SALTYKOV-CHTCHÉDRINE MIKHAÏL EVGRAFOVIČ (1826-1889)

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Carrière administrative et débuts littéraires

De retour à Pétersbourg en 1856, Saltykov se marie, reprend un emploi au ministère de l'Intérieur et publie en 1856-1857 ses Esquisses provinciales (Gubernskie očerki). Ni le fictif Chtchédrine, auteur supposé des Esquisses, ni la ville imaginaire de Kroutogorsk, ni l'action prétendument située dans le passé, ni les artifices de la langue « ésopique » n'empêchèrent le public d'assurer un succès triomphal à ces récits fortement marqués de slavophilisme, tendant plutôt à idéaliser le peuple russe qu'à dénoncer en profondeur les abus dont il était victime, mais qui inaugurent néanmoins la littérature d'« accusation ».

Alexandre II, en cette période de réformes, donna à Saltykov une marque de faveur en le nommant vice-gouverneur de Riazan, puis de Tver, son pays natal, où il put observer quelles difficultés entraînait pour les autorités l'affranchissement des paysans : au début de 1862, il démissionne et revient à la littérature. Infléchissant ses récits vers la satire, il substitue à Kroutogorsk le nom de Gloupov (Sotteville) dans la Calomnie (Kleveta), qui amorce le cycle de Gloupov, dont l'Histoire d'une ville (Istorija odnogo goroda) sera le point culminant.

Saltykov se joignit à l'équipe de N. Nékrassov qui fit renaître la grande revue Le Contemporain à partir de février 1863. Il y donna de nombreux comptes rendus et polémiqua longuement avec Dostoïevski, lui-même rédacteur du Temps puis de l'Époque. Mais dès 1865, Saltykov abandonne une revue en pleine décadence et reprend du service à Penza, à Toula puis à Riazan en qualité de président de la Chambre des finances. Chacun de ces emplois fut pour lui l'occasion de violents conflits avec les gouverneurs et les diverses autorités ; son regard devint de plus en plus critique vis-à-vis des principes moraux et politiques dont se pare la société, et qu'il appelle les « fantômes contemporains ». Les Lettres sur la province (Pis'ma o provincii), publiées à partir du printemps 1868 dans les Annales de la Patrie, fournirent au gouvernement de plus en plus réactionnaire d'Alexandre II un excellent prétexte pour mettre fin à la carrière administrative de l'auteur.

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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RUSSIE (Arts et culture) - Le théâtre

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Michel CADOT, « SALTYKOV-CHTCHÉDRINE MIKHAÏL EVGRAFOVIČ - (1826-1889) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mikhail-evgrafovic-saltykov-chtchedrine/