Mignonne, allons voir si la rose..., COSTELEY (Guillaume)

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Auteur

Vers l'âge de 30 ans, Costeley devient organiste et valet de chambre du roi Charles IX, charges qu'il continue d'occuper auprès d'Henri III puis d'Henri IV, dont il semble être le conseiller au moins jusqu'en 1599. Il fréquente le cercle des poètes humanistes - Jean Antoine de Baïf , Rémy Belleau, Thibault de Courville... -, fondateur, en 1570, d'une académie de poésie et de musique dont l'influence sera importante sur le cours de la musique française. De son œuvre instrumentale ne demeure qu'une seule fantaisie, pour orgue ou épinette. Ses motets et chansons figurent dans plusieurs recueils.

Genre - Chanson

Ce terme recouvre des chants polyphoniques français composés du XIVe au XVIe siècle, genre dans lequel s'illustrent Guillaume de Machaut, Guillaume Dufay, Binchois, Claude de Sermisy, Clément Janequin... Pour les hommes de la Renaissance, la musique est plus qu'un plaisir esthétique : elle possède un pouvoir et doit «ravir l'âme» dans une sorte d'extase. À cette fin, la chanson polyphonique française se forge de nouveaux outils sous l'influence du madrigal italien, dont elle adopte en particulier la traduction expressive du texte.

Forme - Chanson polyphonique

Avec Clément Janequin et Roland de Lassus, Guillaume Costeley porte à sa perfection la chanson polyphonique. Il annonce, au travers d'une vingtaine de chansons strophiques, l'air de cour, qui s'épanouira à la fin du XVIe siècle. Dans les chansons polyphoniques de Costeley, la musique adhère avec élégance et subtilité au sens du texte et à sa progression dramatique.

Langage

L'œuvre vocale de Costeley manifeste la virtuosité et la tessiture étendue des chanteurs du roi, pour lesquels elle est écrite. La superposition «verticale» des sons et le déroulement mélodique «horizontal» (qui constituent les deux composantes de la musique polyphonique), mais aussi le caractère tour à tour homophone - c'est-à-dire à une seule voix mélodique - et polyphonique marquent les premiers pas de la musique vers la conscience du sentiment harmonique.

Texte

Mignonne allons voir si la rose est composée sur le poème de Pierre de Ronsard.

Mignonne, allons voir si la rose,Qui ce matin avait descloseSa robe de pourpre au Soleil,A point perdu cette vespréeLes plis de sa robe pourprée,Et son teint au vostre pareil.

—  Alain FÉRON

Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

Voir aussi

Pour citer l’article

Alain FÉRON, « Mignonne, allons voir si la rose..., COSTELEY (Guillaume) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mignonne-allons-voir-si-la-rose-costeley-guillaume/