MOLLUSQUES

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Anatomie comparée

Malgré leur très grande hétérogénéité, les Mollusques ont en commun nombre de caractères dont certains sont immédiatement perceptibles. Ce sont la consistance molle de leur corps souvent très déformable, partout recouvert de mucus, et la présence du manteau qui produit la coquille et engendre une cavité palléale où coexistent les branchies et les émonctoires.

Type morphologique fondamental

À défaut d'un « plan d'organisation » qui refléterait fort mal les grandes dissemblances des classes de Mollusques, il est possible de définir l'embranchement par l'évocation d'un « type morphologique ». À cet égard, le modèle le plus satisfaisant est fourni par le type Gastéropode ramené à son état prétorsionnel supposé et à sa symétrie bilatérale d'origine. Un tel modèle tend avant tout à faire ressortir les relations qui existent entre les cinq parties fondamentales du corps : la tête, le pied, la masse viscérale, le manteau et la cavité palléale, la coquille.

Gastéropode prétorsionnel hypothétique

Dessin : Gastéropode prétorsionnel hypothétique

Mollusque Gastéropode prétorsionnel hypothétique (inspiré de Morton et de Portmann). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La tête, terminée en avant par le mufle où s'ouvre la bouche, porte des organes sensoriels, yeux, tentacules, et elle contient, outre la première portion du tube digestif à laquelle s'annexe l'appareil radulaire, les centres nerveux principaux d'où part, en direction de la masse des viscères, l'anse nerveuse viscérale. Le pied, masse musculeuse creusée de lacunes que le sang peut dilater, contient les organes d'équilibration, ou statocystes, et c'est sur son flanc antérieur droit que débouchent les conduits génitaux. Il porte parfois un opercule. La masse viscérale, qui fait suite à la tête et surmonte le pied, est traversée par le tube digestif ; elle est très dilatée par le grand développement de la glande digestive et contient aussi le cœur, logé dans le péricarde, les gonades, qui s'étalent sur la glande digestive ou s'y insinuent, et les reins. Le manteau détermine la formation d'une cavité palléale profonde, surtout à l'arrière de la masse viscérale dans le Mollusque primitif hypothétique ici considéré. En fait, cette cavité occupe chez les Gastéropodes une position antérieure par suite de la torsion de 1800 que subit la masse viscérale par rapport au reste du corps. Une torsion de 2700 a été reconnue par V. Fretter, A. Graham et J. H. McLean chez le curieux Gastéropode Neomphalus fretterae découvert en 1977 dans les effluences chaudes de la fracture des Galapagos.

Transformation de la masse viscérale chez les Gastéropodes

Dessin : Transformation de la masse viscérale chez les Gastéropodes

Transformation de la masse viscérale chez les Gastéropodes (d'après Lang et Eales). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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À l'entrée de la cavité palléale se trouvent deux osphradies, ou une seule ; ces petits organes dont l'aspect rappelle parfois celui des branchies, sont des chimiorécepteurs. Quant à la coquille, elle a un rôle essentiellement protecteur et manque dans bon nombre de formes.

Variations anatomiques

Les différents appareils des Mollusques n'ont pas évolué uniformément au sein des classes et, en outre, les dissemblances qui se manifestent entre ces dernières résultent de tendances évolutives très diverses.

Le système nerveux est l'appareil qui permet l'analyse la plus fine des perfectionnements progressivement acquis par les Mollusques. La tête d'un Gastéropode contient des centres nerveux ganglionnaires qui se groupent autour de l'œsophage en un collier périœsophagien. Typiquement, ces centres consistent en une paire de ganglions cérébroïdes (gc) réunis par une commissure au-dessus de l'œsophage, une paire de ganglions sous-œsophagiens, ou pédieux (gp), liés l'un à l'autre par une commissure sous-œsophagienne et attachés latéralement aux ganglions cérébroïdes, et aussi à deux ganglions pleuraux (gpl), ou palléaux, qui, postérieurs aux cérébroïdes, leur sont unis par une paire de connectifs cérébro-pleuraux. De ces centres supérieurs part l'anse nerveuse viscérale sur laquelle se différencient certains ganglions. Il est à noter que chez les Gastéropodes la torsion a pour effet de déformer en 8 (streptoneurie) l'anse viscérale lorsqu'elle n'est pas trop réduite (euthyneurie). En comparant les formes primitives aux plus évoluées, par exemple dans le seul groupe des Gastéropodes, on observe deux tendances : la tendance à la céphalisation, par regroupement des ganglions dans le territoire céphalique, ce qui peut être le résultat du raccourcissement de l'anse viscérale ; la tendance à la cérébralisation, c'est-à-dire à la coalescence et à la fusion des centres nerveux dans le même territoire.

Transformation de la masse viscérale chez les Gastéropodes

Dessin : Transformation de la masse viscérale chez les Gastéropodes

Transformation de la masse viscérale chez les Gastéropodes (d'après Lang et Eales). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le caractère le plus primitif du système nerveux (Neopilina, Polyplacophores) est marqué par l'absence de concentrations de cellules nerveuses en ganglions. À l'opposé, le [...]

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Mollusques : phylogénie

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Neopilina

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Neopilina : représentation schématique

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  • : professeur honoraire à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

André FRANC, « MOLLUSQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mollusques/