TSIGANES ou TZIGANES MUSIQUES

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Le flamenco

Les Gitans (gitanos en espagnol ou kalé comme ils se nomment) arrivent en Espagne à la fin du xve siècle et y restent majoritairement, même s'ils s'implantent également dans le sud-est de la France (Roussillon, vallée du Rhône, Camargue).

Malgré des siècles de négation de leur spécificité et d'assimilation forcée (interdiction du nomadisme et du romani dont une partie du vocabulaire survivra dans le caló), les Gitans ont maintenu et développé en Espagne une identité culturelle forte.

Le chant flamenco

Interprété d'abord sans accompagnement musical, le chant flamenco voit le jour au début du xviiie siècle dans certaines familles gitanes d'Andalousie qui insufflent au fonds traditionnel andalou, notamment les romances (ballades octosyllabiques très anciennes transformées de génération en génération), une richesse expressive en sublimant à travers leur musique les souffrances et les tourments de leur vie. Portés par des voix graves, rauques et éraillées, ces chants traduisent une intense religiosité, qui s'exprime dans les fêtes familiales, les cérémonies de deuil, les processions et lors des pèlerinages, notamment celui des Saintes-Maries-de-la-Mer où Sara la noire est vénérée.

Procession de Gitans

Photographie : Procession de Gitans

Procession gitane dans les rues de Lourdes (ici en 1967). La religion et la musique sont deux composantes essentielles dans la vie des Gitans. 

Crédits : Keystone-France/ Gamma-Rapho/ Getty Images

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Pratiqué d'abord au sein de la communauté, dans les réunions familiales et les fêtes privées, le flamenco sort de l'intimité de quelques foyers gitans pour entrer dans les cafés chantants (dont la grande époque commence dans les années 1880). Là, il va être reconnu et adopté presque immédiatement par les Andalous qui ont joué un rôle important dans son évolution ultérieure, chacune des deux communautés ne cessant d'influencer l'autre, sans que fusionnent complètement leurs styles. La trame simple des premiers chants s'enrichit alors de formes et de styles nouveaux. Il en existe une cinquantaine reconnaissables à leurs rythmes, les chants de base étant notamment les martinetes, siguiriyas, soleares, bulerias, fandangos.

Les grands chanteurs et chanteuses de flamenco, majoritairement gitans, se nomment La Niña de los Peines, Manolo Caracol, Manuel El Agujetas, El Chocolate ou encore La Macanita. On joue aussi avec les doigts qu'on fait claquer (pitos), les mains que l'on frappe en suivant des règles très strictes (palmas) et on ponctue le chant de cris et d'interjections (jaleo). Composante incontournable du flamenco, la danse s'accompagne d'un jeu sonore exécuté sur le sol avec la pointe du pied et le talon (zapateado) ; elle relève en général, mais pas toujours, du domaine des femmes et n'est pas pratiquée pour chaque type de chant.

La guitare, instrument traditionnel du flamenco

À la fin du xixe siècle, la guitare va s'imposer peu à peu et connaître un extraordinaire essor dont l'évolution se poursuit de nos jours, le flamenco pouvant être aussi de caractère uniquement instrumental. Si le guitariste suit le chanteur et obéit à son jeu, il improvise aussi des parties mélodiques entre les parties chantées avec des techniques de guitare spécifiques, en particulier pour la main droite, la principale étant le rasgueado (chaque doigt attaque les cordes dans un mouvement continu qui produit un effet de roulement) qui s'allie au jeu du pouce dont l'attaque est incisive et percutante. Parmi les guitaristes historiques du flamenco d'origine gitane, on trouve Ramón Montoya, Niño Ricardo, Sabicas, dont la relève sera notamment assurée par Pedro Bacan, Tomatito et Juan Carmona.

Cet art empreint de gravité et de sensualité a conquis le monde entier grâce à des artistes comme Camarón de la Isla, au chant déchirant partagé entre la rage de vivre et le désespoir, Carmen Amaya ou Antonio Gades pour la danse et Paco de Lucía (qui n'est pas gitan) pour la guitare.

La rumba flamenca

La rumba, d'origine cubaine, se caractérise par une rythmique main droite privilégiant des effets de percussion sur la table d'harmonie. Adoptée au xxe siècle par les Gitans de Barcelone, elle se répand à la fin des années 1950 dans sa version catalane et camarguaise (Manitas de Plata, Gipsy Kings). Toutefois, sa place reste limitée et elle n'a que peu en commun avec le flamenco authentique.

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Le Taraf de Haïdouks

Le Taraf de Haïdouks
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Procession de Gitans

Procession de Gitans
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Francis COUVREUX, « TSIGANES ou TZIGANES MUSIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/musiques-tsiganes/