MORTLes interrogations philosophiques

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Historique du problème

La grande diversité de positions fournies sur le problème de la mort par l'histoire de la philosophie peut se ramener à trois lignes fondamentales : les doctrines de la chute, les doctrines de l'information, les doctrines de la dispersion. Curieusement, aucune de ces dénominations ne se réfère ouvertement au terme de la vie humaine, puisqu'elles portent plutôt sur la constitution de la nature de l'homme. C'est que, précisément, tant que l'intelligence philosophique est dominée par l'analyse objective plutôt que par l'expérience phénoménologique, il s'agira d'expliquer la mort plutôt que de la vivre. Cette explication se relie nécessairement à la constitution du vivant humain, impliquant aussitôt une certaine façon de concevoir sa naissance et, par voie de conséquence, sa mort.

Les doctrines de la chute

Si le courant des doctrines de la chute est dominé par la figure de Platon, son élaboration philosophique s'inaugure cependant avec les Upanishads et se prolonge, par-delà Origène, jusqu'à Descartes et Malebranche. L'axe qui joint des philosophies aussi différentes est le dualisme de l'âme et du corps. La vie humaine naît de leur rencontre et la mort est leur séparation. Mais, pour la pensée grecque devenue chrétienne, cette rencontre est l'effet d'une création de l'âme, alors qu'elle est la conséquence d'une chute pour les philosophies antérieures. Chute ou création détermineront des différences importantes dans les conceptions de la vie et de la mort.

Des Upanishads à Plotin, en passant par l'orphisme, Pythagore, Empédocle, Platon et la gnose, seul l'Un existe absolument, alors que la multiplicité est une zone d'irréalité. Le passage au multiple se conçoit alors comme une dégradation et une chute dans la matière. Les âmes, [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 12 pages

Écrit par :

  • : professeur en philosophie, ex-directeur de la division de philosophie à l'U.N.E.S.C.O.

Classification

Autres références

«  MORT  » est également traité dans :

MORT - Les sociétés devant la mort

  • Écrit par 
  • Louis-Vincent THOMAS
  •  • 8 190 mots
  •  • 2 médias

Étudier d'un point de vue anthropologique les questions relatives à la mort, c'est essayer d'esquisser les grandes lignes des comportements des hommes face à la mort, au cours des âges et dans les principales aires culturelles de l'humanité.Le présent article n'examinera cependant pas le cas des sociétés préhistoriques sur lesquelles, au fond, on ne connaît […] Lire la suite

ABYDOS

  • Écrit par 
  • Christiane M. ZIVIE-COCHE
  •  • 2 684 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Histoire et mythe »  : […] Les origines d'Abydos remontent aux époques les plus anciennes de l'histoire égyptienne puisqu'on y a trouvé des tombes ou cénotaphes des rois des deux premières dynasties, qualifiées de « thinites » par Manéthon. En fait, des traces de la période prédynastique, dite de Nagada, y ont également été mises en évidence. Le rôle dévolu, durant les deux premières dynasties, à chacune des deux cités, Aby […] Lire la suite

ANUBIS

  • Écrit par 
  • Yvan KOENIG
  • , Universalis
  •  • 492 mots
  •  • 4 médias

Le dieu adopte la forme d’un canidé noir couché sur une chapelle ou ce qui en tient lieu, avec une bandelette autour du cou. Anubis prend aussi l’apparence d’un homme à tête de chien ou de chacal . Le nom du dieu, « Inpou », évoque un jeune chien. Anubis fut particulièrement adoré dans le dix-septième nome de la Haute-Égypte, nome sur lequel on a conservé un intéressant document de topographie re […] Lire la suite

ARIÈS PHILIPPE (1914-1984)

  • Écrit par 
  • Hervé KEMPF
  •  • 1 309 mots

Philippe Ariès naît le 21 juillet 1914 à Blois (Loir-et-Cher). Ce lieu de naissance n'est qu'une étape dans la carrière de son père, ingénieur en électricité, qui va le conduire à Paris à partir de 1920. Mais le berceau de la famille est ailleurs : au xviii e siècle, les ancêtres ont émigré du Comminges vers la Martinique, avec Bordeaux pour port d'attache. Peu avant 1900, les parents de Philippe […] Lire la suite

ARRÊT CARDIAQUE

  • Écrit par 
  • François BOURNÉRIAS
  •  • 331 mots

On définit par arrêt cardio-circulatoire la suspension brutale de l'activité cardiaque efficace d'un sujet, chez qui tel événement n'était pas prévisible. Du point de vue médico-légal, l'arrêt cardiaque est synonyme de mort subite. Les causes les plus importantes d'arrêt cardio-circulatoire sont : les troubles aigus du rythme cardiaque survenant le plus souvent dans le contexte d'une maladie coron […] Lire la suite

AU ROYAUME DES OMBRES. LA PEINTURE FUNÉRAIRE ANTIQUE (exposition)

  • Écrit par 
  • Mathilde MAHÉ
  •  • 958 mots

L'exposition qui s'est tenue au musée de Saint-Romain-en-Gal - Vienne, du 8 octobre 1998 au 30 janvier 1999 –  Au royaume des ombres, la peinture funéraire antique  – visait à faire comprendre, à partir de documents archéologiques et iconographiques, le sens que pouvait revêtir la mort pour les Anciens, et la place qu'occupaient les défunts, ces « ombres » de l'imaginaire antique, dans la société […] Lire la suite

BONHEUR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 588 mots

Dans le chapitre « Bonheur et fuite du temps »  : […] Conscience d’être situé à mi-chemin de l’animalité et de la divinité, conscience de la mort dont l’homme ressent qu’elle est à la fois un privilège qui le situe au-dessus des bêtes et la source de son malheur, tout nous ramène, quand il s’agit du bonheur, à la question de la fuite du temps. Situer le bonheur dans la chaîne du temps semble le principal défi qu’ont dû relever les philosophes. En dép […] Lire la suite

CARNAVAL

  • Écrit par 
  • Annie SIDRO
  •  • 6 181 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le mythe de l'homme sauvage »  : […] Dans les différentes civilisations ou religions, il existe des croyances liées à la circulation des « âmes errantes », ou « âmes des morts », à un moment propice de l'année, celui qui facilite leur accession à l'univers qui leur est réservé, le monde éthéré ou céleste. C'est ainsi que Halloween, fête liée à la tradition celtique, se situe le 1 er  novembre, jour de la procession des âmes des mort […] Lire la suite

CHAMPS D'URNES CIVILISATION DES

  • Écrit par 
  • Alain DUVAL
  •  • 578 mots

Définie par l'école archéologique allemande, la civilisation dite des « champs d'urnes » se caractérise par l'usage de la crémation et le dépôt des cendres du défunt dans des urnes rassemblées en de grandes nécropoles (d'où leur nom). Ce rite funéraire apparaît en Europe centrale à la fin de l'Âge du bronze moyen (soit au ~ xiii e  s.), se répand ensuite dans une partie de l'Europe occidentale et […] Lire la suite

CHARON

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 144 mots

Dans la mythologie grecque, fils de l'Érèbe et de la Nuit. Charon, le nocher des Enfers, avait pour tâche de faire traverser les marais de l'Achéron dans sa barque aux âmes des défunts qui avaient reçu une sépulture. En paiement, il prenait la pièce de monnaie placée dans la bouche des cadavres. Il lui était interdit de faire passer des vivants, et il fut enchaîné pendant toute une année pour avoi […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

René HABACHI, « MORT - Les interrogations philosophiques », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mort-les-interrogations-philosophiques/