ANIMAUX MODES DE REPRODUCTION DES

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Reproduction sexuée et reproduction asexuée

Définitions

Fondamentalement, les animaux disposent de deux procédés de reproduction et de propagation : la reproduction sexuée et la reproduction asexuée.

La reproduction sexuée est caractérisée par : l'existence de deux cellules reproductrices différentes selon le sexe, le gamète mâle et le gamète femelle, qui fusionnent lors de la fécondation en produisant une cellule œuf, à l'origine du nouvel individu. Cette fusion est précédée (fig. 1), dans les cellules qui formeront les gamètes, d'une modification de la garniture chromosomique : la méiose transforme le nombre diploïde (2 n) des chromosomes en nombre haploïde (n), de telle sorte que l'assemblage de deux gamètes de sexe opposé reconstitue le stock chromosomique 2 n. La reproduction sexuée repose donc sur deux phénomènes : la méiose et la fécondation. Leurs manifestations cytologiques, production de cellules haploïdes, devenant des gamètes (cellules sexuelles), comme les structures morphologiques de ces gamètes (ovule et surtout spermatozoïde), modalités de leur union (fécondation), sont d'une remarquable homogénéité au sein du monde animal.

Reproduction sexuée animale

Dessin : Reproduction sexuée animale

Schéma de la reproduction sexuée animale 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Dans la reproduction asexuée, un fragment pluricellulaire de l'animal parent s'isole physiologiquement de celui-ci, puis s'en détache et est à l'origine du nouvel individu. Souvent, les individus fils restent rattachés à l'animal souche : la reproduction asexuée produit alors une colonie (Cœlentérés, Bryozoaires, Tuniciers). Ce type de reproduction repose sur la seule division mitotique, au cours de laquelle le nombre de chromosomes reste constant, de sorte que le patrimoine héréditaire est transmis en entier. Génétiquement, l'individu fils est le frère jumeau de l'individu parent.

En somme, les deux modes de reproduction diffèrent fondamentalement par un critère génétique : brassage de deux patrimoines, donc formation d'un patrimoine différent dans un cas ; transmission d'un patrimoine inchangé dans l'autre.

Origine des cellules totipotentes

Lorsqu'un animal pluricellulaire atteint l'état adulte, la majorité de ses cellules sont spécialisées. Elles sont physiologiquement et morphologiquement différenciées ; elles constituent les tissus et les organes dont cet animal a besoin pour survivre : elles forment ce que l'on appelle le soma (corps) de l'animal. Pour se reproduire, cet animal a besoin de cellules restées appelées totipotentes, donc capables de donner naissance à un nouvel individu. Ces cellules sont appelées cellules germinales (germen), dans le cas de la reproduction sexuée, cellules blastogénétiques pour la multiplication asexuée. Comment et à quel moment, dans l'ontogenèse de l'animal, ces cellules totipotentes du germen se dégagent-elles des autres lignées cellulaires destinées à former les tissus et organes somatiques ?

Reproduction sexuée : origine de la lignée germinale

Chez de nombreux animaux, la ségrégation de la lignée germinale est précoce, et s'établit dès les premiers stades du développement embryonnaire. Ainsi, chez l'ascaris du cheval, l'œuf fécondé est polarisé : un pôle « animal » et un pôle « végétatif » différent morphologiquement par l'aspect des inclusions cytoplasmiques. Dès la première division de segmentation, l'une des cellules filles ou blastomères est constituée de l'hémisphère animal, l'autre de l'hémisphère végétatif. C'est du blastomère végétatif que va sortir la lignée germinale, dont la ségrégation est définitive et totale dès la quatrième division de segmentation, au stade 16 blastomères. Il existe donc dans l'œuf non segmenté un « déterminant germinal » qui, de division en division, ne se transmet jamais qu'à un seul des blastomères, et se retrouve finalement au stade 16 dans une seule cellule, qui sera la cellule mère de la lignée germinale (fig. 2).

Chez les Insectes, on peut détruire, dans l'œuf indivis de la drosophile (mouche du vinaigre), la région cytoplasmique polaire contenant le déterminant germinal. Cet œuf peut malgré tout se développer normalement. Il donne naissance à un insecte possédant tous les organes somatiques, mais entièrement stérile car dépourvu de cellules germinales. Chez l'Homme, les premières cellules de la lignée germinale sont décelables dans l'ectoderme embryonnaire dès le 15e jour de développement de l'embryon.

Quel que soit le lieu où, dans l'embryon, les cellules germinales se ségrègent des autres ébauches, elles doivent ensuite migrer vers l'endroit où elles subiront la transformation en gamètes, c'est-à-dire vers la gonade embryonnaire, qui s'organise chez l'embryon de mammifère au voisinage de la crête neurale. Dans de nombreux groupes zoologiques, la ségrégation tardive de la lignée germinale est la règle : les cellules reproductrices stricto sensu apparaissent très tard dans les gonades, à la fin de l'organogenèse ou à l'état adulte, au moment de la reproduction sexuée.

Chez la plupart des animaux doués également du pouvoir de reproduction sexuée et asexuée et du pouvoir de régénération (Spongiaires, Bryozoaires, Cœlentérés, Turbellariés), les gonocytes dérivent de cellules mésenchymateuses ou mésodermiques : amœbocytes du mésenchyme chez les éponges, néoblastes du parenchyme chez les planaires (Turbellariés), cellules du feuillet mésodermique chez les Bryozoaires, cellules interstitielles chez les Cœlentérés. Toutes ces cellules ont en commun le fait d'être restées (ou redevenues) embryonnaires, indifférenciées et pluripotentes. Ce sont elles en effet qui sont encore responsables de la régénération et de la reproduction asexuée. Les mêmes cellules sont capables en effet de donner naissance à un blastozoïde ou à un régénérat, c'est-à-dire à des formations du soma, et aux gamètes, autrement dit à la lignée germinale. Il n'y a donc pas ici de lignée germinale préétablie, préformée chez ces animaux.

Reproduction asexuée : types de multiplication

La reproduction asexuée ne se déclenche que lorsque l'animal atteint une certaine taille. Elle est la conséquence de la croissance. Il en est ainsi pour l'hydre, qui commence à produire des bourgeons quand la colonne gastrique, qui est en perpétuelle croissance, a une longueur suffisante.

Le bourgeonnement d'un tunicier, la claveline, est localisé aux stolons. L'allongement des stolons par suite de la croissance y rend la circulation sanguine de plus en plus difficile. Il se forme une dilatation variqueuse qui devient une chambre bourgeonnante. Celle-ci, d'abord isolée physiologiquement par le manque de circulation, se sépare ensuite mécaniquement du stolon et devient le siège de la morphogenèse qui sera à l'origine d'un nouvel individu.

Le ver Autolytus n'entre en scissiparité que lorsqu'il a au moins soixante segments. Si on raccourcit un tel ver en sectionnant des segments postérieurs, la schizogenèse s'arrête.

Ces exemples permett [...]

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Reproduction sexuée animale

Reproduction sexuée animale
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Hydra attenuata

Hydra attenuata
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Salmacina : schizogenèse

Salmacina : schizogenèse
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Escargot

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Pour citer l’article

Catherine ZILLER, « ANIMAUX MODES DE REPRODUCTION DES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/modes-de-reproduction-des-animaux/