LEIGH MIKE (1943- )

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Des personnages plus vrais que nature

Né le 20 février 1943 à Salford (Lancashire), Mike Leigh entre en 1960 à la Royal Academy of Dramatic Art, mais la quitte deux ans plus tard, la trouvant trop académique, pour étudier le dessin, puis s’initier au cinéma à la London International Film School. Tout en étant très marqué par Renoir et par la nouvelle vague française, il participe au travail de troupes de théâtre expérimentales et à celui de la Royal Shakespeare Company. Il écrit et monte sa première pièce, The Box Play, en 1965. La dixième, Bleak Moments (1971, léopard d’or au festival de Locarno) sera adaptée au cinéma. La méthode de Mike Leigh est née de ces années de théâtre. Elle repose sur un travail d’improvisation qui ne se déroule pas devant la caméra, mais au cours des semaines de répétition qui précèdent le tournage. Il part d’un canevas très mince pour élaborer progressivement characters et scénario avec la participation des acteurs. Bleak Moments décrit la vie quotidienne d’une jeune secrétaire qui veille, dans son pavillon de banlieue, sur sa sœur mentalement retardée et ne parvient pas à communiquer avec un jeune instituteur mal dans sa peau et une collègue de bureau qui fuit les imprécations de sa vieille mère. Une caméra discrète enregistre ces silences gênés, ces conversations de diversion, ces gestes manqués, autant de « moments tristes, sombres » composés de pure durée. Mais Mike Leigh ne cherche pas à apitoyer. Ici, le malaise et la maladresse pathétique des personnages engendrent humour et distance.

De 1972 à 1985, tout en continuant à écrire et à monter des pièces de théâtre, Mike Leigh tourne pour la BBC et Channel Four une quinzaine de téléfilms, qui lui permettent d’approfondir sa vision d’un univers presque minimaliste (décor, récit, dramatisation) et sa description de l’Angleterre au quotidien (« small time England »).

Il revient au cinéma en 1988 avec High Hopes, nourri du même climat dépressif que dans Bleak Moments. Mais, aiguisé par quelques années de thatchérisme, l’humour se fait plus grinçant. La famille est de nouveau au cœur du fi [...]


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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « LEIGH MIKE (1943- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mike-leigh/