ZURICH MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE

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Construit en 1910 sur les plans de Karl Moser (1860-1936), chef de file du mouvement Architecture nouvelle, pour accueillir les collections rassemblées par la plus ancienne société d'art du pays, créée en 1787, le Kunsthaus de Zurich prit rapidement une orientation internationale sous l'impulsion de son premier conservateur, Wilhelm Wartmann (1882-1970). Celui-ci sut, de 1909 à 1949, constituer à la fois une collection représentative de l'art suisse, accueillir l'art français à l'instar de la ville voisine de Winterthur (en 1920 des œuvres de Bonnard, Vuillard, Cézanne, Renoir, Vallotton et un Van Gogh, acquis lors de la première exposition de l'artiste en Suisse en 1908, sont léguées au musée) et favoriser selon son inclination personnelle la découverte de l'artiste norvégien Edvard Munch (exposé en 1922, 1932, 1952, 1988) et de l'expressionnisme germanique (Kokoschka, Beckmann, Corinth).

Agrandi plusieurs fois, le Kunsthaus présente les principaux courants artistiques développés en Europe et aux États-Unis de la Renaissance à nos jours.

Un vaste panorama de la production suisse – des « Maîtres à l'œillet » de 1500 aux recherches issues du minimal art – s'offre au visiteur, mettant l'accent sur le renouveau artistique que connut Zurich au siècle des Lumières après les rigueurs de la Réforme (J. H. Füssli, 1741-1821 et S. Gessner, 1730-1788), sur les travaux de G. Segantini (1848-1899) et ceux de F. Hodler (1853-1918), dont le musée possède un ensemble prestigieux : (100 tableaux, 1 500 dessins régulièrement exposés notamment en 1998, et plusieurs œuvres monumentales intégrées dès l'origine aux cimaises du musée). Au xxe siècle se détachent Augusto Giacometti (1877-1947) préfigurateur du tachisme et de l'abstraction, Cuno Amiet (1868-1961) et Giovanni Giacometti (1868-1933), rénovateurs de l'expression figurative, Max Gubler (1898-1973) et Varlin (1900-1977) plus expressionnistes ainsi que le courant des « concrets zurichois » (Johannes Itten, 1888-1967 ; Fritz Glarner, 1899-1972 ; Camille Graeser, 1892-1980 ; Richard Paul Lohse, 1902-1988 ; Max Bill, 1908-1994) réunis dès 1936 au sein du groupe Alliance qui s'inscrit dans le sillage de Mondrian et du courant géométrico-constructiviste fortement présent au musée.

La fondation Alberto Giacometti (1901-1966), constituée en 1965 pour acquérir le fonds exceptionnel de la collection Thompson de Pittsburgh (89 œuvres de l'artiste datant surtout de 1926 à 1934) occupe une place particulière au musée. Son fonds de 62 sculptures, 16 peintures, 180 lithographies et 40 dessins s'est enrichi en 2001 à l'occasion de la vaste rétrospective organisée pour le centenaire de la naissance de l'artiste et en 2002 lors de l'inauguration des six salles exclusivement consacrées à son œuvre. Réaménagées par l'architecte Tobias Ammann, elles constituent désormais un véritable « espace Giacometti » pour cette collection unique au monde.

La grande exposition de 1980 Dada à Zurich fut pour le musée l'occasion d'acquérir un riche ensemble de 130 œuvres et de 200 documents retraçant l'histoire internationale du mouvement Dada de 1916 à 1925, depuis sa naissance dans un café de la ville.

Ces deux fonds uniques tournent radicalement le Kunsthaus vers le xxe siècle bien que, grâce aux legs de deux collections prestigieuses d'art flamand et italien, les fondations L. Ruzicka et D. Koetser, il dispose également du plus bel ensemble de la période baroque réuni dans une institution suisse.

L'art français du xixe siècle y est illustré par des œuvres de Géricault, Delacroix, Corot, Courbet, le postimpressionnisme par Cézanne et Van Gogh. René Werhli, directeur de 1950 à 1967, réalisa par l'acquisition en 1952 de deux grands Nymphéas un ensemble de Monet de premier plan tandis que son successeur Félix Baumann complétait en 1984 celui des Naïfs et des Nabis, affirmant ainsi l'importance de ces artistes pour l'art moderne.

La modernité classique est représentée par des œuvres de Picasso (qui fit ici en 1932 sa première exposition dans un musée), de Chagall – écho intéressant aux vitraux réalisés en ville par l'artiste en 1970 au Fraumünster de Léger, et des sculptures de Matisse. Kandinsky et Max Ernst évoquent d'autres mondes.

Résolu à montrer l'évolution des recherches en matière de mouvement et d'expression, le musée a commencé en 1970 une collection d'artistes américains qui réunit des œuvres majeures de Robert Rauschenberg, Andy Warhol, Jasper Johns, Mark Tobey, Barnett Newman, Jackson Pollock, Mark Rothko ainsi que des réalisations de F. Bacon, J. Beuys, A. R. Penck, A. Kiefer dont l'œuvre Parsifal évoque les mythes de l'univers de l'opéra de Wagner composé précisément à Zurich. Les ensembles significatifs récemment constitués de G. Baselitz et de C. Twombly – qui offrit en 1995 neuf sculptures au Kunsthaus – marquent le souci constant des conservateurs de tisser des liens entre les œuvres elles-mêmes – Twombly reconnaît sa parenté avec Giacometti, Baselitz sa dette envers Munch – et rappellent « combien le travail sur la forme humaine expressive est depuis Wartmann au centre de la collection zurichoise » (Christian Klemm).

Le Kunsthaus de Zurich abrite, outre une collection de sculptures suisses et étrangères, un prestigieux cabinet des estampes (80 000 œuvres sur papier, depuis les maîtres anciens jusqu'aux artistes contemporains collectionnés systématiquement depuis 1976). Un ambitieux programme de restructuration de l'ensemble des services du musée a été entrepris début 2001 : il prévoit de dégager à l'horizon 2010 une surface utile de 11 000 m2 au bénéfice de la présentation des collections.

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Daniel HARTMANN, « ZURICH MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/musee-des-beaux-arts-de-zurich/