POLAIRES MILIEUX

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Climats

Causes générales du froid : déficit du bilan radiatif

Dans ces régions, l'air reçoit presque en permanence des diverses formes de rayonnement moins de chaleur qu'il n'en cède, et il tend donc à se refroidir : le bilan radiatif est fortement négatif. Les apports de radiation sont nuls pendant une longue période de l'année : la nuit dure six mois aux pôles, quatre mois à 800 de latitude, deux mois à 700. À 600, le jour le plus court ne dure que 5 h 30 min, et le Soleil monte très peu au-dessus de l'horizon. En été, par contre, les jours sont très longs, et une quantité considérable de rayonnement est reçue à la limite supérieure de l'atmosphère. Mais elle est beaucoup moins forte à la surface du globe, car le Soleil reste bas sur l'horizon, si bien que les rayons traversent une couche d'air très épaisse et s'étalent sur une grande surface. Aussi, dans le mois qui suit le solstice d'été, les régions polaires reçoivent-elles environ 500 watts par mètre carré à la limite de l'atmosphère, mais moins de 150 au sol. De plus, d'autres facteurs jouent, comme le fort pouvoir réfléchissant de la glace et de la neige, qui renvoie jusqu'à 80 p. 100 de la radiation solaire, dont une part importante reste ainsi inutilisée. Il en résulte le maintien de calottes glaciaires, même en période d'activité solaire assez forte, et un retard important du réchauffement et de la fonte au printemps.

La circulation atmosphérique apporte certes des masses d'air plus chaudes, dont l'arrivée empêche le refroidissement de dépasser certaines limites, et crée des types de temps assez nettement différenciés, car l'apport d'air plus chaud n'est pas régulier. Mais le déficit de radiation reste le facteur fondamental.

Les calottes polaires et leurs marges

La glace continentale ou marine couvre d'immenses étendues dans les régions polaires des deux hémisphères. Les glaces permanentes continentales s'étendent au Groenland sur environ 1,8 million de kilomètres carrés, et dans les terres antarctiques sur 14 millions, les banquises permanentes des océans Arctique et Austral occupent une superficie d'environ 10 millions de kilomètres carrés : au total, environ 26 millions de kilomètres carrés de surface toujours glacée. De plus, en hiver, il peut s'y ajouter quelques millions de kilomètres carrés de glace de mer dans le bassin arctique – en nette diminution avec le réchauffement climatique –, et jusqu'à 15 millions autour de l'Antarctique.

Les rythmes saisonniers

Le domaine des glaces permanentes polaires s'étend sur trois types de régions. Dans l'Antarctique, la latitude et les altitudes sont également hautes et se combinent pour donner des extrêmes de froid ; les banquises arctiques sont moins froides à cause des altitudes faibles et de la présence de la mer qui fait sentir ses effets « réchauffants » à travers la glace ; le Groenland, à des latitudes plus basses, doit en grande partie ses glaciers à sa forte altitude.

Tout ce domaine a des hivers très froids et très longs. Au pôle Sud, les températures sont en général inférieures à — 58 0C d'avril à septembre, et on y a relevé jusqu'à — 83 0C. Le record du froid semble appartenir à la station soviétique de Vostok, où l'on a observé — 89,3 0C. La station d'Eismitte, à plus de 3 000 mètres d'altitude au centre du Groenland, a une moyenne de janvier de — 47 0C, et le minimum absolu y a été de — 64 0C.

L'été est court et reste très froid : au pôle Sud, les températures varient entre — 34 et — 12 0C en janvier, et Eismitte connaît une moyenne de — 11 0C en juillet.

Ces régions reçoivent dans l'ensemble des précipitations très faibles, surtout en hiver, où une neige sèche et légère, facilement soulevée par le vent, est la forme principale de précipitation. Sa valeur en eau est faible ; dans l'intérieur de l'Antarctique, elle semble se monter seulement à une centaine de millimètres, ce qui est très peu. D'une manière générale, l'été est mieux pourvu, surtout sur les marges où des neiges mouillées apportent davantage d'eau. On a observé de la pluie jusqu'à 2 000 mètres d'altitude au Groenland.

La banquise permanente de l'océan Arctique est un peu moins froide. L'hiver, on enregistre des minima autour de — 45 à — 50 0C, et l'été, la température de l'air se situe autour de 0 [...]

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Écrit par :

  • : professeur des Universités, professeur émérite à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne
  • : professeur à l'université de Paris-VII-Denis-Diderot
  • : directeur de recherche au CNRS, membre de l'Institut

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Pour citer l’article

Roger COQUE, François DURAND-DASTÈS, Yvon LE MAHO, « POLAIRES MILIEUX », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/milieux-polaires/