BOULGAKOV MIKHAÏL AFANASSIÉVITCH (1891-1940)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une œuvre surveillée, censurée, ensevelie

Né à Kiev, Boulgakov y mène jusqu'en 1916 une vie non exempte de chagrins (la mort de son père en 1907) et de soucis (des amours contrariées, un premier mariage alors qu'il est encore étudiant), mais rétrospectivement idéalisée. Le cadre familial, provincial et cultivé, de cette vie lui convient, ainsi que le régime tsariste dont s'accommode fort bien l'intelligentsia enseignante et médicale, d'origine cléricale, à laquelle il appartient. Éduqué dans la religion orthodoxe par un père croyant et historien des religions, il se convertit pendant ses études de médecine au darwinisme et à la « religion » du progrès. Ni la Première Guerre mondiale, lorsqu'il est mobilisé en 1916 comme médecin hospitalier à l'arrière, ni, bien qu'il en soit très affecté, l'abdication du tsar et le coup d'État bolchevique de 1917, ne le dissuadent de s'installer comme vénérologue à Kiev en 1918. C'est la guerre civile qui finit par le chasser de sa ville ; jusqu'en 1920, il assiste, à Kiev, à dix-sept changements de pouvoir entre nationalistes ukrainiens, occupants étrangers, forces blanches et forces rouges, tous rivalisant d'exactions sanglantes. Ces trois années auront fait pour lui du monde antérieur un amas de ruines, et mis fin sans retour à l'existence qui avait été la sienne.

Boulgakov atteint du typhus en émerge en mars 1920, dans un Vladicaucase désormais bolchevique où il était arrivé cinq mois plus tôt, mobilisé comme médecin par l'armée désormais battue de Denikine. Pour occulter son passé de « blanc », il dissimule sa qualité de médecin, et c'est alors que s'impose à lui la vocation de l'écriture. Il survit de sa plume à Vladicaucase en confectionnant des pièces de propagande qu'il détruira et désavouera ultérieurement. Fortement tenté d'émigrer, il décide finalement de gagner Moscou en 1921. Là, il affronte d'abord la misère commune, spécialement dure pour un plumitif isolé. En 1922, il réussit à se faire un nom dans le journalisme satirique florissant sous la N.E.P. (Nouvelle Politique économique). Il s'y révèle excellent, dans des c [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  BOULGAKOV MIKHAÏL AFANASSIÉVITCH (1891-1940)  » est également traité dans :

LE MAÎTRE ET MARGUERITE (K. Lupa)

  • Écrit par 
  • Christophe TRIAU
  •  • 1 015 mots

« CRISIS » : le mot est gribouillé, parmi des dessins sauvagement enfantins, sur le mur de la chambre d'asile où l'écrivain Biezdomny est interné depuis qu'un vendredi de Pâques il a vu son collègue Berlioz décapité par un tramway, comme l'avait prédit un étrange professeur allemand, Woland, avec lequel tous deux venaient de discuter de l'existence de Jésus. Dans cette chambre, un autre aliéné r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-maitre-et-marguerite/#i_49490

LE MAÎTRE ET MARGUERITE, Mikhaïl Boulgakov - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Laure TROUBETZKOY
  •  • 1 414 mots

Le Maître et Marguerite est le dernier roman de Boulgakov (1891-1940), et son chef-d'œuvre. Écrit de 1928 à 1940, il ne vit le jour que plus d'un quart de siècle après la mort de son auteur. Sa parution en 1966-1967 dans la revue Moskva , à une époque où se trouvaient déçus les espoirs suscités par le dégel, constitua un événement. Ce roman fantastique t […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-maitre-et-marguerite-mikhail-boulgakov/#i_49490

PETROVIĆ ALEKSANDAR (1929-1994)

  • Écrit par 
  • Jean-Louis COMOLLI
  •  • 376 mots

Cinéaste yougoslave, Aleksandar Petrović est né à Paris. Il appartient à la génération qui se fixa comme objectif de permettre au cinéma de son pays d'échapper à la pure convention : le film de guerre et la glorification, la commémoration de la Résistance. Comme dans les autres démocraties populaires, cela impliquait trois axes : parler différemment (d'une façon moins héroïque, plus quotidienne) d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/aleksandar-petrovic/#i_49490

RUSSIE (Arts et culture) - La littérature

  • Écrit par 
  • Michel AUCOUTURIER, 
  • Marie-Christine AUTANT-MATHIEU, 
  • Hélène HENRY, 
  • Hélène MÉLAT, 
  • Georges NIVAT
  •  • 25 103 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « L'hémorragie de la première émigration »  : […] À la fin de la guerre civile, perdue par les armées blanches, ce sont les trois quarts de l'intelligentsia russe qui fuient. Mikhaïl Boulgakov en fera un tableau amer et sarcastique dans une pièce de 1929 : Beg ( Fuite ). Quant à ceux qui ne fuient pas, on va bientôt les chasser du pays. En août 1922 eut lieu, sur ordre de Lénine, la fameuse expulsion d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/russie-arts-et-culture-la-litterature/#i_49490

Voir aussi

Pour citer l’article

Françoise FLAMANT, « BOULGAKOV MIKHAÏL AFANASSIÉVITCH - (1891-1940) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mikhail-afanassievitch-boulgakov/