MO YAN (1955- )

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Une œuvre aux racines profondes

La plupart des récits de Mo Yan se déroulent dans son pays natal de Gaomi au Shandong. Pour l'écrivain, il s'agit de créer un lieu imaginaire qui lui permette d'y ancrer le temps personnel. « Quand je me livre à l'écriture romanesque, écrit-il en 1989, c'est pour moi comme si, un chant triste aux lèvres, je cherchais partout mon pays perdu. » En 1984, Mo Yan lit Le Bruit et la fureur de William Faulkner. C'est pour lui un éblouissement. Il parlera de cette rencontre en mars 2000 lors d'une conférence à l'université de Californie à Berkeley. « C'est surtout son comté de Yoknapatawpha qui m'a ouvert les yeux [...] Il libérait en moi une écluse de la mémoire, la vie de mon enfance était réactivée, désormais elle était couchée intacte dans mes romans. »

Le temps personnel se fixe aussi dans une tradition ou dans une temporalité. Elle peut être liée, dans La Mélopée de l'ail paradisiaque (1987), à une insurrection paysanne (qui a réellement eu lieu dans son pays natal cette même année), ou à un épisode de l'histoire de la Chine (le tournant des xixe et xxe siècles) dans Le Supplice du santal (2001). Elle peut aussi s'inspirer de la fresque historique : de 1950 à nos jours dans La Dure Loi du karma (2006) ; de 1937 à nos jours, avec le mouvement du planning familial comme toile de fond, dans Grenouilles (2009).

Pour Mo Yan, un tel enracinement est le processus par lequel l'écrivain vit, dans la narration et par procuration, une autre existence que celle que lui offre la grisaille du quotidien. Une chose improbable dans la vie réelle peut se produire dans un roman. Elle devient alors, selon lui, hautement significative et donnera matière à réfléchir au lecteur.

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Pour citer l’article

Chantal CHEN-ANDRO, « MO YAN (1955- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mo-yan/