PERPÉTUEL MOUVEMENT

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Les objections théoriques

Les premières objections théoriques opposées au principe même d'une machine à mouvement perpétuel s'inspirent, comme en témoigne Léonard de Vinci lui-même, de la dynamique issue de la tradition aristotélicienne ; selon celle-ci, tout mouvement qui n'est pas « naturel » n'existe pas de lui-même, et ne vit que de l'épuisement, de la consommation de quelque chose.

Il est très intéressant de noter comment la négation pure et simple du mouvement perpétuel provenant de cette préfiguration grossière du point de vue énergétique est ce qui a permis au mathématicien et ingénieur hollandais Simon Stevin d'établir, en 1586, la loi d'équilibre des corps pesants sur un plan incliné. Son schéma est célèbre. C'est celui d'un collier de boules passé autour d'un prisme triangulaire dont la face principale est horizontale. Tout mouvement de ce collier conduirait à le replacer exactement dans les conditions initiales et le mouvement serait de ce fait perpétuel. C'est cette conclusion, absurde pour Stevin, qui fonde l'équilibre du collier.

La mécanique classique y apportera des nuances importantes. Le schéma de Stevin, qui est une expression simple de l'idée de circuit fermé présentée plus haut, n'empêche pas de concevoir l'existence d'un mouvement perpétuel lorsque tous les frottements sont supprimés et les liaisons supposées parfaites. Ainsi, une roue parfaitement homogène doit pouvoir tourner indéfiniment dans le vide autour de son axe. Cependant, ce type de mouvement perpétuel a pour caractéristique d'être une superposition à un état d'équilibre. Il ne naît pas de lui-même et n'existe que si on l'ajoute.

Ces brèves remarques suffisent à situer la difficulté du débat. En fait, l'abandon des catégories aristotéliciennes du « naturel » et du « violent » et l'adoption de la loi d'inertie (mouvement rectiligne et uniforme du point matériel isolé dans le vide), qui furent les deux grands principes de la science nouvelle au xviie siècle, facilitaient la négation brutale du mouvement perpétuel, mais voilaient les nuances nécessaires. Celles-ci n'apparaîtront qu'av[...]

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Pierre COSTABEL, « PERPÉTUEL MOUVEMENT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mouvement-perpetuel/