MICROPALÉONTOLOGIE

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Méthodes de préparation et détermination des organismes

Les méthodes de préparation diffèrent selon la nature des roches (meubles ou consolidées carbonatées ou siliceuses...) et selon la composition (organique, phosphatée, carbonatée, siliceuse...) des microfossiles à extraire.

Méthodes adaptées à la nature des roches

Les roches meubles (argiles, marnes, sables) sont facilement lavables. On effectue ces lavages avec un courant d'eau sur des tamis emboîtés et calibrés (les plus employés ont des mailles dont la taille varie de 0,45 à 0,10 mm, et jusqu'à 0,05 mm pour les éléments très fins). Les résidus récupérés, séchés à l'étuve, sont ensuite étudiés à la loupe binoculaire (microscope stéréoscopique). Dans ces résidus de lavages, on trouve des foraminifères – parfois associés à des sclérites d'holothuries, spicules d'éponges –, ou d'autres protozoaires, accompagnés de fragments de polypiers, bryozoaires, échinodermes, brachiopodes, mollusques, crustacés, poissons, etc.

Les microfossiles d'un lavage sont parfois difficiles à identifier, par suite de la mauvaise conservation des caractères externes ou à cause de la complexité de leur structure. Pour remédier à ces inconvénients, il est possible de mettre en valeur les caractères du test, c'est-à-dire la texture de la paroi ou sa structure interne, par des techniques particulières : immersion du test dans un liquide (eau, alcool, xylol, essence d'anis) ou en procédant à sa coloration par différents composants (bleu de méthylène, nitrate d'argent, etc.). Enfin, l'étude systématique de certains microfossiles exige d'avoir des sections orientées pour la connaissance de la structure interne.

Pour les roches consolidées, deux approches sont possibles : soit on laisse les microfossiles dans la roche, soit on cherche à les extraire. Dans le premier cas, on peut les observer après polissage de la roche, mais, généralement, il est préférable de réaliser des plaques minces de quelques centièmes de millimètre, épaisseur à laquelle toutes les roches sont transparentes. Ainsi, les microfossiles montrent leur forme et il est possible d'étudier leur nature minéralogique, ainsi que celle du ciment de la roche.

L'extraction des fossiles, quant à elle, nécessite d'effectuer une désintégration mécanique ou une attaque chimique. La désagrégation mécanique, qui n'est efficace que sur les roches semi-consolidées, se fait par une répétition de chocs thermiques, ou par hydratation-déshydratation successives, ou par ultrasons, etc. De nombreuses variantes existent selon la degré de solidification et la nature du ciment.

Les roches calcaires sont dissoutes à l'acide acétique ou chlorhydrique. Si les microfossiles recherchés sont également en carbonate, donc susceptibles d'être dissous par l'acide, l'attaque acide doit alors être ménagée et se faire avec un acide parfaitement anhydre et à chaud. Si la roche est siliceuse, seul l'acide fluorhydrique est efficace. Là encore, si les microfossiles sont eux-mêmes siliceux, l'attaque doit être surveillée de près, le but du jeu étant de dissoudre la matrice sans dissoudre – ou le moins possible – les microfossiles. Une certaine expérience s'impose.

L'observation de microfossiles dégagés de leur gangue et celle des microfossiles au sein même de la roche (via les lames minces) sont deux méthodes qui présentent, chacune, des avantages et des inconvénients. Le lavage élimine la fraction fine du sédiment et permet de recueillir des résidus concentrés, organiques et minéralisés. Ces restes sont, outre des indicateurs potentiels d'âge, des marqueurs d'environnement par leur composition (isotopique notamment). Quand les microfossiles ont été dégagés, la texture sédimentaire de la roche a complètement disparu, alors qu'elle est observable en lames minces. Dans celles-ci, en revanche, on n'a pas affaire à des organismes entiers, mais seulement à des sections orientées au hasard par rapport à l'individu dans son ensemble. Les déterminations sont donc plus délicates et nécessitent une parfaite connaissance des organismes, notamment de leur structure. Elles sont même parfois impossibles : une sphère, un cône et un ellipsoïde apparaissent généralement comme des cercles ou des ellipses : c'est pour cette raison, par exemple, que les [...]

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Écrit par :

  • : professeur émérite, Muséum national d'histoire naturelle
  • : professeur à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie, directeur du laboratoire de micropaléontologie

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Pour citer l’article

Patrick DE WEVER, Madeleine NEUMANN, « MICROPALÉONTOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/micropaleontologie/