormais acquis que les documents inscrits en linéaire B – tablettes et scellés – qu'on y a retrouvés s'apparentent aux documents comptables des palais de Knossos et de Pylos ; les fragments d'ivoire servaient à des ateliers placés sous l'autorité palatiale. Ces édifices ont donc joué un rôle artisanal et économique important. D'autres bâtiments, dont la fonction pourrait être analogue, ont été dégagés au nord du site.

Jusqu'aux environs de 1350, l'acropole reste non fortifiée. Le premier rempart n'entourait que le sommet de l'éminence rocheuse. Un siècle plus tard, l'aire fortifiée s'agrandit considérablement : elle englobe désormais le cercle A, doté d'une nouvelle enceinte, et tout le quartier sud-ouest. Vers la fin du xiiie siècle, le tracé du rempart est à nouveau modifié par l'adjonction de l'extension nord-est. Ainsi, à la fin de l'époque mycénienne, 900 mètres de murs, percés de trois portes, entourent une aire de 30 000 mètres carrés. L'épaisseur des murs est en moyenne de 5 ou 6 mètres, mais elle peut atteindre 8 mètres. La hauteur maximale des murs conservés est de 8 mètres, mais on estime que les remparts s'élevaient à une douzaine de mètres de hauteur. Le rempart mycénien est construit selon deux procédés : des assises horizontales, plus ou moins régulières, en conglomérat pour la porte des Lions, la porte Nord et pour une saillie en forme de tour au sud-est ; un appareil dit cyclopéen, c'est-à-dire constitué de gros blocs non travaillés et calés par de petites pierres, pour le reste de la fortification. Certaines sections du rempart ont été réparées, au iiie siècle avant J.-C., en appareil polygonal. La porte des Lions (1) – 3,10 m de hauteur × 2,80 m de largeur, au niveau du seuil – se dresse au nord-ouest de l'acropole. Son seuil et son linteau pèsent chacun plus de vingt tonnes ; les montants sont moins massifs. Au-dessus du linteau, les assises supérieures du rempart forment un triangle de décharge qui reporte leur poids sur les côtés de la porte. Ce triangle est occupé par une mince dalle de calcaire qui porte, sculptée en relief, la représentation de deux animaux affrontés de part et d'autre d'une colonne. Au-dessus de corps léonins étaient fixées des têtes en pierre, en métal ou en bois. On s'interroge encore sur l'identité des animaux – lions ou animaux composites – et sur la signification de la colonne – palais, citadelle ou divinité.

Porte des Lions, Mycènes

Photographie : Porte des Lions, Mycènes

La porte des Lions, entrée principale de l'acropole de Mycènes, Grèce. 

Crédits : A. Vergani/ De Agostini/ Getty Images

Afficher

À l'intérieur du rempart, les abords du cercle A (2), le « centre cultuel » (3) et le quartier sud-ouest (4) forment une zone à part. En effet, 35 mètres de dénivellation les séparent du sommet de l'acropole. Des côtés oriental et septentrional, la pente reste sensible : le sommet de l'acropole se situe 12 mètres plus haut que l'entrée de la maison aux colonnes (7) et 30 mètres plus haut que le niveau moyen de l'extension nord-e [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Médias de l’article

-2000 à -1000. Les empires du Bronze

-2000 à -1000. Les empires du Bronze
Crédits : Encyclopædia Universalis France

vidéo

Groupe mycénien

Groupe mycénien
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Tête , art mycénien

Tête , art mycénien
Crédits : Ancient Art and Architecture Collection, Bridgeman Images

photographie

Site de Mycènes

Site de Mycènes
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Afficher les 8 médias de l'article


Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., ancien secrétaire de l'École française d'Athènes
  • : professeur émérite à l'université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand

Classification

Autres références

«  MYCÈNES  » est également traité dans :

ACHÉENS

  • Écrit par 
  • Andrée POUGET
  •  • 2 530 mots

Dans le chapitre « Le monde achéen »  : […] Le catalogue des vaisseaux, dressé par Homère (d'après une très vieille liste des États), nous donne un tableau géographique des royaumes achéens aux environs de la guerre de Troie ( xiii e  siècle). À cette date, l'État achéen comprend la Grèce centrale, Athènes, l'Eubée, Salamine, le Péloponnèse avec les deux royaumes d'Argos et de Mycènes, Pylos, l'Arcadie, l'Élide, les îles Ioniennes et l'Éto […] Lire la suite

APPAREIL, architecture

  • Écrit par 
  • Roland MARTIN
  •  • 4 321 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'appareil cyclopéen »  : […] De caractère primitif et rustique, l'appareil cyclopéen est propre aux civilisations vigoureuses de la protohistoire ; les vestiges les plus admirés appartiennent aux forteresses célèbres de Mycènes, de Tirynthe dont la construction remonte au milieu du deuxième millénaire avant notre ère, ou aux fortifications et aux palais des princes hittites dans leur capitale de Boghaz Köy sur les plateaux a […] Lire la suite

