MOKUBEI AOKI (1767-1833)

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Le potier éclectique

Fils aîné d'un patron de maison galante de Kyōto (d'un restaurant, selon certains), Mokubei fut attiré très tôt par les lettres. Cette passion pour la littérature ne pouvait que provoquer une aversion caractérisée pour le métier paternel ; aussi, à quinze ans, quitta-t-il la maison familiale. Ses pas le menèrent auprès de Kōfuyō (mort en 1784), tout à la fois graveur de sceaux renommé, grand lettré et connaisseur d'art. Ce contact lui fit découvrir, entre autres choses, les bronzes antiques. À un certain moment, Mokubei aurait même exercé ses talents à les imiter.

Une rencontre plus déterminante pour le jeune homme, doué mais encore instable, fut celle de Kimaru Kenkadō (1736-1802). Ce dernier, résidant à Ōsaka, passait pour l'un des hommes les plus cultivés du Kansai et sa maison était le pôle d'attraction de l'élite intellectuelle et artistique. C'est chez lui qu'en 1794 Mokubei découvrit une histoire de la poterie et de la porcelaine en Chine, le Yinwei bishu, écrit par Zhu Yan. Ce livre fut une véritable révélation pour Mokubei et décida de sa carrière. Il s'y attacha au point d'en faire une traduction. Commencée en 1804 sous le titre Commentaires sur la céramique (Tōsetsu), reprise en 1827, elle ne sera publiée que deux ans après sa mort.

Vers l'âge de trente ans, nanti d'une connaissance théorique approfondie, Mokubei passe enfin à la pratique. Son maître fut Okuda Eisen, potier d'ascendance chinoise qui s'était fait connaître par ses copies de porcelaines Ming et surtout par ses imitations de Swatow (Shantou), production si prisée au Japon.

Mokubei conquit rapidement une grande célébrité, que des commandes princières en 1805 portèrent à son comble. Il fut commandité par de grands seigneurs de province. Il aurait ainsi, en 1801, fait un séjour chez le daimyō de Kii, bien que, dans son état actuel, son œuvre n'en offre aucune trace.

Au début du xixe siècle, Mokubei fit ses premiers céladons qui remportèrent un grand succès. Une grande part de cette production se [...]

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  • : conservatrice des collections Japon, Chine et Corée aux Musées royaux d'art et d'histoire, Bruxelles, gestionnaire des musées d'Extrême-Orient

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Dans le chapitre « Les décorateurs de Kyōto »  : […] En dépit de l'établissement à Edo des shōgun Tokugawa (1603), Kyōto resta longtemps la capitale culturelle et artistique du Japon. Centre du tissage de la soie et de la création de la mode, la vieille cité impériale devint également célèbre pour ses potiers. Outre la lignée des Raku, on compte d'autres fours cités dans les textes des chajin de l'époque, ce qui semble indiquer que des potiers venus […] Lire la suite

Pour citer l’article

Chantal KOZYREFF, « MOKUBEI AOKI (1767-1833) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mokubei/