MOLIÈRE

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La création littéraire

Des débuts aux « Précieuses ridicules »

Quand Molière arriva à Paris, la troupe des Comédiens du roi et celle du Marais jouaient des comédies qui s'inspiraient, soit de la commedia sostenuta de l'Italie, soit de la comedia de capa y espada des Espagnols. Ces comédies étaient en cinq actes et en vers. On appelait ce genre de pièces « la grande comédie », ou encore « la grande et belle comédie ». C'étaient des intrigues ingénieuses et le plus souvent romanesques, des tableaux des passions « galamment touchés », « des brillants d'esprit ». On s'explique sans peine le succès qu'elles obtenaient dans la société galante qui donnait le ton.

Les deux premières pièces créées par Molière à Paris (il les avait déjà jouées en province), L'Étourdi et Le Dépit amoureux, appartiennent à ce type de comédie, et plus précisément à la tradition italienne. Les invraisemblances y abondent : c'était une loi du genre. Ce que Molière y met de personnel, c'est la verve, c'est le jaillissement des formules drôles. Le public parisien y trouva un très vif plaisir.

D'autre part, Molière prit l'habitude de donner en fin de séance, de « petits divertissements ». Deux seulement ont été conservés : La Jalousie du Barbouillé et Le Médecin volant. Ils permettent de comprendre combien le comique, chez Molière, est fondamentalement populaire. Il convient en outre de se souvenir que, si la vieille farce avait à peu près disparu des scènes parisiennes depuis 1640, elle restait vivante à Lyon et dans les provinces du Sud-Est, où Molière venait de passer plusieurs années.

Si le succès de ces pièces fut grand, Les Précieuses ridicules, en décembre 1659, furent un triomphe, et c'est alors que la carrière de Molière commence véritablement. Si l'on veut comprendre ce premier de ses chefs-d'œuvre, il faut en étudier séparément la forme et la signification.

Les Précieuses ridicules sont, pour la forme, une farce. Ce genre de littérature théâtrale, à cette époque, a ses lois nettement fixées. La farce est une pièce en un acte. L'intrigue est très simple : [...]


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Pour citer l’article

Antoine ADAM, Alfred SIMON, « MOLIÈRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/moliere/