ATRÉE

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 386 mots

Dans la mythologie grecque, fils de Pélops de Mycènes et de sa femme, Hippodamie. Atrée, roi de Mycènes, est le frère aîné de Thyeste. L'histoire de sa dynastie, les Atrides, marquée par la violence (assassinat, parricide) et la corruption des mœurs (adultère, inceste), dépasse presque toutes celles de l'Antiquité par sa complexité. Une malédiction, que l'on dit prononcée par Myrtilos, rival mo […] Lire la suite

BIJOUX

  • Écrit par 
  • Sophie BARATTE, 
  • Catherine METZGER, 
  • Évelyne POSSÉMÉ, 
  • Elisabeth TABURET-DELAHAYE, 
  • Christiane ZIEGLER
  • , Universalis
  •  • 6 090 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Antiquité grecque, étrusque et romaine »  : […] Les bijoux de l'Antiquité classique parvenus jusqu'à nous sont pour la plupart en or. D'autres métaux, l'argent, très fragile, ou l'électrum, alliage naturel d'or et d'argent, ou encore le bronze, ont aussi été utilisés par les orfèvres antiques, mais l'or, parce qu'il est extrêmement malléable et qu'il ne s'oxyde pas, est le métal précieux par excellence. On le trouvait soit en pépites dans certa […] Lire la suite

CHADWICK JOHN (1920-1998)

  • Écrit par 
  • Pierre CARLIER
  •  • 1 091 mots

Après avoir commencé des études de philologie classique à Cambridge, John Chadwick fut employé quelque temps pendant la Seconde Guerre mondiale par les services secrets de la marine britannique à Alexandrie chargés de décrypter les messages italiens. Cette expérience a joué un grand rôle dans sa formation. John Chadwick a souvent souligné qu'un code secret finissait toujours par « craquer », pourv […] Lire la suite

MYCÉNIENNE CIVILISATION

  • Écrit par 
  • Bernard HOLTZMANN
  •  • 199 mots
  •  • 1 média

La civilisation mycénienne a été ainsi appelée du nom de Mycènes (Argolide), son premier site à avoir été fouillé (1874). Sa phase finale, durant l'Helladique Récent III B (1300-1200) est bien connue, grâce au déchiffrement, en 1952, de l'écriture linéaire B, qui a révélé que la langue de ces Achéens, établis de Chypre à la Sicile, était déjà du grec. Les palais, désormais protégés – sauf à Pylos  […] Lire la suite

CRÈTE ANTIQUE

  • Écrit par 
  • Jean-Claude POURSAT
  •  • 3 933 mots
  •  • 6 médias

Royaume du légendaire Minos, qui enferme dans le labyrinthe construit par Dédale le monstrueux Minotaure, la Crète, l'île aux cent villes mentionnée par Homère, n'est bien connue des archéologues que depuis quelques décennies. Province marginale du monde grec et romain, mais forte à toutes époques de sa position privilégiée au carrefour de grandes routes maritimes, elle a été associée, tout au lon […] Lire la suite

DORIENS

  • Écrit par 
  • Pierre CARLIER
  •  • 2 103 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le mythe moderne »  : […] Ce sont des historiens modernes qui ont fait de l'opposition entre Doriens et Ioniens le clivage fondamental du monde grec. Tandis que les premiers linguistes du xix e  siècle expliquaient la coexistence des dialectes par l'arrivée en Grèce de vagues successives d'hellénophones, les Ioniens, puis les Éoliens, et enfin les Doriens, dès 1824, l'historien allemand Karl-Ottfried Muller opposait les ve […] Lire la suite

ÉGÉEN MONDE

  • Écrit par 
  • Olivier PELON
  •  • 11 175 mots
  •  • 15 médias

Dans le chapitre « Les tombes à fosse »  : […] Soudain, sans que rien l'ait annoncée, apparaît à Mycènes vers 1650 avant J.-C. une civilisation brillante, dont la richesse contraste avec la pauvreté de la civilisation mésohelladique ; l'une et l'autre vont coexister pendant un siècle au moins, Mycènes conservant pour elle seule sa prospérité nouvelle. De cette civilisation, nous ne connaissons que les grandes tombes réparties dans les deux ce […] Lire la suite

HELLADIQUE ARCHÉOLOGIE

  • Écrit par 
  • René TREUIL
  •  • 4 118 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le début de l'Helladique récent (1550-1450 av. J.-C.) »  : […] La période « proto-mycénienne », qui s'ouvre par de grandes innovations, mais sans destructions, n'a été connue pendant longtemps qu'à travers les tombes « royales » de Mycènes et leur très riche mobilier. Mais on découvre aujourd'hui, peu à peu, les aspects moins spectaculaires qu'elle a revêtus ailleurs, ainsi que les cheminements qui conduisent ensuite à la civilisation mycénienne proprement d […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Pascal DARCQUE, Jean-Claude POURSAT, « MYCÈNES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mycenes/